L'Étudiant Libre

L’ACRIMED (Action Critique Médias) : faux éveilleurs mais vrais militants d’extrême-gauche

Crédits : Wikipédia

Vous le savez bien, le traitement médiatique de l’information est régulièrement sujet à critiques. Si aujourd’hui ces critiques viennent de tous les bords politiques, historiquement c’est la gauche qui les a initiées, et en particulier à l’occasion des mouvements de grève de 1995. De ces événements découleront la création de l’association de critique des médias Acrimed (Action Critique Médias).

Cet observatoire des médias a organisé ce samedi 13 février une « journée publique d’informations et débats » sur la place de « l’extrême droite » dans les médias, ce qui a eu pour mérite d’attirer ma curiosité, alors que je connais principalement Acrimed pour sa dénonciation de la concentration des médias, réunis dans les mains d’une une dizaine de millardaires venant de l’industrie. Direction RER A, métro 2, pour se diriger vers la salle Olympe de Gouges dans le 11ème arrondissement de Paris.

Me dirigeant vers les entrées de gauche, je vois une dizaine de stands, où est réuni le gratin des médias engagés à Gauche. L’éventail des médias est large sur la forme, puisque l’on retrouve les différents supports d’information. Ainsi, la presse papier est présente avec par exemple le magazine Politis ou le journal historique Le Monde Diplomatique. Les médias internet ont eux aussi répondu à l’appel : Basta Mag mais aussi le site internet Arrêt sur images, qui s’est illustré entre autre choses dans une émission où ils ont invité Arnaud Gauthier-Fawas. Si cela ne vous dit rien, ce n’est ni plus ni moins que l’homme à l’origine du fameux « je ne sait pas ce qui vous fait dire que je suis un homme, mais je ne suis pas un homme » avec un ton condescendant. Néanmoins, la rédaction présente était sympathique (la rédactrice en cheffe Emmanuelle Walter et un journaliste nommé Loris Guémart). On ne manquera pas de noter au rang des curiosités la présence de syndicats (Solidaires), de mouvements altermondialistes (Attac) ou d’extrême gauche dite « anti-fasciste » (La Horde).

Le point culminant de cette journée était les trois tables rondes organisées. J’ai assisté à celle autour du thème « 30 ans de banalisation médiatique de l’extrême droite ». Le public avait alors droit à l’intervention de trois invités : Ugo Palheta et Annie Collovald, deux sociologues, mais aussi l’inénarrable journaliste de Télérama Samuel Gonthier (un comble pour quelqu’un dont le magazine appartient à Xavier Niel). Ce qui était présenté comme un débat se révéla vite être une tribune libre et dénuée de toute contradiction, et dont le message est clair : pour grossir le trait, la droite et l’extrême droite sont surreprésentées dans l’espace médiatique. On ne peut alors s’empêcher de souligner le refus de la France Insoumise ou d’autres mouvements de gauche, plusieurs fois réitéré, d’intervenir sur des chaînes d’information comme CNews, trop droitières à leur goût. Je constate la contradiction de Ugo Palheta qui estime qu’il « ne faut pas continuellement scruter les invités de droite et d’extrême droite », tout en affirmant à la fin de son intervention qu’il « faut dénoncer l’extrême-droite et ceux qui en font le lead ».

En clair dans cette table ronde, on n’est pas qu’intolérant au gluten et au lactose, si vous voyez ce que je veux dire.

Valentin Vallery

Valentin Vallery

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