Allemagne : l’efficacité avant la com, Merkel face aux parlementaires4 min de lecture

Allemagne :L’efficacité avant la com, Merkel face aux parlementaires 
Ce jeudi 23 avril la chancelière allemande Angela Merkel s’est adressée aux parlementaires du Bundestag (parlement fédéral allemand). Un discours dans lequel la dirigeante allemande, à la tête de l’Allemagne depuis 2005 se montre à la hauteur des défis pour un État qui  a entamé son déconfinement ce lundi et dans lequel elle révèle sa sensibilité. Quand Merkel parle des maisons de retraite, sa voix se brise.
La Chancelière a souligné qu’elle était consciente de la charge que les mesures prises représentaient pour la société allemande, afin de relancer rapidement l’économie, dans un État reposant majoritairement sur le secteur tertiaire, mis à mal par le covid-19. « Il n’y a guère d’autre décision qui ait été aussi difficile pour moi pendant mon mandat de Chancelier que la restriction des libertés individuelles » a-t-elle déclaré dans un discours franc et honnête d’une petite demi-heure, tranchant avec les errements communicatifs du Gouvernement français.
Dans sa déclaration gouvernementale, la chancelière Angela Merkel a décrit la crise du Coronavirus comme « le plus grand test depuis les premiers jours de la République fédérale. » Son discours prend un tournant émotif lorsqu’elle évoque les près de 5000 morts allemands et les anciens.
Il s’agissait de la première déclaration du Gouvernement d’Angela Merkel sur la crise du Coronavirus, là où en France les déclarations contre-productives se sont multipliées ces dernières semaines. Elle y a évoqué la pandémie, les restrictions de la vie publique et le fardeau que cela représente pour la société allemande et l’Europe. « Nous vivons une époque extraordinaire », a-t- elle martelé. La pandémie est « une épreuve de force telle qu’on n’en a pas vu depuis la Seconde Guerre mondiale, depuis la fondation de la République fédérale d’Allemagne. » Elle a ajouté qu’il ne s’agissait de rien de moins que de la santé des gens et de la cohésion de la société en Europe.
Angela Merkel a décrit la pandémie comme « une imposition démocratique. » Les mesures décidées pour lutter contre le virus n’avaient « aucun modèle historique » à suivre, a-t-elle déclaré. Elle a déclaré qu’elle était consciente de la lourdeur des réglementations pour la société allemande, mais qu’elles sont nécessaires pour endiguer l’épidémie. « Une telle situation n’est supportable que si les raisons des restrictions sont acceptables et transparentes. Les critiques de ces mesures devaient être autorisées et entendues. » a souligné Angela Merkel.
La Chancelière est devenue plus émotive lorsqu’elle a parlé d’une voix fragile de la situation dans les maisons de retraite, les foyers pour personnes âgées et les foyers pour personnes handicapées. Elle était particulièrement préoccupée par ce que les allemands devaient endurer dans des endroits où la solitude pouvait de toute façon devenir un problème et où elle était encore plus solitaire sans visiteur.
« C’est cruel quand personne ne peut être là, sauf le personnel infirmier qui fait de son mieux, quand les forces s’amenuisent et qu’une vie touche à sa fin », a déclaré Angela Merkel. « N’oublions jamais ces personnes et l’isolement temporaire dans lequel elles doivent vivre. Ces octogénaires, ces quatre-vingt-dix ans ont construit notre pays. La prospérité dans laquelle nous vivons est ce qu’ils ont créés. Ils sont l’Allemagne, tout comme nous, leurs enfants et petits-enfants. Et nous menons la bataille contre le virus pour eux. »
Angela Merkel a clairement indiqué que la situation exceptionnelle allait se prolonger pendant longtemps. « Nous ne vivons pas la phase finale de la pandémie, mais nous en sommes encore au début », a déclaré Angela Merkel. « Nous devrons vivre avec ce virus pendant encore longtemps. » La question de savoir comment éviter la surcharge du système de soins de santé restera « une question centrale » pendant longtemps encore.
Angela Merkel a déclaré qu’elle soutenait sans réserve les décisions du gouvernement fédéral et des États fédérés concernant le premier assouplissement des conditions. Elle a toutefois souligné en même temps : « Leur mise en œuvre jusqu’à présent me préoccupe. » La procédure semble parfois « très rapide, pour ne pas dire trop rapide. » Elle a lancé un appel : « Ne mettons pas en jeu ce que nous avons réalisé et risquons un revers » et rappelé qu’il fallait agir « avec prudence et
précaution. »
Dans sa déclaration Angela Merkel a également remercié les médecins, les ambulanciers et le personnel infirmier. Elle a également souligné l’importance de la coopération en Europe et au sein des Nations unies. Dans le contexte de la décision américaine de réduire le financement de l’OMS, Angela Merkel a déclaré : « L’OMS est un partenaire indispensable et nous la soutenons dans son mandat. »
Le 22 mars, le chancelier et les premiers ministres des Länder ont décidé d’interdire largement les contacts entre les citoyens et de prendre d’autres mesures telles que la fermeture de nombreux magasins. L’objectif était d’endiguer la propagation du nouveau coronavirus en mettant fin à la vie publique et privée. Après les premiers succès, les restrictions ont été légèrement assouplies cette semaine. Toutefois, Mme Merkel a mis en garde à plusieurs reprises ces derniers jours contre les comportements imprudents et a appelé à davantage de discipline.
Lors de la dernière session du Bundestag, fin mars, Merkel avait été mise en quarantaine parce qu’elle avait été en contact avec un médecin qui avait ensuite été testé positif pour le virus. Elle était alors représentée par le vice-chancelier Olaf Scholz (SPD).
Suite à cette prise de parole très attendue outre-Rhin, les commentaires politiques n’ont pas été polémiques si ce n’est que le FDP (libéraux) regrettent qu’il n’y ait pas « un soutien plus large à l’économie » et l’AFD (droite nationale) de réclamer « davantage de contrôles aux frontières » et un « plan plus ambitieux de soutien aux plus modestes et petits patrons », une proposition partagée par Die Linke (gauche radicale).
Moins d’effets d’annonce et plus d’actes concrets, voici ce qui conduit l’Allemagne à faire front face au virus, unie et efficace. Puissent les gouvernants français sur cet aspect au moins s’inspirer de l’exemple allemand.

Article écrit par Auteur Ponctuel

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