Prince Philip: Il n’y a pas de plus grand amour que de dévouer sa vie à celle qu’on aime4 min de lecture

C’est au château de Windsor que le prince Philip d’Edimbourg s’est éteint ce 9 avril à l’âge de 99 ans. Personnalité alliant conservatisme, tradition, modernité et impertinence, son décès ne fait qu’un peu plus refermer les pages d’une époque lointaine qu’on aime tant.

C’est sur une table de cuisine que le prince Philip voit le jour le 10 juin 1921 à Corfou. Fils du prince André de Grèce et de la princesse Alice de Battenberg, le petit garçon aux cheveux blonds vit une enfance difficile. La guerre gréco-turque contraint ses parents à l’exil. Après des passages furtifs dans différentes cours européennes, la famille royale s’installe en France. Philip suit d’ailleurs une partie de sa scolarité à Saint-Cloud. Pour rappel, sa mère la somptueuse Alice de Battenberg était atteinte de schizophrénie. Nos lecteurs ayant vu la série The Crown se souviennent certainement du mysticisme de la princesse, qui se fit religieuse après le décès de son époux, et de son dévouement pour les malades. Ainsi le prince Philip, cinquième de la fratrie, est séparé très tôt de ses parents : son père occupant un appartement à Monte-Carlo en 1931 et sa mère étant internée dans un asile.

                     

Après un passage dans une école parisienne, le jeune prince déchu étudie en Angleterre et côtoie son oncle George Mountbatten. En 1938, il franchit les portes de la Royal Navy. Philip reçoit au début des années 1940 la croix de guerre française et la croix de guerre grecque de la Vaillance. Brillant militaire, il rafle les promotions et est nommé à seulement 21 ans lieutenant du destroyer HMS Wallace .

La rencontre d’une vie : il a 17 ans, elle en a 13

  Lors d’une visite officielle de la famille royale au Britannia Royal Naval College, le regard de la princesse Elizabeth croise celui de l’officier de marine. Elle a 13 ans, il en a 17. Les deux sont drôles, rieurs et joyeux. Deux personnalités quasi-identiques. Si la petite Lilibeth, consciente de la responsabilité qui pèse sur ses épaules, affiche une posture plus  rigide et protocolaire, le prince Philip, le désargenté, séduit par son esprit libre et par sa rigueur teintée d’un brin d’anticonformisme. Les deux descendants de la reine Victoria se revoient lors des permissions du lieutenant. En 1947 ils se fiancent et Philip, en plus de passer de l’orthodoxie à l’anglicanisme, change de nom: De Mountbatten il devient un Édimbourg.

 

Le mariage est célébré le 20 novembre 1947 à l’abbaye de Westminster. Philip est déclaré Altesse royale. Devenue femme d’officier, Elizabeth suit son mari muté à Malte. Elle dira que ces trois années à l’étranger furent les plus belles de sa vie. Quatre enfants naissent de ce mariage: Charles (1948), Anne (1950), Andrew (1960) et Edward (1964).

 

                                      

 

  Philip, de la lumière à l’ombre 

En épousant la princesse héritière, Philip savait qu’il endosserait un jour la fonction incommodante de prince consort. Cependant, il ne pensa pas que cette responsabilité demandant des sacrifices et une grande humilité arriverait aussi rapidement. C’est au Kenya, le 6 février 1952, qu’Elizabeth apprend le décès de son père le roi Georges VI. Le couronnement d’Elizabeth a lieu le 2 juin 1953. Une page se tourne pour Philip: il renonce à sa carrière militaire pour devenir le conseiller personnel de la reine.

Philip, à l’aube d’une carrière militaire prestigieuse, suit le protocole. Le jeune homme accepte, mais non sans difficulté et énervement les premiers mois du règne, de marcher derrière son épouse.  S’il a quitté le navire de la Navy, il tient tout de même  les rennes – dans une certaine mesure – du palais de Buckingham. Ainsi, il aima moderniser ce château et n’hésita pas à acheter des appareils électroménagers !

En 74 ans de mariage, le couple a traversé de nombreuses crises à la fois maritales et familiales. La première survint à la naissance de Charles, Philip voulant que l’enfant porte son patronyme. La reine Mary, mère d’Elizabeth, refusa. Charles n’est donc pas un Mountbatten mais un Windsor. La décision est très dure pour le duc d’Edimbourg qui voulait conserver cette autorité propre au mari et au chef de famille: « Je suis le seul homme du pays à ne pas pouvoir transmettre son nom à ses enfants » disait-il.

Philip, de la fidélité dans l’infidélité 

  L’on prête au prince consort de nombreuses infidélités. En plus de ses affaires légères, on pointe du doigt son humour dérangeant, sa dureté notamment envers la princesse Diana et son fils Charles avec qui les relations ont toujours été complexes. Les divorces de tous ses enfants, hormis le prince Edward, secoua la famille qui défend depuis toujours des valeurs conservatrices. Malgré une image bien rangée volant en éclat, Elizabeth et Philip témoignent à plusieurs reprises l’importance de l’engagement. Malgré les infidélités de son mari, Elizabeth a toujours gardé la tête haute pour le bien de la Couronne et de sa famille. « C’est mon roc. Il a tout simplement été ma force et mon soutien » confiait la reine en 2011. Philip, dès le début, montrait un dévouement et un amour inconditionnel pour Elizabeth: « Mon premier, second et ultime emploi est de ne jamais laisser tomber la reine » avait-il confié à son secrétaire particulier en 1947.

Les anglais et la population du Commonwealth, émus, ont l’impression d’avoir perdu en ce jour un père. Quelle image garder de celui qui accompagna avec une humilité remarquable Elizabeth ? Nous devrions sans doute méditer les sacrifices de cet homme pour suivre Lilibeth. Quitter la Navy pour rejoindre le navire chancelant de la royauté, quitter une vie bohème héritée d’une enfance difficile pour suivre les règles étriquées de Buckingham. Philip a su rassembler en quelque sorte les générations, lui qui s’est toujours présenté comme un défenseur de l’environnement, un fin blagueur mais aussi – et ça ne plait pas auprès de certains journalistes – un paterfamilias attaché à l’autorité masculine et à la tradition.

Le prince Philip, l’incarnation d’un engagement fidèle malgré les vagues et les tempêtes de la vie.

 

 

 

 

 

 

 

Article écrit par Adélaïde Barba

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