Tribune : I was looking at the ceiling and I saw the sky, ils ne respectent plus rien3 min de lecture

Vendredi 20 février, une terrasse, un ami, une bière… le téléphone sonne… ma sœur. Des pleurs, des gémissements, c’est une voix profondément choquée qui me parle : « c’est horrible… c’est horrible… ils ne respectent PLUS RIEN ! » – « Reste à l’appart, j’arrive ».

Ce soir-là je rentre avec précipitation chez moi, ma sœur assise sur mon lit est avachie contre le mur, le souffle lourd, les yeux pleins de larmes, semblant porter le poids de la trahison sur ses épaules. Elle me raconte qu’une soirée à l’opéra obligatoire vient de tourner au cauchemar, son cœur d’enfant est marqué au fer rouge. 

La raison : I was looking at the ceiling and I saw the sky, du metteur en scène Eugen Jebeleanu, est produite à l’opéra de Lyon. Au programme, scènes de masturbation, de viol par un prêtre sur des femmes, criminel dépeint en victime de la police américaine parce que non-blanc, femmes enceinte se transperçant d’aiguilles pour tuer leur bébé, poupons jetés et entassés dans un chariote, Vierge Marie distribuant des préservatifs à l’assemblée, … et j’en passe. En bref, la maternité, la religion chrétienne, l’autorité, la blancheur de peau salies par cette immonde mise en scène.

Ce n’est pas sur le coup de la colère que j’écris ces mots, mais sous celui de la tristesse : tristesse de voir ma sœur moralement détruite, de voir ma civilisation salie, de voir la femme bafouée, de voir la religion réduite à de faux clichés ne laissant derrière eux que haine et déshonneur.

 Quel en est le but ? Pourquoi salir de si belles choses ? 

A l’heure où les démocraties renouvellent leurs vœux de profonde tolérance et d’humanisme universel, nous laissons sous nos yeux calomnier de façon abjecte ce qu’il y a de plus sain, de plus beau : la nature humaine, la Nation et ses défenseurs. C’est un patriote, qui a la France accrochée aux tripes et la défense des opprimés encrée au plus profond de sa volonté qui veut dénoncer ces aberrations qui continuent encore et encore de semer méfiance, haine et chaos dans notre monde moderne qui ne demandent qu’à s’unir. Dénoncer les méfaits des hommes (quelque-soit leurs origines sociales, religieuses ou ethniques) est une chose tout-à-fait louable ! Mais colporter des mensonges sur un fond de tableau aussi abjecte n’est en rien un combat digne d’un défenseur de la dignité humaine.

Ce soir des dizaines de questions s’entremêlent dans mon esprit. Quand finirons-nous par aimer le bien qui jaillit de nos sociétés ? Quand cesserons-nous de stigmatiser une religion parce que prétendument oppressive ? Quand respecterons-nous enfin la religion dans sa pudeur, le soldat dans son honneur, l’Europe dans sa grandeur, l’être humain dans sa dignité ?

Imaginons la même pièce dans laquelle nous remplaçons le prêtre par un imam ou un rabbin. La suite de l’affaire est logique, son dénouement se joue au tribunal.

Au moment où nous luttons contre l’islamophobie, où nous rappelons sans cesse ce que l’antisémitisme a pu produire comme horreurs, où nous parlons de délivrer les peuples de leurs oppresseurs, et où nous scandons le respect dû à l’être humain dans sa globalité, ne nous laissons pas embarquer dans des combats qui prétendent libérer les uns en opprimant les autres. 

L’art n’est pas une raison pour avilir l’esprit de nos enfants qui voient se dérouler sous leurs yeux, impuissants, un sombre film avortant dans leur âme, ce qu’il reste de la grandeur de notre espèce. Il n’est en aucun cas un argument pour colporter les mensonges issus des fantasmes de ceux qui, à défaut de chercher une solution aux problèmes du monde, s’entêtent à inventer des oppresseurs qu’ils jettent en place publique ; « Tuer par la pensée ce qu’on aime, c’est la seule manière de mourir » écrivait Simone Weil. Tuer par la culture ce que nous sommes est un suicide ! 

I was looking at the ceiling and I saw the sky n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Souvenons-nous du Piss-Christ, Blasphema-Thouars, MacJesus, et tant d’autres tombées dans l’oubli et l’indifférence.

 

La seule conséquence de ces œuvres : creuser les clivages qui contiennent les communautés dans leur peur de l’autre. L’honneur et le respect des hommes ne se trouvent pas dans cet art qui, au lieu de construire un monde plus juste, déconstruit les esprits pour un monde plus violent.

Avant de prétendre aimer les autres, il faut nous aimer nous-même. 

I was looking at the ceiling and I saw the sky et les autres productions de cet acabit ne généreront jamais rien de bon pour rendre le monde plus juste, elles ne causeront que haine et déshonneur. Nous respecter nous-même est la première et seule façon de construire un monde plus juste ! ce qui faisait dire à Dostoïevski :

« Il n’y a que par le respect de soi-même qu’on force le respect des autres »

 

T.S.D.

Article écrit par Paul Guerry

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