L'Étudiant Libre

Invasion de l’Ukraine : impacts sur trois candidats

L’invasion de l’Ukraine par la Russie enclenchée dans la nuit de jeudi, provoque un déchaînement de réactions au sein de la classe politique française, en particulier à l’encontre du candidat de Reconquête ! Sa faute : avoir assumé une certaine admiration pour le président russe et avoir douté de l’invasion de l’Ukraine. Une occasion pour les Républicains pour attaquer leur concurrent, et un moyen pour renforcer la posture du président.
c : Canva

« Le problème de l’Ukraine n’est pas une invasion russe, je n’y crois pas. » Cette déclaration d’Éric Zemmour dans l’émission Présidentielle 2022 fait le tour des réseaux sociaux depuis une semaine. Encore une bonne occasion pour les détracteurs du candidat de Reconquête ! de ridiculiser le personnage, qui n’a pas caché son admiration pour le président russe et son charisme : « Je rêverais d’un Poutine français » avait-il affirmé dans le quotidien l’Opinion en 2018. Une phrase relayée abondamment elle-aussi par les médias ces dernières heures, ainsi que ses détracteurs des Républicains. Sauf qu’en 2018, les opinions sur le président russe n’étaient pas les mêmes. Emmanuel Macron le recevait en grande pompe au château de Versailles un an avant, et François Fillon assumait parfaitement de travailler pour son gouvernement, et encourageait à davantage de collaboration avec lui.

Une aubaine pour les LR

La polémique autour d’Éric Zemmour est une aubaine pour Valérie Pécresse. Alors qu’elle est en peine dans les sondages depuis son meeting du Zénith, elle peut enfin en profiter pour attaquer son concurrent, qu’elle surnomme désormais – avec une légère facilité – Vladimir Zemmour, pour bien souligner « l’allégeance » du candidat de Reconquête ! au président russe. Sa porte-parole Valérie Debord a d’ailleurs enfoncé le clou sur BFMTV hier soir : « L’allégeance, ce n’est pas gaullien, ce n’est pas la France ! Les hommes et les femmes d’État le savent, mais pas Vladimir Zemmour. » La stratégie est bien claire : discréditer le candidat, l’associer au démon russe, le rendre de nouveau infréquentable. Diaboliser, toujours la même stratégie commode, qui évite de parler du fond et d’installer un vrai débat en matière de politique étrangère. Il est vrai que la polémique et les petites phrases, c’est tout de même plus vendeur. C’est pourtant contre cette pratique de la candidate des LR s’était inscrite au début de la campagne.

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… et pour le président

Emmanuel Macron ne pourra pas se reprocher de n’avoir rien fait pour apaiser les tensions entre la Russie et les Etats-Unis, qui ont mené à l’invasion en Ukraine. Déplacement à Moscou, proposition de médiation, il a tout essayé pour éviter la guerre. Mais rien n’y a fait, la guerre a tout de même lieu, et le président de la République et de l’Union européenne s’aligne en tous points sur la position américaine, contre la Russie de Poutine. Sanctions économiques et diplomatiques, rien ne doit l’épargner. La position diplomatique du président peut paraître contestable, mais ce qui l’est moins, c’est qu’elle renforce encore la stature du président Macron et paraît bien plaire à l’opinion publique, à en croire le dernier sondage Ifop-Fiducial pour Paris Match-LCI-Sud-Radio.  Emmanuel Macron est aujourd’hui à plus de 26% d’intentions de vote, contre 24% la semaine dernière, avant que la crise n’éclate, loin devant ses trois concurrents de droite. Mais attention, le président peut échouer dans la résolution de cette crise, ce qui peut ternir son image aux yeux de l’électorat, à 7 semaines du premier tour des présidentielles. Sa capacité à débuter des pourparlers de paix dans les prochains jours sera décisive en ce sens.

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Maximilien Nagy

Maximilien Nagy

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