L'Étudiant Libre

Alors que des records de contaminations ont été battus, le gouvernement semble être pris d’une folle envie de restrictions et d’annonces. Comme frappés d’hystérie, les ministres enchaînent les déclarations reculant sur celles qui font le plus polémique. Retour sur deux semaines d’annonces et clarification de ce pêle-mêle difforme et bien souvent absurde.
Crédits : Pixabay
La première polémique fût celle de l’annonce du pass vaccinal. Ce dernier propose purement et simplement une obligation vaccinale. On ne peut pas dire qu’il existe encore un choix. Un choix est libre quand les issues ne sont pas imposées. D’après Aristote, ce sont des choix semi-contraints, c’est- à-dire qu’ils donnent l’apparence de la liberté par la pluralité des possibilités, mais en réalité les deux issues étant mauvaises pour la victime c’est une contrainte. Ce nouveau pass force donc les non-vaccinés à sortir du cadre légal, ou alors cela restreint leur activité aux activités vitales : à savoir se nourrir et travailler. C’est donc une interdiction de loisir totale qui sera soumise au vote des députés cette semaine. Ce projet recueille déjà beaucoup de soutien politique à commencer par Éric Ciotti. Ce dernier a décidé de revenir sur ses déclarations précédentes afin de s’aligner sur la ligne sa candidate.

Non content de cette idée, qui convient selon tous les sondages réalisés à la majorité des Français, le gouvernement a voulu restreindre et réguler chaque acte. Il a donc interdit la consommation de nourriture et de boissons dans les transports publics. Puis, aménageant la peine selon l’âge (passe-droit pour les moins de 6 ans et les plus de 70 ans, il est bien connu qu’entre ces bornes la faim et la soif sont supportables) ou le temps de trajet, ils maintiennent l’interdiction pour les bonbons qui se voient condamnés, comme responsables de la propagation de l’épidémie, par la voix de Jean Castex. Après un virus, nous voilà en guerre contre les sucreries.

Enfin, le masque, dont les études démontrent l’inutilité en extérieur, doit de nouveau être porté dans les rues. Par exemple, une étude du gouvernement danois montre qu’il ne sert à rien de se masquer dehors (1,8 % des individus contaminés le sont dehors s’ils portent le masque, contre 2,1 % sans masque). Cela nous laisse de légers soupçons de démagogie quant à ce florilège récent d’annonces sanitaires.

D’autres annonces ont beaucoup fait parler comme celles de Jean-Michel Blanquer. Elles tombent 12 heures avant la rentrée, rendant impossible toute mise en place ou adaptation dans les établissements. De plus, avec l’annonce faite d’un nombre de trois tests en quatre jours pour les cas contacts, les narines de nos enfants se transformeront en cheminée à force de ramonage sanitaire. Aussi le fait que les élèves non-vaccinés, autant porteurs que les vaccinés, doivent dans toutes les configurations se confiner automatiquement et deux jours de plus que les autres. Allons-nous réellement apprendre l’inégalité aux plus jeunes, dès le primaire ? Allons-nous culpabiliser ces pauvres bambins d’avoir voulu jouer ou chahuter ? Enfin, le fait que les parents se font police de leurs enfants en attestant de manière écrite que les tests aient bien été réalisées. Après les serveurs-contrôleurs, voilà les parents-policiers.

Le monde de la nuit n’échappe pas à cette nouvelle vague de mesures. Les boîtes de nuits restent fermées pendant l’une des périodes les plus importantes de l’année. L’impossibilité de consommer debout dans les bars les condamne au mieux à la fermeture temporaire, au pire au dépôt de bilan. Tout devient fou. Comme si debout ou assis, le virus choisissait ses victimes. On renforce l’autosurveillance et avec elle les névroses qui nous accompagnent depuis des mois.

Les appels à la responsabilité de chacun font écho, avec une certaine ironie, à l’irresponsabilité du gouvernement qui navigue à vue. Il se passe un raidissement ou une résignation des esprits qui se marquent par une culpabilité ou un militantisme dès que notre main porte un Dragibus à notre bouche. Quelle époque ridicule, où la plus grande menace réside dans le plaisir d’un bonbon et non dans la privation des loisirs et l’exclusion d’une partie des hommes pour un délit d’opinion.
Thomas Custer

Thomas Custer

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