21 janvier : le jour de la terreur3 min de lecture

Beaucoup le savent : en ce 21 janvier nous commémorons la mort du roi Louis XVI. Beaucoup moins savent qu’aujourd’hui est aussi la date de la mort de Lénine et de George Orwell. Le parallèle peut paraître curieux : à part la date de leur mort, que peuvent bien avoir en commun ces trois personnages ?

Le 21 janvier 1793, Louis XVI est guillotiné place de la Révolution (devenue plus tard place de la Concorde). Roi de France de 1774 à 1791, puis roi des Français jusqu’en 1792, le monarque qui n’avait pas envie de l’être a dû affronter la Révolution à l’issue d’un règne compliqué pendant lequel il eut toujours du mal à prendre des décisions. Sa mort marque une accélération importante du processus révolutionnaire. Celui-ci, intrinsèquement violent (dès la prise de la Bastille on promène la tête de son gouverneur sur une pique) le devient de plus en plus au fil du temps. Après l’attaque des Tuileries le 10 août 1792 par les révolutionnaires, Louis XVI est emprisonné. Le 20 novembre, on découvre une correspondance qui atteste que le roi cherche du soutien à l’étranger face au péril révolutionnaire. Robespierre l’accuse alors d’être un « criminel contre l’humanité » et obtient son procès. Ce dernier est mené par l’Assemblée constituante qui vote sa condamnation à mort à une voix. Le 21 janvier 1793, c’est donc la fin d’un monde et le début de la Terreur qui saignera la France.

Le 21 janvier 1924 mourait Lénine. Vladimir Illitch Oulianov de son vrai nom est le plus grand organisateur de terreur moderne. À partir de la révolution d’Octobre 1917 qui est un coup d’État, il met en place une terreur sans précédent avec le décret du 5 septembre 1918. Les bases des crimes de Staline (environ 20 millions de morts) sont solidement établies. Il s’inspire d’ailleurs largement des révolutionnaires et affirme lui même qu’il veut « une Vendée russe ». Il réactualise donc la Terreur dont Louis XVI a été la première victime. À sa mort, après une lutte terrible Staline obtient le pouvoir et développe largement la terreur. Le 21 janvier 1924 c’est donc le début de l’amplification de la terreur et de la dictature en Russie.

Le 21 janvier 1950 mourait George Orwell. L’auteur devient célèbre en publiant 1984, dans lequel il imagine le triomphe du totalitarisme, qui s’appuie sur la disparition totale de la liberté. En effet, tout le monde est surveillé continuellement, la novlangue empêche de penser, l’histoire est revisitée sans cesse, les médias sont contrôlés par l’État, il n’y a évidement qu’un parti, l’économie est dirigée entièrement par l’État et la haine est excitée envers ses ennemis (avec par exemple le « quart d’heure de la haine » quotidien contre les ennemis du parti). Le 21 janvier 1950, c’est donc la mort de celui qui a le mieux dénoncé l’héritage de Lénine.

En ce 21 janvier 2020, il est pour le moins surprenant de constater que certains s’acharnent contre Louis XVI, tel Raquel Garrido qui tenait aujourd’hui à « fêter » sa mort et appelait implicitement à renouveler le crime contre Macron. Certains continuent donc à s’inscrire dans l’héritage de Robespierre et de Lénine. Essayons plutôt de réfléchir à celui d’Orwell. N’oublions pas que 1984 est très prophétique. Bien entendu nous ne vivons pas aujourd’hui dans un régime totalitaire. Cependant, de nombreux éléments indispensables au totalitarisme décrit par Orwell apparaissent aujourd’hui, sans que personne ne s’en émeuve.

Pour reprendre des éléments de 1984, on voit aisément que la liberté d’expression est aujourd’hui aussi menacée (avec la loi Avia de juillet 2019 ou l’interdiction de la campagne d’alliance Vita par exemple). La réinvention de l’Histoire est également très flagrante, notamment dans l’éducation nationale. Le quart d’heure de la haine a été remplacé par le lynchage sur les réseaux sociaux, au moins aussi efficace. Le pluralisme des partis est parfois compliqué à cause des refus de financement. Enfin, si les médias ne sont pas maîtrisés par l’État, ils diffusent presque tous la même idéologie, et faire entendre un message hétérodoxe est difficile. Pour ce qui est de la novlangue, il est intéressant de voir qu’aujourd’hui la langue évolue assez vite, tant dans le sens des mots que dans l’invention de nouveaux outils (l’écriture inclusive par exemple).

Article écrit par Paul Guerry

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