L’enfer à Paces Toulouse. Entretien avec une étudiante3 min de lecture

Nous le savons tous, l’épidémie du Covid 19 a beaucoup perturbé le passage d’examens et de concours pour les étudiants. Cependant certains étudiants sont plus impactés par la situation que d’autres, notamment les étudiants de PACES (première année commune aux études de santés) à Toulouse. Le concours de première année est très sélectif , les étudiants n’épargnent pas leurs efforts pour y arriver, travaillant en moyenne 12 heures par jour en temps normal et allant jusqu’à 15 heures en période de révision.                               

Il y a trois jours le doyen de la faculté a annoncé une modification des modalités des épreuves compte tenu du contexte actuel. Depuis ce jour nous avons pu voir l’agitement de nombreux étudiants concernant les nouvelles modalités du concours.  Car en effet plusieurs problèmes sont relevés: l’égalité des chances, le respect des conditions sanitaires, la valeur du diplôme…. 

Afin de mieux comprendre la situation, nous nous sommes entretenu avec une étudiante en PACES à Toulouse.

Comment se déroule une année normale? (voir schéma plus bas)

Notre année est divisée en deux. 4 mois et non des semestres comme en université. A la fin de chacun on a des demi-concours.  On a passé le premier en janvier et le deuxième devait se passer au départ la semaine prochaine.  Donc 3 mois de cours, 3 semaines de révisions et 1 semaine de concours. 

Comment sont adaptées les épreuves avec le Covid?

Avec le Covid, en mars ils nous ont annoncé la fin des cours, donc on a fait environ 55-60% du programme seulement. On devait avoir des cours par correspondance, qui n’ont jamais eu lieu car les professeurs sont médecins et sont donc occupés et c’est tout à fait compris de tous les étudiants.  Mais on s’est retrouvé avec 55% du programme à travailler pendant 3 mois, ce qui est énorme comme période de révision, donc déjà ça fausse la représentativité du concours. 

En plus de ça, hier ont été votés les nouvelles conditions du concours, personne n’était au courant dans les  élèves, et ils nous ont annoncé que notre concours qui s’étalait avant sur 5 jours, se ferait au final sur 1 h 30. C’est-à-dire qu’on va jouer notre année, et pour les redoublants , deux ans, sur 1 h 15. 

Et au niveau des conditions sanitaires? 

Là on est 3000 élèves en paces à Toulouse, on va être regroupé par faculté, donc 1000 personnes par fac, et on va tous passer ensemble notre concours. Niveau sanitaire avec la situation, savoir qu’on va être autant enfermés dans une salle pour passer nos épreuves, ce n’est pas rassurant…

 

Comment ressentez-vous la situation? 

Ils ne prennent pas en compte tout le travail qu’on a fait, ça fait deux ans pour ma part que je bosse pour ce concours et il va se jouer sur un coup de poker au final. 

Le QCM vaut beaucoup plus, donc la faute peut coûter très cher, et les gens qui ont vraiment bossé peuvent vite sauter du classement et ça peut mettre en péril notre avenir alors qu’on a vraiment bossé, et depuis plus longtemps pour certains. Et ça ils ne le comprennent pas.                                                                                                                           

Au niveau national, juridiquement pour l’instant  ils ne peuvent pas annuler le concours ni changer les coefficients des épreuves, à cause des lois, et on aimerait faire remonter le plus haut possible pour que des choses soient faites.

 

En quoi cela va affecter la valeur de votre diplôme? 

La valeur du diplôme en elle-même va pas changer, mais pour les doublants qui travaillent depuis deux ans, savoir qu’on joue notre avenir sur 2 h, ça nous démotive tous. Les primants (ceux qui sont là que depuis septembre et qui n’ont pas redoublé) peuvent être beaucoup plus avantagés donc ce n’est vraiment pas juste, parce que la proportion de gens qui passent en 2 ème année à Toulouse c’est environ 75% de doublants et 25% de primants. Mais là, ça risque de s’inverser et les doublants auront perdu 2 ans, et l’avenir pour lequel on se bat,  il va nous passer sous le nez et tout cela indépendamment de notre volonté.

Qu’avez vous eu comme retour? 

Les élus nous ont dit qu’ils trouvaient ces décisions bêtes mais qu’ils n’avaient pas d’autres solutions, alors qu’on leur en propose tous les jours. C’est juste que notre avis compte pas du tout. Et on est la seule fac à être dans ce cas-là, les autres font le concours comme avant, donc on ne comprend pas.

 

Pour finir nous leur avons demandé quelles seraient pour eux les meilleures solutions. Ils proposent de garder les mêmes temps d’épreuve mais de changer les coefficients des épreuves pour que cela  soit plus égalitaire. Ou alors de laisser les épreuves comme avant mais avec une modification des conditions d’épreuves afin de respecter les mesures sanitaires (ex: séparer en plusieurs salles).                                                                                                                              Cependant toustqu’on leur répond c’est qu’ils ne peuvent « rien faire ». Alors que les autres facs n’ont elles rien changés.

 

Pour conclure, ils ont conscience que ce n’est pas la fac qui a le contrôle, “c’est la loi qui fait que la fac ne peut pas décider réellement, et c’est ce qu’on aimerait changer pour qu’ils puissent avoir le choix d’adapter au mieux notre situation, car ce sont eux les mieux placés pour décider”. 

Ces nouvelles modalités renforcent le poids de la chance au détriment d’une vraie évaluation du panel de connaissance des étudiants.  

PHOTO: LA NOUVELLE RÉPUBLIQUE/MAXPPP

Margaux Chatillon

Article écrit par Margaux Charice

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