Donald Trump, artisan non-reconnu de la paix dans le monde5 min de lecture

Les pronostics vont bon train avant l’attribution du très convoité Prix Nobel ce vendredi à Oslo. Point d’orgue de la saison Nobel, le prix de la paix, le seul à être décerné dans la capitale norvégienne, alimente son lot de spéculations. L’épidémie de la Covid-19 a propulsé l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en tête des favoris sur les sites de paris en ligne, juste devant Greta Thunberg, coqueluche des médias et égérie des militants écologistes. Apparaissant comme favorite, l’OMS a pourtant été très critiquée à cause de sa lenteur à réagir à l’épidémie et l’influence que la Chine y exerce. En septembre dernier, c’est le 45ème président des États-Unis Donald Trump qui a été proposé pour le Nobel 2021 par deux députés scandinaves.

En 2009, l’ancien président américain Barack Obama l’avait reçu sous prétexte d’avoir « renforcé la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples ». Mais quels accords de paix avait-il réussi à faire conclure ? Quels ont été les résultats de la résolution américaine sur le démantèlement des arsenaux nucléaires ? Avait-il décidé de retirer des troupes américaines des pays où ses prédécesseurs les avaient envoyées ? Pourtant, Obama a effectivement reçu le prix Nobel de la Paix, et même à son propre étonnement. Si vous prenez un inconnu au hasard dans la rue, il y a certainement mille fois plus de chances qu’il ait davantage contribué à la paix et à la stabilité du monde que Barack Obama, parce qu’il suffit souvent de ne rien faire pour faire mieux. Certes, Barack Obama a représenté à sa manière la diversité des cultures et des philosophies au sein d’une Amérique plus que jamais divisée. Pour la plupart des élites américaines, ses actions précédant son investiture l’avaient révélé comme un fervent défenseur des droits civiques. À Harvard, il avait même été reconnu comme étant un « accoucheur d’idées » apte à mobiliser la rue pour se battre pour les droits et le respect des communautés. Son cosmopolitisme résultant de ses origines métissées et de son exil en Indonésie légitimait aux yeux de beaucoup son intention de coordination internationale. Cette stratégie ostentatoire n’était pourtant qu’une simple promesse électorale qui lui a permis d’être élu président en rassemblant les minorités derrière lui. Ses belles promesses ont beaucoup tardé à être traduites dans la réalité et sa politique extérieure a semblé agir dans le continuum de la politique américaine de l’après 11 septembre 2001 dont il a hérité. L’échec de sa politique en Iran et en Syrie suite à l’expansion de l’Etat islamique l’atteste.

Selon les volontés définies par Alfred Nobel dans son testament, le Nobel de la Paix cherche à récompenser « la personnalité ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix ». Jusque dans les années 1970, le Nobel de la Paix permettait surtout de placer des dictatures en situation difficile aux yeux du monde entier en récompensant des dissidents et contribuant ainsi à lézarder leur système. Le Mur étant tombé, le Nobel de la Paix s’est progressivement mis à suivre le politiquement correct imposé par une petite poignée de puissants médias américains d’obédience progressiste comme le Washington Post ou le New York Times. L’honnêteté intellectuelle a alors cessé d’être la boussole du jury de l’académie Nobel.

