Ils ont fait la France : Vercingétorix5 min de lecture

Dans chaque numéro, l’Étudiant Libre vous propose de découvrir un personnage qui a oeuvré pour le bien de la France. Ce mois-ci, il s’agit de Vercingétorix. Ce dernier a incarné la première unité de ce qui deviendra la France, face à César qui représente l’empire romain. La confrontation entre gaulois et romains est ancienne, mais les deux cultures se rejoindront pour donner naissance à une période de grande prospérité.

Les premiers Gaulois

On sait peu de chose sur Vercingétorix. Lorsqu’il naît, environ en 80 avant Jésus-Christ, la Gaule est déjà habitée depuis des siècles. Les traces que nous en avons viennent des Grecs et des Romains mais aucune littérature gauloise n’existe vraiment.

Les Celtes habitent la Gaule, nom impropre donné par les Romains lorsqu’ils vinrent la conquérir. Ils arrivent dans l’hexagone au IX ou VIII siècle avant Jésus Christ, mais ils en prennent presque entièrement possession au V°. 

Les conquêtes 

À Partir du V° siècle, les Celtes commencent à se déployer en Gaule. À ce moment, la ville de Massilia (aujourd’hui Marseille) existe déjà puisqu’elle est fondée par des Grecs en -620. C’est grâce à cette ville notamment que la Gaule sera connue des Grecs (« l’extrême occident » pour eux) et échangera avec les grandes civilisations méditerranéennes.

Il n’y a aucune unité politique dans l’hexagone, aucun sentiment d’appartenance. Cependant, il y a une relative unité géographique, entre les Alpes, les Pyrénées, le Rhin. 

Cette période est prospère car le peuple Celte se caractérise par des méthodes agricoles poussées avec une recherche et une exploitation des terres les plus riches, et non seulement sont tempérament guerrier. Les échanges méditerranéens sont aussi une source de richesse.

Forts de cet essor économique, poussés probablement aussi par une démographie en hausse, les Celtes partent vers -390 dans une série de conquêtes et parviennent à prendre Rome. Les Gaulois multiplient les incursions dans le sud de l’Italie mais à partir de 329, Rome parvient à prendre l’avantage et impose une paix de dix ans.

Très tôt, le destin de Rome et de la Gaule sont liés. C’est suite à ces invasions que Rome prend conscience de l’importance d’une armée efficace. C’est également à ce moment que les Gaulois battent sévèrement les Étrusques, permettant à Rome de s’imposer plus tard.

La naissance d’un roi 

Issu de ce peuple Celte, Vercingétorix ( littéralement le grand roi des braves) naît vers -80. Son père, Celtillos est un noble Arverne condamné à mort pour avoir tenter de rétablir la monarchie. Ce peuple, qui vit dans l’actuelle Auvergne a connu un âge d’or quelques années plus tôt (environ 125 ans avant la naissance de Jésus-Christ, soit 45 ans avec celle de Vercingétorix) puisqu’il était extrêmement étendu en Gaule.

Depuis le IV° siècle, Rome et la Gaule connaissent des rapports complexes. Les Romains ne cessent de reprendre petit à petit du terrain et César commence la véritable conquête de la Gaule en -58. Comme l’explique l’historien Jacques Bainville, « la guerre civile, le grand vice gaulois, livra le pays aux romains ». Il existe en effet une soixantaine de peuples gaulois, les uns s’alliant avec Rome, les autres la trahissant, les derniers l’affrontant. Marseille par exemple, cité de marchands, défendra ses intérêts et appellera César à son aide pour lutter contre les Gaulois.

César affronte donc les tribus les unes après les autres pendant cinq ans. Il réprime très sévèrement les révoltes. Selon Camille Jullian, le patriotisme gaulois se développe pendant ces années. Il le voit comme « le désir de voir chaque cité obéir à ses lois traditionnelles, et toutes les cités de la Gaule s’unir en une seule fédération ». 

Lors de l’hiver 53-52, des tribus gauloises se réunissent dans la forêt des Carnuttes. Dans ce lieu sûr et chargé d’histoire, les émissaires parviennent à se mettre d’accord sur une action commune, montrant bien la naissance d’une conscience collective. 

