Jean Lassalle, amoureux de la douce France5 min de lecture

Jean Lassalle, homme politique de terrain

Quels sont les territoires délaissés aujourd’hui par l’État ?

D’une manière générale, l’ensemble de la France. L’État est d’abord un symbole. C’est l’un des éléments à la base de la construction de notre pays : la France s’est construite autour d’un État, grâce aux Rois, aux Empereurs et à la République. L’État c’est aussi un outil. 

 

« Le problème aujourd’hui, c’est que l’outil a pris le pas sur le symbole »

 

Le problème aujourd’hui est que l’outil a pris le pas sur le symbole, même s’il reste fort. L’outil, qui est désormais au service du Président et des majorités, ne fonctionne pas. Il n’y a pas de vision partagée. L’État joue sa partition sans écouter les Français. J’aurais commencé par réformer, dès mon élection, pendant les vacances. J’aurais aussi abrogé la loi NOTRe pour redonner la respiration nécessaire à la démocratie de proximité que tout le monde appelle de ses vœux. Donc il faut rendre l’État opérationnel. Il doit continuer à être un symbole porteur de la République au service des majorités choisies pour porter les aspirations du peuple.

 

Comment remédier à ces problèmes en tant que député ?

Après avoir fait de l’État un symbole, il faut que les représentants du peuple incarnent ce symbole. Aujourd’hui ils ne peuvent pas le faire. Ils apparaissent démunis. Ils ne sont pas pris au sérieux. 

 

« Il faut que les français redeviennent des citoyens « 

 

Il faut ensuite réorganiser le territoire autour des vieilles provinces, ce que le général de Gaulle avait voulu faire en 1969. Il faut réinjecter du pouvoir. On n’en a aucun parce que nous avons été rongés par la spéculation globalisée. 

C’est un envahisseur qui a tout déréglé. Nous avions un modèle, le modèle démocratique. C’est un système qui l’a remplacé. Nous avions un modèle, à la fois social et libéral, auquel les Français étaient attachés. Une vague de libéralisme effrénée a mis en place un modèle de spéculation de tous les instants. Tout a une valeur, tout s’achète à présent. Il faut réinjecter du politique, de la confiance et, pour cela, revenir à ce qu’ont imaginé les Gilets Jaunes, à la source de la politique, c’est-à-dire à l’échange et l’écoute. Il faut que les Français redeviennent des citoyens. 

Enfin, il faut réinjecter de l’argent, il n’y en a plus aujourd’hui. La situation économique est semblable à celle qu’il y avait à la veille d’une grande catastrophe. Pour relancer l’économie, je pense par exemple au projet des marées. C’est une source de production d’énergie nouvelle et non polluante qui va engager un mouvement et plaire à la jeunesse. Vous pourrez y travailler, en parler, l’appliquer localement ou l’exporter. Ça va recréer toute une dynamique, celle que connait la France quand elle va bien et qu’elle se donne une équipe qui la comprend. 

 Nous entretenons aujourd’hui un système mort, qui pose des problèmes en nous obligeant à importer du pétrole, à vendre des armes à nos pires ennemis au lieu de mettre de la paix.

 

Comment donner aux jeunes l’envie de s’impliquer localement ?

Justement il faut recréer un mouvement d’ensemble, comme nous y ont invités les Gilets jaunes. J’ai pensé à un grand débat, mais il faut que la machine soit en place sinon ça ne fonctionnera pas. Aujourd’hui on fait payer une taxe contre le réchauffement climatique. Il faut arrêter avec tout ça, les gens n’y comprennent rien ! 

Il faut se lancer, faire l’emprunt national, et puis lancer tout de suite, pour que les gens disent «ça y est, on a démarré les enfants». Ensuite, j’engagerais la campagne française comme grande cause nationale. Mais il faut que ce soit aussi partagé dans le 16e arrondissement, parce qu’il y en a qui pensent que les campagnes sont un poids mort, qu’elles ne servent plus à rien, qu’il faut y mettre les loups et les ours, et qu’il faut continuer à empiler les gens les uns sur les autres dans les villes et dans les banlieues. Ça ne marche pas. Il y a trop de gens dans les villes, entassés comme des souris alors qu’il n’y a plus que trois personnes dans les campagnes. Et quand il y a trois personnes, ils se mangent déjà le nez. Donc il faut remettre le local à la mode et une fois qu’on a fait le débat, il faut mettre le paquet. 

 

« Il faut remettre le local à la mode »

 

 Je veux retirer 3 milliards de contributions à l’Union Européenne, parce qu’elle ne fait plus son boulot, ce n’est pas la peine que je paie. Si j’injecte ça sur les territoires en cinq ans de mandat ça fait 15 milliards. Ça va relancer les petites entreprises locales qui vont voir des possibilités de boulot, et les jeunes pourront devenir entrepreneurs. Ça va aussi changer la vision des paysans qui sont aujourd’hui embêtés pour emprunter trois francs six sous. Ça va changer si je mets un sentiment irrésistible de retrouvailles entre l’homme et le territoire. Ça c’est magique, presque charnel. Les gens vont se dire : « C’est de nouveau possible, je ne vais pas devoir investir une fortune pour y arriver et puis je serai puissamment soutenu par tous ceux qui m’embêtaient il y a encore cinq ans ». 

Quand tu vas arriver dans ton exploitation avec ta copine qui n’aura jamais vu une vache ou un tracteur et encore moins une future belle-mère, elle ne va pas se carapater à quatre pattes tout de suite. Et puis si elle réalise qu’il y a un aéroport à proximité et même un TGV elle va rester avec son mari qui va reprendre une exploitation agricole. C’est simple d’une certaine manière. Mais il faudrait que je sois président. 

 

Que comptez-vous faire pour les élections européennes

Si j’ai des sous, j’y vais ! Faire une liste ouverte à des chefs d’entreprises, des élus locaux, des artistes, des jeunes, des moins jeunes, des retraités…À tous ceux qui ne sont pas représentés, que l’on n’entend pas et que l’on n’écoute plus. Je veux faire une liste pour rassembler tous ces Français qui souffrent, qui souffrent du capitalisme féroce, de l’abandon, de la désertification.   

 

Qu’est-ce que la France pour vous ? 

La France c’est un moment, c’est une éternité, c’est à la fois un symbole et un peuple turbulent et tourmenté. Douce France … Mais aujourd’hui la France, comme tous les autres pays, souffre de cette financiarisation qui étouffe nos vies et qui est un mélange d’anxiété et de problèmes… On n’est pas bien heureux. 

 

« La France c’est un moment, c’est une éternité, c’est à la fois un symbole et un peuple turbulent et tourmenté. »

 

Il faut redonner un futur à un pays qui aujourd’hui a peur et qui n’a plus confiance en rien et en personne. À partir de ce moment-là, ça va jazzer de nouveau. Mais on lui parle de l’Europe et de la globalisation. Et le Français voit son portefeuille qui se vide. La politique c’est un symbole, la politique c’est un rêve. Or ce n’est plus du tout ça. On est des chiffons. On fait le contraire de ce que l’on avait dit un mois plus tôt pour être élu, parce qu’il n’y a pas d’argent, parce qu’il n’y a pas de pouvoir, parce qu’il n’y a pas d’organisation territoriale. Alors résistons et au boulot !

 

Paul Guerry et Stanislas Rigault.

Article écrit par Paul Guerry

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