Souvenons-nous : Décembre 1914, un Noël dans les tranchées2 min de lecture

Un « élan de fraternité entre des hommes qui avaient horreur de la guerre et que l’on obligeait à s’entretuer. » voilà ce que furent les fraternisations de Noël 1914 pour l’écrivain Louis Barthas. Celui qui avait connu l’horreur du Chemin des Dames et l’enfer de Verdun s’était souvenu, après-guerre, de ce mois si particulier de décembre quatorze où des soldats de tous camps, firent taire les armes pendant quelques heures pour célébrer la naissance du Christ.

Comment croire à l’époque, que des soldats Français, qui ont grandi avec le souvenir de la défaite de 1870 et la haine de l’Allemagne puissent fraterniser avec les “Boches” comme on les appelle alors. Et pourtant, le douze décembre 1914, sur le front de l’ouest, des soldats allemands s’avancent vers les tranchées françaises. Ils ne sont pas armés et arborent un drapeau blanc, face à eux, les poilus ne tirent pas. Ils vont venir se serrer la main, s’échanger des cigarettes, visiter les tranchées des uns et des autres, tout cela alors que les canons tonnent à quelques kilomètres de là.
Cette première fraternisation ne sera pas la seule. Le 24 décembre, aux alentours d’Ypres en Belgique, les soldats Français et Britanniques réveillonnent. En face, les Allemands placent des petits sapins de Noël devant leurs tranchées, ils viennent tout juste de les recevoir. Puis, ils se mettent à chanter et quittent leurs positions pour rejoindre les lignes Britanniques, des sapins à la main. Au milieu d’un No man’s land dévasté où gisent encore les corps des hommes tués dans les assauts de la veille, les Britanniques rejoignent les soldats du Kaiser. Les hommes des deux camps s’échangent des cadeaux, partagent leur ration et fument. Au loin, les poilus, réticents à l’idée de rejoindre leurs camarades d’infortune finissent par sortir de leurs tranchées et se mêlent aux soldats Britanniques et Allemands.
Le lendemain, dans le Nord, la Somme, l’Aisne ou encore en Argonne, de nombreux soldats fraternisent de nouveau. Britanniques et Allemands jouent ensemble au football, s’échangent leurs adresses pour se revoir après la guerre. On célèbre des messes communes et surtout, on enterre les morts. Les autorités militaires Françaises qui ont eu vent de ces événements répriment violemment les rapprochements avec l’ennemi. L’artillerie s’abat alors sur ceux qui ont eu le malheur de fraterniser au milieu du champ de bataille. Pour se protéger des orages d’acier, des soldats Français invitent des Allemands dans leurs tranchées.

Bien que la presse Britannique révèle dès décembre 1914 les fraternisations qui ont lieu sur le front, en France et en Allemagne, la censure empêche toute connaissance de ces événements qui tombent alors dans l’oubli.
En 2005, le chef d’œuvre de Christian Caron, Joyeux Noël fait découvrir à de nombreux européens l’existence des fraternisations de décembre 1914, s’en suit alors l’inauguration de nombreux monuments commémoratifs notamment au Royaume-Uni et dans le nord de la France.
Plus d’un siècle après ces événements, souvenons-tous de ces millions de soldats qui passèrent Noël dans les tranchées. Souvenons-nous des quelques milliers d’hommes qui, pendant quelques heures, oublièrent la guerre pour communier et fêter Noël ensemble.

Clément Vanheuverswyn

 

Article écrit par Auteur Ponctuel

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