Le 23 janvier 52, les Carnuttes (le peuple) vont dans le village de Génabum (aujourd’hui Orléans) et tuent les citoyens romains qui s’y trouvent. Par un système de relais, toute la Gaule est informée dans la journée. Une fois le signal reçu, Vercingétorix rassemble les guerriers et veut partir à l’assaut. Des membres de l’aristocratie arverne l’en empêchent, voulant être en bon termes avec César. Vercingétorix quitte donc la cité avec ses guerriers et sillonne la campagne, trouvant de nombreux humbles arvernes qui veulent lutter contre les romains. Fort de ce soutien il reprend le pouvoir chez les Arvernes et y rétablit la royauté. 

Un roi hors du commun 

Vercingétorix commence tout de suite à lutter contre les romains pendant que César est bloqué par l’hiver en Italie du nord. Il comprend qu’il ne faut pas affronter les légions romaines directement. 

La tactique de Vercingétorix porte du fruit mais, après une défaite contre César, il adopte une nouvelle stratégie. Il décide de harceler les petits détachements qui ravitaillent les légions, de brûler les réserves de grain pour affamer les romains et de détruire les places fortes gauloises difficiles à défendre. 

Pendant quelques mois, Vercingétorix et César multiplient les escarmouches mais aucun ne l’emporte puisqu’ils ne s’affrontent jamais vraiment. Vercingétorix est enfermé dans Gergovie par César, qui ne s’attendait pas à des fortifications aussi puissantes, inspirées du modèle romain. Le proconsul romain perd donc le siège. Cette défaite rehausse énormément le prestige de Vercingétorix et quelques jours plus tard, l’assemblée du mont Beuvray accorde les pouvoirs de chef suprême à Vercingétorix sur toutes les tribus gauloises. 

La fin du chef suprême

Malgré certains succès, Vercingétorix perd deux défaites importantes contre César, qui parvient après la seconde à l’enfermer dans Alésia. Les Gaulois ont lutté héroïquement dans ce siège qu’ils n’ont pas réussi à percer. 

À court de vivres, Vercingétorix choisit finalement de se rendre à César. L’épisode, bien connu, de cette reddition est majestueux. Vercingétorix s’avance vers César, sur son plus beau cheval avec ses plus belles armes et reconnait qu’il a été le plus fort. C’est la « preuve papable de la défaite et de la soumission de la Gaule » (Jullian). Quelques années plus tard, il sera assassiné à Rome. « L’histoire de l’occident venait de commencer. (…) Il n’y a pas seulement la l’acte de naissance de la plus grande nation latine, mais aussi la naissance d’une armée césarienne qui sera à l’origine du pouvoir de César et de l’empire » estime alors Karl Ferdinand Werner. 

On a frôlé la catastrophe ? 

Cette défaite est vue très positivement par certains historiens, à commencer par Jacques Bainville. Il estime que « nous devons notre civilisation à la conquête des romains. »

Les siècles suivants permettront à la Gaule de prendre le meilleur de la culture romaine, apportée par les élites gauloises ayant servi à Rome et de connaitre une période de prospérité. La symbiose entre gaulois et romains sera extrêmement rapide puisque les deux s’uniront pour repousser les germains. 

Finalement, « il était impossible que Vercingétorix triomphât et c’eût été un malheur s’il avait triomphé. » (Jacques Bainville). 

Un héros oublié 

Pendant des siècles, on a oublié Vercingétorix. Le Moyen-âge le mentionne peu puisque les élites se revendiquent d’origine franque et non gauloise. La renaissance n’en fait pas plus de cas, préférant la Rome antique et sa culture aux grossiers gaulois qu’elle imagine. C’est Napoléon qui, un des premiers, le mentionnera comme « défenseur des Gaules ». Napoléon III voudra lui rendre ses lettre de noblesse en dressant une gigantesque statue de lui et en lançant une série de fouilles à Alésia.

 

Article écrit par Paul Guerry

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