Mai-Juin 40 : L’héroïsme oublié des soldats Français3 min de lecture

Un mai 40 qui saluait quelques Allemands disciplinés, c’est par ses mots que Jacques Brel chantait la défaite de mai-juin 1940. Véritable traumatisme, la bataille de France est très souvent considérée, et ce, à juste titre, comme la plus grande défaite de l’Histoire de notre pays. Il aura suffi d’un mois et de quinze jours à l’Allemagne nazie pour vaincre la France, la Belgique et les Pays-Bas. En l’espace de quelques semaines, près de 60 000 soldats Français sont tués et 2 millions sont fait prisonnier. La mémoire de ces milliers d’hommes fut longtemps oublié, pire encore, elle fut parfois bafouée. Outre manche, nombreux sont ceux qui encore aujourd’hui, s’appliquent à minimiser le rôle de l’armée française à cette période, ainsi qu’à faire passer nos soldats pour des lâches, Dunkerque, sorti en 2017, en était une nouvelle fois l’exemple. 

Alors, 80 ans après la Bataille de France, je vous propose de revenir sur quelques actes de résistance et l’héroïsme à la Française. 

15 mai 1940, à Stonne, petit village des Ardennes, les Allemands passent à l’offensive, ils engagent le combat face aux troupes Françaises qui sont forcées de se replier. Les deux armées vont se disputer le village toute la journée et ce au prix de lourdes pertes de chaque côté. Le lendemain, un char B1 bis part à l’assaut de Stonne, seul contre une dizaine de panzers Allemands il détruit treize chars ennemis et deux canons. Les combats se poursuivent et le 17 mai, un autre B1 bis repousse l’infanterie Allemande. Refusant de perdre le village, Stonne sera repris à 8 reprises par l’armée Française et ce en trois jours, au total, la commune changera de camp 17 fois. Si les Allemands finissent par l’emporter, la victoire a un goût amer, en effet 3000 de leurs soldats sont morts et 23 000 sont blessés, du côté Français on dénombre 1000 tués et 6000 blessés. On appellera alors cette bataille, le Verdun de 1940. 

Défaits sur l’ensemble du front, les soldats Français reculent et les Allemands progressent, le 20 mai, ils atteignent les rives de l’Escaut dans le nord de la France. À Fresnes-sur-Escaut, petite ville du Valenciennois proche de la frontière Belge, le soldat Jules Beaulieux à 26 ans, il est chargé de surveiller les bords du fleuve avec sa tourelle. Voulant empêcher les soldats Allemands de passer l’Escaut, la majorité des ponts sont détruits, mais il en reste encore un. Ce 20 mai, les Allemands s’apprêtent à l’emprunter quand ils sont pris sous le feu de la tourelle du jeune soldat. Les blindés sont stoppés et les Allemands se replient, Jules Beaulieux, sachant ses heures comptées, écrit alors une lettre d’adieu à ses parents. Après plusieurs heures de résistance acharnée, quatre obus viennent percuter la tourelle, le jeune homme, défiguré, est tué sur le coup. Admiratifs de son courage, les soldats de la Wehrmacht lui rendent les honneurs militaires et l’enterrent près de la tourelle endommagée. Ce jour-là, Jules Beaulieux a mis hors d’état de nuire trois blindés ennemis, il a aussi, tué et blessé près d’une centaine de soldats Allemands. 

Les troupes Allemandes vont progresser avec bien du mal dans la région, ils sont notamment repoussés au Quesnoy dans l’Avesnois où les panzers s’embourbent dans les douves et peinent à percer les murailles de Vauban qui entourent de la ville. Mais là-bas comme partout, les soldats en uniforme vert de gris finissent par l’emporter. Ils progressent 

et se retrouvent le 18 juin aux portes de Saumur. La veille, Philippe Pétain a demandé à l’armée de cesser le combat, réunis sur les bords de la Loire, quelque 2500 soldats, parmis-lesquels les cadets de l’école de cavalerie de Saumur, refusent l’armistice. Pendant deux jours, ces restes d’armées et ces jeunes inexpérimentés vont tenir en échec 40 000 soldats Allemands. En manque de munitions, et alors que certains n’ont plus que leur sabre pour se battre, l’artillerie ennemie se déchaîne. Le 20 mai et après avoir perdu 250 des leurs, les Français font taire les armes. Là aussi, l’occupant victorieux leur rend hommage. Par leur bravoure, les cadets de Saumur entrent alors dans l’Histoire. 

Il y eut bien d’autres faits de résistance pendant la Bataille de France, comme ce fut le cas en juin 40 dans les Alpes où les chasseurs Alpins stoppent la progression de 300 000 soldats Italiens pendant plus de deux semaines ou quand plusieurs garnisons de la ligne Maginot vont refuser de céder leurs casemates à l’ennemi et poursuivre le combat jusqu’au bout. 

Bien trop longtemps oublié, il convient aujourd’hui de se souvenir de ce début d’été 1940 qui vit se sacrifier, les premiers résistants d’une France qu’ils voulaient libre.

Clément Vanheuverswyn

Article écrit par Auteur Ponctuel

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