Némésis, l’entretien exclusif avec le collectif féminin qui bouscule les codes6 min de lecture

Némésis, le « collectif féminin lucide sur le profil de leurs agresseurs et harceleurs » accorde un entretien à l’Etudiant Libre.

J’ai rencontré le collectif féministe « Némésis ».

Pouvez-vous présenter « Némésis » ? D’où est venue l’idée de créer ce collectif, quel est votre mode opératoire ?

Némésis est un collectif non déclaré pour ne pas être dissous. Nous savons que les sujets que nous évoquons dérangent. Nous étions un groupe d’amies qui s’est agrandi l’année dernière. Notre objectif initial était l’organisation de cercles de réflexions hebdomadaires. Dans un premier temps, ces rencontres avaient davantage vocation à médire et échanger sur ce qui nous était arrivé dans la semaine. Très vite, les échanges se sont rapidement transformés en « rendez-vous des plaignantes ». Un déclic s’est produit en août dernier alors qu’une femme a été violée par un migrant dans son jardin, situé proche du squat des migrants à Nantes. L’affaire est presque passée sous silence. Seuls les médias alternatifs tel que Breizh Info en ont parlé. Ouest France a quant à lui, rédigé un article calomnieux où il évoquait les conditions de vie difficiles des migrants. À partir de ce moment là, nous avons établi le constat que se plaindre était une chose, mais qu’agir était mieux.

Quand avez-vous lancé le collectif ?

Nous l’avons lancé début octobre. Nous avons ensuite créé une page Facebook qui a été censurée en moins de 4h. Notre objectif premier était d’être visible sur les réseaux sociaux.

Vous aviez déjà l’idée d’intervenir dans des manifestations comme ce week-end ?

Nous nous sommes greffées dessus il y a 15 jours. On s’est dit que c’était notre combat. Nous sommes une association féministe et nous nous considérons comme telle. Nous devions y être présentes. Malheureusement ce n’était pas l’avis de tous.

Quel est votre objectif ? Dénoncer le « faux » féminisme qui réduit son combat à la taille des trottoirs et à l’épilation alors que le vrai problème est selon vous, celui des populations immigrées ? Ou alors vous êtes comme toutes les associations avec en plus le discours sur les migrants ?

Nous nous considérons comme complémentaires du féminisme « mainstream ». Nous trouvons scandaleux qu’au 21ème siècle des femmes subissent des violences et nous sommes en total accord avec les collectifs qui les dénoncent. En revanche, nous refusons de nous soumettre à la pensée unique qui consiste à nier les choses et ne pas parler du problème migratoire. Nous avons décidé de tout dire, pourtant nous ne sommes pas antiféministes.

Quel est votre regard sur la manifestation dont vous-avez été expulsées ?

Il faut savoir que nous avons été expulsées par des femmes d’un certain âge. Nous n’avons pas de rancœur, nous continuerons à participer à ces manifestations qu’elles nous acceptent ou non. Nous souhaitons continuer notre soutien même s’il est refusé. La rancœur est de leur coté, pas du nôtre. Nous relayons les collages féministes et ça fait du bien de voir des femmes motivées même si elles nous demandent de ne pas les soutenir et de retirer nos partages.

De votre coté, cela ne vous dérange pas d’être aux côtés des Femens, des féministes extrémistes, ou des militants de la LGBT?

Notre vrai combat est de défendre les femmes. Donc non, ça ne nous dérange pas, sinon nous ne serions pas venus samedi avec nos pancartes. Nous n’étions pas là pour « troller » la manifestation contrairement à ce qu’elles ont pu dire. C’est elles qui ont mis le bazar.

Vous êtes venues sans vouloir faire de coup de com’ ?

Nous savions que cela pouvait en faire un mais ce n’était pas l’objectif. Nous sommes les premières surprises de l’ampleur qu’ont pris les événements. En particulier sur Twitter. Initialement, nous étions partie dans l’idée que nous avions toutes les raisons de mettre notre grain de sel dans cette manifestation et de participer à la dénonciation des violences faites aux femmes et notamment celles des populations immigrées. Sans vouloir faire de généralité, beaucoup de cas de harcèlements et d’agressions recensées sont commises par ces populations. Nous voulions être présentes pour le dire. Donc non, cela ne nous dérange pas de manifester aux côtés de ces personnes, on appelle ça la convergence des luttes, mais en aucun cas nous avons l’esprit fermé.

Pourquoi parler des agressions commises par les migrants et en faire en un « féminicide » alors que aussi bien les hommes que les femmes sont victimes des agressions qui se multiplient ?

