L’Angleterre, cette ancienne colonie française qui a mal tourné3 min de lecture

Lors des invasions des Vikings, appelés « Hommes du Nord », un territoire fut accordé à l’un des peuples normands, la Normandie. Cet accord, conclu en 911, leur permit de s’installer sur ce territoire, de le faire prospérer tout en s’y développant et en adoptant le mode de vie des Francs. C’est à la tête de ce grand peuple que Guillaume parvint à conquérir l’Angleterre en 1066.

Né en 927 ou 928, Guillaume n’est qu’un bâtard du duc de Normandie qui mourra en 1035, sur la route de la Terre Sainte. Malgré sa naissance, le fils illégitime parvint à s’imposer comme duc de Normandie, après avoir subi les attaques en tout genre des vassaux de son père. À 18 ans, le jeune duc, qui possède désormais un caractère rude et courageux, ainsi qu’un esprit affirmé de chef, est adoubé chevalier. Une ultime révolte est organisée contre lui, grâce à l’aide personnelle du roi de France Henri Ier.

Un siècle plus tard, les relations entre la Normandie et l’Angleterre sont toujours très bonnes. L’Angleterre a été colonisée par les Danois et la couronne ne revient à un Anglais, Édouard, qu’en 1035, avec le soutien des Normands. Le 5 janvier 1066, celui-ci meurt. Guillaume, duc de Normandie, apprend la nouvelle en même temps que le couronnement du nouveau roi, Harold, un puissant comte anglo-saxon. Il soutient pourtant qu’avant sa mort, le défunt roi lui avait juré sur des reliques la couronne de son royaume, ce qui fait de lui le maître légitime.

 

Après quelques négociations infructueuses, menées sans beaucoup de zèle, la bataille est inéluctable. Les armées se préparent de part et d’autre de la Manche. Lors de ses préparatifs, Guillaume parvient à s’assurer d’un soutien primordial, celui du pape. Son expédition devient alors une guerre sainte pour aller sanctionner quelques dérives religieuses outre-Manche. C’est pendant ces préparatifs qu’une menace apparaît pour Harold. Le roi de Norvège, Harald Hardrada, est convaincu de briguer la couronne anglaise par le propre frère d’Harold. Ce dernier est beaucoup plus efficace que Guillaume pour rassembler son armée, d’une part car le duc Normand aurait perdu la tradition viking et l’habitude de construire des bateaux ; d’autre part parce que le roi norvégien sous-estimant la difficulté de la bataille, n’appelle que ses hommes motivés.

 

À partir du mois d’août, les deux armées qui veulent envahir l’Angleterre se tiennent prêtes mais un élément bouleverse tout : le vent du sud disparaît et ne vient que du nord pendant tout le mois d’août (phénomène extraordinaire). Le roi norvégien avance donc rapidement vers l’Angleterre tandis que Guillaume donne l’ordre d’embarquer seulement à partir du 12 septembre, lorsque les vents sont à nouveau favorables. Mais une fois en mer, une tempête s’abat sur les navires du duc Guillaume et, un peu plus tard, sur ceux de Harald. Ce dernier accoste pourtant sur la côte anglaise assez rapidement, à la surprise d’Harold. Harald, le roi norvégien, progresse peu à peu en Angleterre jusqu’à la bataille de Stamford Bridge où il est défait par Harold, toujours roi d’Angleterre. La victoire est totale pour Harold, bien qu’il ait subi de lourdes pertes. Alors que le 28 septembre il célèbre son succès, il apprend que Guillaume a débarqué la veille.

 

Le duc de Normandie ne sait pas encore que la longue attente qu’il a subie malgré lui a été très bénéfique. Harold quitte donc Londres vers le 12 octobre avec peu d’hommes (il ne les a pas tous attendus, voulant probablement surprendre Guillaume) et marche vers le sud. Le lendemain, il fait dormir ses soldats sur une colline à une dizaine de kilomètres du fort dressé par Guillaume. Le 14 octobre, à l’aube, les Saxons commencent à se déployer sur la colline, trop étroite pour qu’ils puissent manœuvrer facilement. Guillaume positionne ses soldats dans la plaine (moins avantageuse tactiquement) puis assiste à la messe. Il est neuf heures et Guillaume met ses troupes en ordre : les soldats de Bretagne, d’Anjou et du Poitou à sa gauche, ceux de Picardie, de Champagne et de Flandre à sa gauche et au centre, derrière lui, les Normands. Son armée est solide, spécialisée et surtout très mobile.

Après quelques escarmouches sans conséquences, Guillaume ordonne à ses soldats d’attaquer la colline, au sommet de laquelle se trouve la ligne infranchissable de boucliers saxons, puis de feindre une retraite. Les Saxons se précipitent alors à la suite des soldats du duc normand. Le piège se referme sur eux, Guillaume prend définitivement l’avantage. Les soldats saxons encore vivants continuent à défendre le sommet de la colline. Guillaume tente d’ouvrir une brèche grâce à ses archers, lorsque l’un d’eux sans viser personne, blesse à l’œil Harold. Celui-ci s’écroule, aveugle, perd son sang et meurt peu après. La victoire pour Guillaume est totale.

Une fois roi, il gouverna son nouveau royaume d’une main de fer. Il modernisa le pays et le rendit plus sûr, jusqu’à sa mort, en 1087.

Article écrit par Paul Guerry

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