Contre le nouvel ordre moral2 min de lecture

Si le vingtième siècle fut celui de la libération des femmes, la mode est désormais à la libération de toutes les minorités possibles et imaginables. Les barrières morales héritées du vieux monde s’effondrent, et les idées les plus farfelues ont maintenant bonne presse. Aux dernières nouvelles, il existerait ainsi près de 70 genres. Grâce à la créativité sans limite du puissant lobby LGBT, l’imagination est enfin au pouvoir.

A cette épopée libératrice s’ajoute la promotion d’un nouveau mode de vie, sain et plus respectueux de l’environnement. Porté par la sainte trinité « véganisme – sans gluten – trottinette électrique », ce nouveau mode de consommation, « healthy» à souhait, est en passe de devenir le nec plus ultra de l’individu non genré. Et malheur à ceux qui s’y refusent ! Il est fini, le temps de l’homme blanc viandard, arpentant les rues au volant de son diesel, cigarette au bec. Et qui osera protester ?Comment résister à ce vent nouveau, quand il est motivé par de si bonnes intentions ? L’écologie, le bien-être, la tolérance, c’est imparable. Combattre un tel effort collectif, c’est sans aucun doute nier le sens de l’Histoire.

Derrière tous ces bons sentiments, il y a pourtant un mécanisme déjà bien huilé, et plus pernicieux qu’il n’y parait. A mesure que les barrières morales tombent, d’autres se dressent, plus intransigeantes, plus vindicatives. La libération des minorités s’érige en dogme, et s’immisce toujours plus dans la vie quotidienne. Le moindre propos éloigné des sentiers battus devient répréhensible, enrichissant encore un code pénal déjà lourd. Il y a quelque chose de totalitaire dans cette volonté d’imposer coûte que coûte la révolution des mœurs. Même tarif pour « l’homme blanc et son diesel », montré du doigt, décrié dans les plus hautes sphères. A ce petit jeu là, l’État n’est pas en reste, et distribue les mauvais points à tour de bras. Pas de pitié pour les fumeurs, les buveurs, les conducteurs, et tant pis si leur situation économique est déjà fragile : il ne fallait pas vivre dans le passé !

On pourrait continuer longtemps à détailler la liste chaque jour grandissante de ces nouveaux interdits. La dérive liberticide du dogme écolo-libertaire est indéniable, et décuplée par une puissance médiatique et politique considérable. On ne compte déjà plus les procès pour incitation à la haine, les carrières brisées, les mises au ban de la société, etc. Cette exclusion de la sphère publique ne nécessite d’ailleurs même plus une vérification judiciaire : le simple fait d’être accusé justifie à lui seul une mise à l’écart. Ainsi, Jean Lassalle s’était vu dans l’obligation d’annuler une conférence à SciencesPo Bordeaux, suite aux protestations émises par des associations étudiantes féministes. Il avait en effet été accusé de comportements déplacés. Le directeur de l’établissement, Yves Deloyer, avait répondu à ses élèves en évoquant « une véritable tâche morale et éthique qu’une absence de poursuites judiciaires ne saurait effacer ».

Bien souvent, au cours de l’Histoire, on a piétiné la Liberté en prétendant la protéger. « Pas de liberté pour les ennemis de la Liberté », disait déjà Saint-Just. Partisan de la Loi des Suspects, l’enragé jacobin sait assurément de quoi il parle. La situation actuelle est bien évidemment incomparable aux horreurs de 93. Mais il ne fait jamais bon vivre dans un pays où se multiplient les interdis, les tabous, et les accusations expéditives.

Article écrit par Étienne de Solages

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