Jordan Bardella : « Nous n’avons rien de commun avec les députés républicains »4 min de lecture

Âgé de 23 ans, ancien président de Génération Nation (ex FNJ), Jordan Bardella est tête de liste du Rassemblement National pour les élections européennes. L’Etudiant Libre est allé à sa rencontre à l’occasion d’une réunion publique aux Herbiers (Vendée – 85), en avril dernier.

Les élections européennes approchent à grands pas. Quel regard portez-vous sur cette échéance ?

Ces élections sont particulièrement importantes, puisque l’enjeu est double. Enjeu européen bien sûr : l’Union Européenne est en faillite, et beaucoup de peuples n’en veulent plus. Aujourd’hui, les alliés du Rassemblement National (RN) arrivent au pouvoir un peu partout. L’Italie de Salvini, l’Autriche du FPO rendent enfin possible l’alternance au Parlement Européen, pour faire prospérer l’Europe des peuples. Il faut mettre de côté l’Europe qui ne marche pas, supprimer la Commission Européenne, et créer une Europe des Nations. C’est l’Europe qui a inventé les nations. Faire l’UE sans les nations, c’est fait l’Europe sans l’Europe.

Au delà de l’aspect européen, il y a aussi un enjeu national. Le 26 mai, les français iront aux urnes pour la première fois depuis l’arrivée d’En Marche (EM) au pouvoir. La situation, en réalité, est très simple : soit EM arrive en tête, et pourra poursuivre sa politique fiscale et sociale catastrophique, soit les français envoient un signal fort au gouvernement, en mettant la liste RN en tête. Nous avons lancé notre campagne très tôt, en janvier dernier. C’est une campagne que nous avons voulue locale, éloignée des grandes villes, proche des français qui souffrent. Cette France, c’est celle des oubliés, de la France Gilet Jaune confrontée à la fermeture des services publics.

Le RN fait partie du groupe Europe des Nations et des Libertés (ENL). Que rôle peut-il jouer au sein du Parlement Européen ?

L’enjeu, c’est la composition d’une majorité souverainiste capable de fédérer les partis qui veulent changer l’Europe. La changer vraiment, en profondeur. Cette alternance est rendue possible par la montée des partis alliés en Europe, et l’exclusion de Viktor Orban du PPE. Cette alternance est urgente. Depuis la fin des années 90, le PPE (la droite européenne) a les pleins pouvoirs. C’est le groupe des Républicains, celui qui a voté les quotas d’immigrés, etc. C’est le parti de Jean-Claude Juncker (président de la commission européenne), Donald Tusk (Président du Conseil Européen), Antonio Tajani (Président du Parlement Européen), et Angela Merkel. Bon courage pour réformer avec une telle majorité.

Trois listes se présentent à droite. Qu’est-ce qui justifie encore ce cloisonnement ?

Le cloisonnement est plus que justifié ! Nous n’avons rien de commun avec les députés républicains du PPE, qui ont voté pour la relocalisation des migrants dans les villes et villages français, le pacte de Marrakech, le regroupement familial, l’impôt européen (alors que les français expriment leur ras-le-bol fiscal!). Bellamy, je l’appelle « Bel-Alibi ». En faisant le choix des Républicains, il est devenu le futur instrument des trahisons de la droite. Une droite qui, depuis des années, contre-façonne le discours du RN, et qui une fois arrivé au pouvoir, met en place la même politique que la gauche ! Avec Nicolas Dupont-Aignan, c’est différent, il y a un programme commun. Mais il a fait le choix de l’intérêt de son parti contre l’intérêt du pays, préférant faire cavalier seul.

De toute façon, le vrai clivage n’est plus tellement entre la droite et la gauche, mais entre les localistes et les mondialistes. Soit on abandonne les frontières et on met en place des grands groupes régionaux, soit on revient au localisme, à la proximité, à l’enracinement. La frontière est un outil de protection. Pourquoi le RN irait s’allier avec ceux qui, depuis des années, travaillent à la disparition de ces frontières.

Quelle vision de la société française voulez-porter ?

Le peuple français doit reprendre le pouvoir dont il a été dépossédé par des commissaires européens non élus, inconnus du grand public. Notre vision de société, c’est la proximité, c’est redonner du pouvoir aux maires des petites communes. Cela passe également par la protection de notre civilisation, des racines chrétiennes de notre pays alors que personne ne parle de la montée des actes christianophobes. En réalité, le macronisme a deux jambes : la dépossession, et le déclassement. Le déclassement, il peut se constater tous les jours : combien de parents s’inquiètent de voir leurs enfants vivre plus difficilement qu’eux ? Quant à la dépossession, elle concerne à la fois la patrimoine matériel (Aéroports de Paris) qu’immatériel de la France. Macron a voulu imposer le clivage progressisme/populisme. Mais le progrès, c’est nous ! Nos idées progressent, arrivent au pouvoir partout. Les plus grandes puissances mondiales affirment leur identité (USA, Russie, Chine). Et pendant ce temps, la France se renie. Dans les écoles, dans les quartiers où j’ai grandit en Seine-Saint-Denis, on renie la France tous les jours.

Quelles solutions proposez-vous pour résoudre la crise migratoire ?

Le plus urgent, c’est de remettre des portes à la maison France. Cela passe par le rétablissement des frontières nationales, et une véritable politique dissuasive (à l’image de Salvini en Italie). La France est trop souvent prise pour un hôtel. Le droit d’asile a été totalement dévoyé (122.000 asiles en 2018, un record), et n’est même pas correctement appliqué. 95% des déboutés ne sont pas expulsés. Au cœur d’une crise sociale sans précédent, l’immigration est un fardeau économique gaspillant un argent qui devrait aller aux français.

Quel est le projet économique du Rassemblement National ?

Là encore, l’idée clef, c’est la frontière. On essaye de nous faire croire qu’on peut mettre sur un même plan des pays comme la France ou le Danemark, où le coût du travail avoisine les 36e par heure, et la Bulgarie, où il ne dépasse pas les 4,5e par heure. On ne peut pas mettre des pays aussi différents sur un même marché ouvert, sans réglementations. L’Europe que nous voulons, c’est l’Europe à la carte, qui permet aux grands champions européens de se réunir quant cela leur est bénéfique, dans les conditions qu’ils souhaitent. Alors que l’Union Européenne que nous subissons nous a fait passé à côté de toutes les grands défis du XXIème siècle : l’écologie, la 5G, l’IA, les économies d’avenir. L’UE, c’est aussi la faiblesse industrielle. Elle interdit le patriotisme économique, ne permet pas à un Etat d’aller au secours d’une entreprise en péril. J’ai visité récemment la papeterie sarthoise Arjowiggins, en liquidation judiciaire. L’Etat a les moyens de sauver cette belle entreprise et ses 600 salariés, mais l’UE l’interdit au nom de la sacro-sainte concurrence libre et non faussée. Tant qu’on ne réformera pas ces pratiques, l’UE continuera à affaiblir notre industrie.

L’Etudiant Libre est fait par et pour les jeunes. Avez-vous un message pour la jeunesse de France ?

Notre génération [NDLR : Jordan Bardella a 23 ans] a connu le chômage, la précarité, l’insécurité. C’est à nous de reprendre notre destin en main. Massivement, les jeunes doivent aller voter le 26 mai. Si nous ne reprenons pas le pouvoir pour défendre notre identité, notre modèle social, personne ne le fera à notre place.

Propos recueillis par Arthur Perrier et Etienne de Solages

Article écrit par Étienne de Solages

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