Le Mans, une citadelle à prendre, entretien avec Louis de Cacqueray-Valmenier5 min de lecture

Redynamiser la ville, offrir à ses habitants un cadre de vie sécurisé, plus sain, dans une cité fière de son histoire et de son identité, telle est la noble ambition de la liste « Bâtissons Le Mans », liste qui refuse catégoriquement le prêt-à-porter politique. Ainsi, à l’heure où le marketing politique semble imposer partout un certain « dress code », il est pourtant un candidat aux municipales qui fait le choix de casser les codes. Militant de longue date au Rassemblement National et conseiller municipal, Louis de Cacqueray-Valmenier, candidat tête de liste de 27 ans, s’engage au Mans, une commune de 143 000 habitants.

Vous êtes candidat aux municipales du Mans à la tête de la liste « Bâtissons Le Mans ». Vous portez la voix pour le rassemblement d’une vraie droite. Quelle est son originalité ?

Bastion du Parti socialiste depuis plus de 40 ans, Le Mans, aujourd’hui vendue aux idées socialo-macronistes, reste une citadelle à prendre. Dans l’idée de reprendre la Mairie, nous sommes deux conseillers municipaux à l’initiative de cette liste de rassemblement : Philippe Bougler, inscrit sur la liste LR en 2014, et votre serviteur, élu RN. Nous avons eu l’idée de créer l’association « Bâtissons ensemble l’avenir du Mans » en juin 2019, afin de fédérer les forces de droite dans notre ville et défendre une politique du bon sens. Notre maire actuel, Stéphane Le Foll, n’a pas la légitimité populaire ; il a en effet remplacé Jean-Claude Boulard (PS puis LaREM), décédé en juin 2018, sans passer par le vote des manceaux mais seulement par un vote du conseil municipal.

Notre liste est donc la seule qui rassemble : nous avons des personnes qui viennent de gauche, et de différents courants de la droite (Droite Populaire, ex-LR, ex-DLF, PCD, CNIP, etc…). Nos opposants sont en outre très divisés, car la gauche compte quatre listes, tandis que LaREM et LR ont chacune leur liste dissidente.

Quels sont les points d’honneur de votre programme ? Pourquoi ?

Notre programme vise à restaurer l’attractivité du Mans, pour ses habitants et pour ses visiteurs. Pour cela, nous avons 4 priorités : le retour de la sécurité, le développement économique, le rayonnement culturel, et enfin le retour à la propreté et à une écologie pragmatique.

Vous revenez souvent sur la question, récurrente, de l’insécurité. Quelles sont les mesures que vous mettrez en place pour y remédier ? 

Nous voulons doubler les effectifs de la Police Municipale (passer de 30 à 60 agents) car la sécurité passe par la réactivité des agents et leur fine connaissance du terrain. Nous souhaitons aussi étendre la vidéo-surveillance avec des caméras fixes et mobiles visionnées 24h/24. Enfin, nous sommes les seuls à proposer la création d’une brigade canine pour accompagner notre Police Municipale ainsi que la Police Nationale, notamment dans sa traque du trafic de drogues. Enfin, nous voulons pointer du doigt l’inaction de l’Etat et le laxisme de la Justice pour que chacun assume ses responsabilités. La seule action du Maire ne suffira pas.

Il existe deux visions de l’écologie, l’une, incarnée par la gauche, milite pour « sauver la planète », et une certaine autre, plus enracinée, cherche un retour au réel. Quelle est votre définition de l’écologie et pourquoi la défendre ?

Nous défendons une vision de l’écologie pragmatique, un état d’esprit. Il ne suffit pas de se dire écologiste pour l’être. Nous ne voulons pas d’une écologie punitive ni d’une écologie qui bien souvent se résume à de la communication. Nous voulons poser des actes concrets au service de nos concitoyens : par exemple, la réorganisation des tournées de collecte des ordures ménagères, la végétalisation des cours d’écoles dans les programmes de rénovation, ou la préservation de zones végétalisées dans chaque quartier, etc… Tout ceci nous semble être du bon sens. L’écologie ne doit pas avoir de couleur politique, elle doit sous-tendre toute politique municipale.

En tant que ville de taille moyenne, proche de Paris, et à la fois ancrée dans une Sarthe agricole et industrielle, ressentez-vous les impacts d’une fracture territoriale, évoquée par Guilluy ? Face à la métropolisation et à la désindustrialisation croissante, quelles solutions apporter ?