La société est touchée par ces violences, mais les femmes sont toujours parues plus faibles. On ne demande jamais à un homme de s’abaisser à des pratiques sexuelles pour obtenir un poste. Il s’agit d’un ras le bol général des femmes. Dans le cas des violences conjugales, un tiers des victimes sont des hommes, et cela, personne n’en parle, la majorité des victimes restant des femmes. Nous aimerions qu’il n’y ait aucune victime d’un côté comme de l’autre, évidemment. Avec Némésis, nous avons décidé de ne pas nous poser en victime. Nous considérons qu’il y a une complémentarité entre l’homme et la femme et nous ne voulons pas en faire nos ennemis. Surtout, nous ne voulons pas être opposées à « l’homme blanc dominateur » etc. Nous ne croyons pas tellement au patriarcat.

Allez-vous proposer des idées pour résoudre les problèmes que vous dénoncez pour apporter dans le débat des idées neuves et différentes des féministes actuelles ? Vous voulez être créatrices d’idées ? Lanceuses d’alertes ou bien les deux ?

Pour l’instant nous sommes lanceuses d’alertes, c’est comme ça que nous nous définissons. Pour les idées, nous travaillons dessus en ce moment. C’est notre prochain projet. Nous voulons juste dénoncer des faits, dont certains qui dérangent.

Quelles sont les origines sociales, culturelles de vos membres ? Leurs âges ?

C’est de tous horizons, nous venons toutes avec nos compétences, nos idées, etc. ce qui permet de créer quelque chose de solide. Notre moyenne d’âge est de 20 ans. Nous sommes de tous les milieux sociaux, des cathos, des familles d’extrêmes gauches, etc.

Quel est votre agenda ?

Nous allons commencer par nous remettre de notre week-end et nous répondrons ensuite aux sollicitations des médias. Nous faisons en sorte de nous organiser davantage.

 

Y a-t-il eu des blessées lors de la manifestation ?

Il y a eu des violences : l’une d’elles a pris un coup de poing mais il n’y a pas eu de blessées. Nous n’avons pas vu le service d’ordre qui nous aurait probablement exclu. Nous craignions davantage les mouvances anti-fa !

Dimanche dernier, nous n’étions que 5, nous ne représentions donc pas une grande menace. Nous étions déçues d’être traitées ainsi lors d’une manifestation contre les violences faites aux femmes qui plus est !

À 5, vous avez réussi à faire un énorme coup de buzz, comment expliquez-vous cela ?

Ce sont des femmes en nous excluant qui ont créé le coup de buzz. Elles nous ont frappé, c’est cela qui a alerté et créé le buzz. Finalement, c’est à elles que nous le devons. Sans elles, nous n’aurions pas eu d’articles. Nous avons très vite su réagir, nous les remercions.

Avez-vous été soutenues par des groupes ou personnes inattendues ?

Oui ! nous avons été soutenues par des LGBT qui sont venus nous dire « merci de dire la vérité parce que nous, en tant qu’homosexuels, nous vivons cela au quotidien ». Les LGBT comme nous sont pour beaucoup piégés par « l’anti-racisme » et ils n’osent souvent pas le dire. Je trouve ça très dangereux qu’aujourd’hui on ne puisse pas nommer les choses.

Avez-vous des chiffres qui vont dans votre sens ?

Bien sûr, l’Institut National des hautes études de la Sécurité et de la Justice (INHESJ) qui a publié récemment que 52% des viols en Île de France étaient commis par des étrangers. Parmi les 48% restants, il peut en plus y avoir des populations issues de l’immigration. D’ailleurs, nous pouvons en faire l’expérience facilement : aller se promener à St Denis peut vite devenir un problème, tandis que dans le quartier chinois il n’y en a quasiment pas.

Vous suivez beaucoup de Femens sur les réseaux, vous approuvez leurs méthodes ? Leurs combats ?

Nous avons un avis mitigé sur la question. Nous admirons leur courage des débuts. Elles possèdent des méthodes qui tranchent et qui en font des activistes efficaces. Sur leurs combats, à mon avis elles se trompent d’ennemis. D’une part, elles ne parlent jamais de l’immigration. Les Femens font des actions sur les violences faites aux femmes intéressantes, comme lorsqu’elles se sont grimées en zombies dans la rue en octobre dernier. Là où nous les condamnons, c’est lorsqu’elles s’obstinent à ne pas parler de l’immigration. Pour aller dans les églises, elles ne se font pas prier, en revanche, personne ne les a jamais vu dans les mosquées. Pourtant les droits des femmes dans l’islam ne sont pas forcément très respectés …

Dernière question, en quelques mots pouvez-vous résumer votre combat ?

Je vais reprendre les mots de Saint Jean Paul II : « n’ayez pas peur » et deuxième chose, nous ne sommes pas seules mais : rejoignez-nous ! Nous recevons des messages de soutien mais également beaucoup de menaces alors aidez-nous ! *

 

Propos recueillis par Stanislas Rigault

Article écrit par Stanislas Rigault

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