L’assassinat des Romanov3 min de lecture

La famille Romanov au complet avant son assassinat par les bolcheviks

En ce jour, est commémoré l’un des évènements les plus funestes de l’histoire européenne; celui de l’assassinat de la famille impériale russe. Au-delà des mythes et des anecdotes inspirant maintes fois romanciers et scénaristes, il convient de revenir sur la nuit tragique du 16 juillet 1918 et de rendre un ultime hommage à cette famille martyre. 

   Nicolas II, Alexandra et leurs enfants Olga, Tatiana, Maria, Anastasia et Alexis furent sauvagement assassinés dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918.  Après avoir été exilés à Tobolsk, ils furent conduits dès le mois d’avril 1918 à Ekaterinbourg dans la villa Ipatiev dont le surnom laissa déjà présager du destin tragique de la famille: « la maison à destination finale ». Après que Lénine eut dit le 1er mars 1918 qu’il fallait « exterminer tous les Romanov c’est-à-dire une bonne centaine », la Terreur rouge fut prise dans un engrenage sans fin. Nicolas II, qui avait abdiqué le 15 mars 1917, passa de souverain autocrate à prisonnier politique. Jusqu’à ses derniers instants, il crut en l’aide  de son cousin germain le roi d’Angleterre Georges V. La Russie, en pleine guerre civile entre les bolcheviques et les mencheviks sombrait. Les partisans de la Terreur rouge craignirent l’aide des alliés notamment de l’armée tchécoslovaque qui se livrait corps et âme pour remettre sur le trône les Romanov. Devant l’avancée de l’armée blanche, la mort du tsar devint l’ultime recours pour asseoir définitivement le communisme en Russie. Les velléités révolutionnaires sonnèrent le glas d’une dynastie vieille de plus de trois cent ans.

Pour comprendre le déroulé de cette nuit ouralienne, il faut s’appuyer sur le rapport publié en 1924 par Nikoläi Sokolov, juge d’instruction, qui vit de ses yeux la tuerie. 

  

  A minuit, les gardes réveillèrent la famille en leur ordonnant de faire leurs valises. On leur promit un transfert vers un lieu sécurisé. On les fit descendre dans la cave de la maison. Nicolas II demanda deux chaises pour sa femme et lui. Le tsarévitch Alexis, atteint d’hémophilie, était posé sur ses genoux. La famille, devant le silence pesant entretenu par les gardes, posa des questions, d’ultimes questions. Yakov Yourovski, commissaire de justice, déclara devant cette famille « Nikolaï Alexandrovitch, en raison du fait que vos parents d’Europe continuent leur attaque sur la Russie soviétique, le comité exécutif de l’Oural a décidé de vous fusiller ». La première balle fut lâchée et tua le tsar sur le coup. Les cris raisonnèrent. Alexandra et Olga, signes de croix à peine finis, furent achevées. L’agonie de la famille commença. Alexis, malgré sa santé fragile, rampa jusqu’à la porte en se protégeant la tête. Yourovski, agacé devant la vitalité du tsarévitch, appuya deux fois sur la gâchette en visant le crâne de l’enfant.  Les princesses, qui avaient glissé dans leur corset des bijoux de famille, résistèrent aux balles des bourreaux. Ceux-ci vidèrent leurs armes de dizaines de cartouches mais en vain. Les filles furent livrées à une mort de plusieurs minutes. Une baïonnette en forme de couteau leur fut fatale. Maria, troisième enfant de la famille, rendit le dernier souffle, le dernier souffle de l’ère Romanov. 

   Les corps maculés de sang furent jetés en pleine forêt de l’Oural pour ensuite être brûlés. Mystères et secrets quant à la disparition de tous les membres de cette famille suivirent. Avant 2007, deux corps de la famille impériale manquaient. Après des fouilles, furent retrouvés les restes d’Alexis et de Maria. Malgré ces trouvailles et les test ADN qui suivirent, certains historiens et russophiles entretiennent encore le mystère Romanov qui fascine depuis des générations. A rappeler que l’entourage de la famille impériale connut le même sort. Furent assassinés le médecin de la famille, le valet de chambre, le cuisinier, la femme de chambre et la soeur d’Alexandra, le prince Igor, le prince Constantin, le grand duc Sergeï et le prince Vladimir. 

   La fin des Romanov, c’est la fin d’une Russie impériale, sainte et mythique. Cette sinistre soirée qui eut lieu dans un endroit retiré de l’Oural marqua l’Histoire de l’Europe. Le blanc tira sa révérence, le rouge entra définitivement sur le devant de la scène et ce pendant près de quatre vingt ans. 

 

Article écrit par Adélaïde Barba

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