Le Mans fait partie de ces villes moyennes qui se vident de leurs habitants pour partir dans la grande couronne car ils recherchent la sécurité et des loyers plus modestes. S’il fallait résumer la fracture territoriale, celle-ci est une des conséquences de l’immigration massive et non intégrée, les foyers les plus modestes la subissent, et ils quittent la ville ou vivent dans les quartiers dits prioritaires.

Face à la métropolisation, nous devons être conscients que Le Mans est le moteur de la Sarthe pour faire profiter le reste du département du renouveau économique que nous mettrons en place. Nous devrons donc travailler en coordination avec le Conseil Départemental pour mettre l’attractivité retrouvée du Mans au service du reste de la Sarthe. Nous voulons aussi faire cesser l’extension des zones commerciales qui ruinent les commerces de proximité au Mans et dans les bourgs.

Face à la désindustrialisation, nous souhaitons développer l’excellence dans des domaines qui font déjà la notoriété du Mans : acoustique, rudologie (traitement des déchets), et mécanique, notamment dans l’automobile. A 1 heure de Paris, nous avons un atout géographique exceptionnel pour attirer talents, cadres et entrepreneurs afin de développer le numérique haut de gamme et répondre à des besoins non pourvus d’entreprises qui recherchent ces compétences.

La cité universitaire du Mans a son importance, malheureusement elle est à l’extérieur du cœur de ville, pensez-vous que les étudiants soient touchés par la vie politique mancelle ? Comment faire en sorte qu’ils participent activement à la vie du Mans ? Le cas échéant, quelles sont les ambitions que vous nourrissez pour eux ?

Malheureusement, je pense que beaucoup d’étudiants sont indifférents à la vie politique mancelle, ne serait-ce que parce qu’ils n’y votent pas. En revanche, comme pour l’économie, la municipalité a un rôle majeur à jouer pour impliquer les étudiants dans la vie locale. Nous envisageons de dédier du foncier disponible à la création de logements étudiants et pourquoi pas de réimplanter des écoles en ville. Faire revenir les étudiants et leur proposer des évènements sportifs, culturels et associatifs dans le centre-ville peut y amener du dynamisme.

Vous défendez l’identité du terroir sarthois et de ses traditions ancestrales. Quels sont les enjeux ? Vous parlez notamment dans votre campagne d’une cité médiévale fière de son héritage et de son histoire, et bien sûr de son circuit automobile, connu mondialement. Comment comptez-vous remettre le patrimoine manceau en valeur ?

L’enjeu est que les manceaux se réapproprient leur histoire. Nous défendons une vision enracinée de la culture comme moyen de transmission aux générations futures. En plus de recréer du lien social, je suis convaincu que cela augmente l’amour que les manceaux portent à leur ville. Nous voulons, entre autres, relancer les Cénomanies ; fêtes médiévales costumées qui se déroulaient dans le vieux Mans, désormais renommé Cité Plantagenêt. Nous proposons également de créer des circuits touristiques qui permettent de valoriser l’histoire de chaque quartier. Nous voulons aussi ouvrir la médiathèque de centre-ville le dimanche après-midi et ouvrir gratuitement les musées du Mans un dimanche par mois pour inciter les manceaux et les touristes à les redécouvrir ou leur permettre d’en profiter plus. Enfin, nous voulons créer un musée sur l’histoire industrielle du Mans.

S’engager aux municipales c’est faire le choix de la petite échelle géographique pour militer sur le terrain et servir le Bien Commun. J’imagine que vous suivez également les campagnes d’autres villes en France, d’autres listes, qui comme vous font le choix du rassemblement. Quelle est votre opinion sur la possibilité d’une union des droites ? Est-elle d’actualité ? Et comment voyez-vous l’avenir ?

L’union des droites est nécessaire mais c’est un préalable au grand rassemblement que nous appelons de nos vœux. En tant que conservateur, je partage une certaine idée de la droite, mais je défends une économie mise au service de l’homme et non l’inverse. En ce sens, beaucoup d’élus et d’électeurs qui se réclameraient pourtant de gauche, me rejoignent dans cette vision. Nous pensons que si les électeurs valident ce rassemblement à la base, ils créeront par leur vote les exigences de demain auxquelles les politiques devront répondre s’ils veulent être élus. Ces initiatives locales peuvent préfigurer ce grand rassemblement national.  Je suis donc très optimiste pour l’avenir !

Article écrit par Auteur Ponctuel

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