Le président américain est donc nominé au prix Nobel de la Paix 2021, notamment pour l’accord conclu entre Israël et les Émirats arabes Unis. Pourtant, son action est loin de s’être arrêtée là. Depuis 2016, la politique extérieure de Donald Trump est une succession d’efforts visant à assurer des liens pacifiques entre les Etats. En mai 2018, la décision de Trump de déménager l’ambassade des États-Unis à Jérusalem avait choqué l’ensemble de l’establishment américain et certains prédisaient même l’apocalypse au Proche-Orient. Or, non seulement cela n’est pas arrivé, mais les progrès ont été réels et encore plus importants que pendant de très nombreuses années dans le passé. D’ailleurs, sa politique discrédite complètement celle qu’avait menée son prédécesseur Barack Obama. Le président Trump a également décidé de sortir de l’accord de dénucléarisation avec l’Iran signé par Obama pour la raison que le régime des mollahs ne le respectait pas. Il a ensuite tenté un rapprochement entre Israël et les autres pays musulmans de la région, ce qu’il a parfaitement réussi. Le 13 août 2020, il annonce qu’Israël et les Émirats Arabes Unis normaliseront pleinement leurs relations diplomatiques et commenceront une coopération dans un large éventail de domaines, notamment le tourisme, l’éducation, la santé, le commerce et la sécurité. Le 15 septembre, des accords qualifiés « d’historiques » étaient signés à la Maison Blanche et sous le parrainage de Donald Trump, entre d’un côté Israël et de l’autre les Émirats Arabes Unis et Bahreïn. S’il était inconcevable il y a peu pour un pays arabe de reconnaître Israël sans un règlement de la question palestinienne, le président américain a relevé ce défi et avec efficacité. Même si l’enjeu est essentiellement politique entre ces deux pétromonarchies et l’Etat hébreu, on pourrait voir l’émergence de nouvelles coopérations, essentiellement dans le domaine sécuritaire et les nouvelles technologies. Les pôles d’excellence israéliens dans le domaine de la cybersécurité, de l’intelligence artificielle et de la santé pourraient intéresser ces deux pays et en particulier les Émirats qui cherchent à s’imposer dans ces secteurs. Des investissements croisés pourraient également se développer et l’expertise israélienne dans le secteur des énergies renouvelables ou dans le domaine de l’eau et de l’irrigation pourraient également constituer un axe de coopération. Les pays du Golfe ont une très forte volonté de réduire leur dépendance alimentaire et de faire de la sécurité alimentaire un enjeu majeur. L’expérience israélienne peut leur être utile. C’est de cette manière concrète que cet accord historique a posé les bases solides d’une relation pacifique. Contrairement à ce que ses détracteurs ont dit de lui, il a souvent cherché à établir la paix et à maintenir de bonnes relations avec d’autres leaders, y compris des dictateurs. Au début de sa présidence, il lançait des tweets assassins contre le dictateur nord-coréen, faisant craindre un affrontement majeur. Ils ont néanmoins fini par se rencontrer et la Corée du Nord s’est depuis beaucoup moins « amusée » à lancer des missiles au-dessus Japon, comme elle l’avait fait sous Obama. Trump a probablement compris que cette dictature communiste, qui survit grâce à la Chine, ne respectera jamais – comme toutes les dictatures communistes – ses engagements et cherchera toujours à faire pression sur la Corée du Sud et les Occidentaux pour obtenir des aides.

Les succès ou les contributions de Trump en politique étrangère sont en général sous-estimés, voire ignorés, par bon nombre d’Européens, mais les faits sont là. Trump a largement contribué à la fin du califat de Daesh en mars 2019, a éliminé quelques figures du terrorisme international comme Abou Bakr al-Baghdadi et le général iranien Qassem Soleimani, instigateur de nombreuses actions d’envergure. La paix est de retour en Irak et en Afghanistan, des négociations ont eu lieu avec les talibans même si elles n’ont pas porté leurs fruits.

Par ailleurs, de tous les chefs d’État, c’est Trump qui a montré le plus de courage pour condamner la dictature chinoise et sa responsabilité dans la propagation du Covid-19. Il fallait également un certain courage politique pour dénoncer l’inféodation de l’OMS au régime de Pékin, ce qu’il a fait en se retirant de cette organisation. Conjointement avec l’Australie, il a renforcé une présence militaire en mer de Chine pour contrer l’expansionnisme chinois de plus en plus agressif, et même si à l’égard de la Russie sa politique est plus ambiguë, il a toujours tendu la main à Vladimir Poutine tout en affermissant en parallèle les forces de l’OTAN à l’est et au nord de l’Europe

Au-delà de son excellent bilan économique et industriel et des multiples promesses de campagne qu’il a tenues, le président américain Donald Trump fut un négociateur hors-pair. Il existe peu de journalistes et d’hommes politiques en France et en Europe qui auraient l’honnêteté de le reconnaître, mais au-delà de la forme parfois maladroite, les actions et les faits sont bien là. Beaucoup présageaient une Troisième Guerre Mondiale après son élection, mais le fait est que le monde est plus sûr et plus stable qu’il y a quatre ans.

 

Article écrit par Germain Kuen

Étudiant à l'Université Paris Dauphine. Auditeur à l'Institut de Formation Politique.
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