Jacques de Guillebon, le journaliste poète2 min de lecture

Jacques de Guillemin lors du lancement du journal l’Incorrect

L’élection européenne vient de se terminer. Quel rôle la presse écrite a-t-elle joué dans cette campagne? Les sondages ont-ils été surinterprété au vu des résultats ? 

 

 La presse écrite y a joué son rôle habituel, c’est-à-dire cette capacité de se livrer à de longs entretiens avec les candidats, leur donnant la possibilité de développer sereinement leur pensée et leur programme – ce qui évidemment tranche avec les pugilats télévisuels ou radiophoniques. C’est cette vertu-là qui demeure première dans la presse écrite, quoique le grand public ne s’en rende guère compte. Il s’en rendra compte trop tard, quand il n’aura plus rien à lire, sinon des gossips chez Morandini rédigés par des pseudo-IA. Et ce sera bien fait pour lui.

En septembre 2017 vous avez lancé le journal mensuel L’Incorrect, quelle en est la vocation première?

 

D’abord celle que je viens d’évoquer : prendre le temps et la place de réfléchir, de penser, de se cultiver de débattre, de s’insulter parfois, de s’aimer aussi. Mais aussi évidemment de parler à toutes les droites, sans exclusive, ce qui ne veut pas dire parler qu’aux personnes de droite. Mais essayer d’élargir le champ des références, notamment culturelles, de notre lectorat, qui s’est révélé d’ailleurs admirablement jeune, curieux, courageux et sympathique. Ce positionnement, emphatique mais crtitique, nous a permis d’échapper par exemple à l’hypnose Bellamy, hélas fort répandue parmi les autres médias de droite. 

 

Pourquoi avoir choisi de devenir journaliste? Quel est votre parcours professionnel et politique? 

 

Moi je voulais être poète. Mais comme disait Maurras, on entre parfois en politique comme en religion, et le virus m’a saisi. Je n’ai pourtant jamais été seulement journaliste, mais aussi essayiste et éditeur. Et j’entends bien continuer. 

 

 À l’heure des réseaux sociaux et des punchlines médiatiques, quel avenir pour la presse politique ancrée à droite? Risque-t-elle de disparaitre ou conserve-t-elle une certaine légitimité intellectuelle? 

 

 Plus les réseaux sociaux étendent leur pouvoir quotidien et permanent, plus le citoyen a besoin d’analyse, de décryptage et surtout d’enquêtes, d’entretiens et de « contenu » comme on dit. C’est là qu’est d’abord notre légitimité, et c’est un travail exigeant que le consommateur juge rarement à sa juste valeur, hélas. Depuis quelques années de nombreux journaux, radios, émission TV marqués à droite se mettent en place afin de contrer l’idéologie diffusée par la gauche

 

Considérez vous faire partie de ces médias alternatifs à la pensée unique, si oui pourquoi? 

 

Oui, bien sûr. Mais notre but n’est pas de rester alternatif : plutôt de devenir un jour hégémoniques, en toute modestie, aux côtés de nombreux autres vaisseaux médiatiques de droite. 

 

Au vu du dernier scrutin la droite est affaiblie et divisée. L’union des droites vous semble-t-elle être la meilleure solution pour reprendre le pouvoir et faire triompher nos convictions? 

 

 La droite est affaiblie dans la structure de ses anciens partis. Pas du tout dans sa pensée, dans son énergie ou son électorat, qui reste justement à prendre. C’est une formidable occasion de penser et de s’organiser au-delà des structures anciennes. Ce sera donc, oui, une union des droites mais non des partis de droite.

 

 Quels conseils pourriez vous donner aux jeunes qui souhaitent investir le terrain de la presse écrite pour prendre part à la guerre des idées et participer au bien commun ? 

 

De lire. De se cultiver. D’être courageux et audacieux. De ne jamais craindre la critique ni les quolibets. Et surtout de ne jamais écrire sous pseudo. 

Article écrit par Arthur Perrier

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