Hélie de Saint Marc, l’honneur de vivre3 min de lecture

Avez-vous déjà connu un homme si exceptionnel que son souvenir est associé à toutes les valeurs les plus nobles de l’humanité ; fidélité, honneur, courage, service… ?

Hélie Denoix de Saint Marc est une des rares figures dont l’existence a exalté le sens de tous ces mots. Officier français né en 1922 et mort en 2013, le commandant de Saint Marc est un héros militaire, héros de la Légion étrangère. Éminent représentant d’une génération qui a connu « tout et le contraire de tout » selon ses propres mots, son destin hors du commun est une épopée incomparable. Que peut-il nous enseigner sur l’honneur de vivre ?

Sa carrière d’armes nous conforte d’abord dans l’idée que l’honneur de vivre, c’est la fidélité inépuisable dans le service de l’autre, l’amour du prochain, l’attachement à la vie, le tout exercé dans le cadre de la patrie. Ces idées ont guidé Hélie de Saint Marc dans les épreuves, et Dieu sait qu’elles ont été nombreuses. Entré dans la Résistance intérieure à l’âge de 19 ans, en 1941, il effectue de nombreuses missions dans le sud-ouest de la France. Trahi par d’autres, il est arrêté en juillet 1943, et déporté en camp de concentration (Buchenwald). Libéré en 1945, il fait parti des très rares survivants, au prix de la perte de sa mémoire et de l’oubli de son propre nom. C’est à peine quelques mois plus tard qu’il entre à l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr, puis est envoyé en Indochine en 1948 avec la Légion étrangère. Membre du 2ème BEP pendant quelques années (Bataillon d’étrangers parachutistes), il s’y couvre de gloire. En 1956, il prend part à l’opération militaire visant à rétablir un contrôle français sur le canal de Suez. Enfin, son régiment et lui-même sont déployés en Algérie, en pleine guerre civile. Il participe au putsch des généraux, qui échoue finalement. Condamné à 10 ans de réclusion criminelle par le Haut Tribunal Militaire, il effectue 5 ans à la prison de Tulle avant d’être amnistié par le général De Gaulle. Le temps aidant, les passions retomberont et feront du commandant Hélie de Saint Marc un héros de la nation : il est fait grand-croix de la Légion d’Honneur, à quoi vient s’ajouter la croix de guerre (8 citations), la médaille de la Résistance, la médaille des évadés, et la médaille coloniale.
Confronté à la remise en question de tous les cadres moraux et de tout ce qui fondait autrefois l’humanité, Hélie de Saint Marc est un ardent défenseur de la dignité humaine. De ses écrits transparaissent les formidables liens d’amitié que peuvent nouer des individus que la vie a séparé, qu’ils soient Indochinois, Algériens ou Français, ces « frères par le sang versé » . Respecter un être pour ce qu’il est profondément, c’est aussi ça l’honneur de vivre : « Je crois que la vie est un don de Dieu et qu’il faut savoir découvrir au-delà de ce qui apparaît comme l’absurdité du monde, une signification à notre existence […] tout homme est une exception, il a sa propre dignité et il faut savoir respecter cette dignité ». Hélie de Saint Marc conserve le souvenir de nombre de ses « frères d’armes », morts au combat pour une France qu’ils chérissaient. Dans son autobiographie, il évoque son admiration pour un légionnaire en fin de carrière, tué à quelques centimètres de lui en Indochine : un homme doté « d’une noblesse » dans les combats, qui venait du « cœur et du métier des armes ». Le plus « exceptionnel » parmi les nombreux « hommes exceptionnels » que Saint Marc ait connu.

Hélie de Saint Marc est aussi un passeur d’histoire, le récipiendaire d’une mémoire oubliée, la vieille gloire bienveillante à l’égard de la jeunesse. L’officier a transmis son message, explicité chacun de ses choix -parfois incompris-, estimant qu’il avait un devoir de vérité face à l’histoire. Ses ouvrages sont un formidable testament d’une génération fracturée par les événements tragiques du 20ème siècle : Les Champs de braise, Les Sentinelles du soir, Indochine, notre guerre orpheline sont autant de livres qui vous transportent dans les plaines indochinoises, dans les déserts algériens, qui vous font sentir le formidable esprit de corps des hommes de combat. L’honneur de vivre, c’est aussi transmettre aux générations futures, c’est faire entendre son message pour assurer la pérennité de son propre héritage. Hélie de Saint Marc a toujours cultivé un lien particulier avec la jeunesse, lui qui se disait tellement attaché à ses « rêves d’enfants ». Dans un texte magnifique, intitulé Que dire à un jeune de vingt ans ?, il livre le fruit de réflexion d’une vie hors du commun : « Quand on a beaucoup vécu, et qu’on est au soir de sa vie, que dire à un jeune de vingt ans ? » « […] Je lui dirai que de toutes les vertus, la plus importante parce qu’elle la motrice de toutes les autres, et qu’elle est nécessaire à l’exercice des autres, oui ! de toutes les vertus, la plus importante me parait être le courage. Les courages. Et surtout celui dont on ne parle pas, et qui consiste à être fidèle à ses rêves de jeunesse. Pratiquer ce courage, ces courages, c’est peut-être cela l’honneur de vivre ».

➔ Source image : https://tenes.info/nostalgie/HDSM

Article écrit par Elouan Picault

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