Éveilleurs d’Espérance, des résistants qui se forment – entretien avec Nicolas Sévillia4 min de lecture

Pouvez-vous vous présenter brièvement? Quelle a été votre formation, votre parcours?

Je suis marié et père de bientôt six enfants. Il me semble savoir que l’étudiant libre est né dans les couloirs de l’ICES en Vendée, et cela me donne l’occasion de vous parler comme un ancien étudiant de l’ICES et comme un vendéen de cœur. Vendéen de coeur car je lui dois tant et tant. Je dois d’abord à la Vendée mes diplômes universitaires, car j’ai obtenu à l’ICES en 2006 ma maîtrise de droit public, complétée ensuite par un DEA de droit public à Paris V La Sorbonne. Je lui dois ensuite mon mariage, car j’ai rencontré mon épouse dans les couloirs de l’ICES en 2002. Je lui dois ma première fille Zita, qui est née à La Roche sur Yon en 2008. Et je lui dois l’enthousiasme de ma première aventure professionnelle auprès de Philippe de Villiers, dont j’ai été le chef de cabinet au Conseil général, jusqu’en 2009. Expérience inoubliable qui m’a tant apporté sur le plan professionnel, et à l’origine d’une belle amitié avec un homme que j’estime tant. J’ai ensuite regagné la région parisienne pour le Sénat où j’ai d’abord été assistant parlementaire d’un sénateur vendéen, Philippe Darniche, avant de rejoindre le cabinet du maire de Boulogne-Billancourt dont j’ai été le directeur de cabinet adjoint jusqu’en 2015. Depuis cette date, je suis fier de servir l’œuvre du Professeur Jérôme Lejeune au sein de la Fondation qui porte son nom et dont je suis le secrétaire général. 

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à entreprendre dans le domaine de la métapolitique?

La conviction que le combat culturel et la formation précèdent tous les combats politiques. J’aime cette citation d’Albert Camus, qui disait que « Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. » L’action et l’engagement ne sont pas réservés à quelques-uns. Il y a urgence non seulement pour notre pays, mais aussi pour nos familles. Qui pourra se plaindre demain d’avoir tout perdu s’il n’a jamais eu l’audace ou pris le temps de se former et de résister. En ce sens, mon engagement à la Fondation Jérôme Lejeune est aussi un engagement métapolitique. Car le respect de la vie est la question qui commande toutes les autres. C’est un projet spirituel et eschatologique lié à la vérité révélée depuis nos origines.

 

Quelle est l’ADN d’Éveilleurs d’espérance ? Existe t’il une doctrine propre à cette organisation? Quelles sont les valeurs que vous entendez promouvoir?

Les éveilleurs d’espérance, avec leurs petits moyens  mais avec leurs grande audace ont une aspiration : devenir un laboratoire de la reconstruction. En se formant sur les thèmes culturels, économiques, historiques ou politiques au cœur de l’actualité, mais aussi en proposant des moyens d’action et d’engagements concrets au service de la Cité et du Bien commun. Nous avons, nous, notre génération, une revanche à prendre sur tous ceux qui, en un petit demi-siècle, ont brisé l’ensemble de nos attachements vitaux, à la recherche d’un marché planétaire sans frontière, et d’un homme nomade, désaffilié, et désexué. Si nous n’agissons pas, les intelligences auront définitivement cessé demain de s’élever, et nos cœurs de battre. Nous n’aurons plus de culture, nous n’aurons plus de patrie, nous n’aurons plus de familles, nous n’aurons plus de parents ni de frères et sœurs. Nous n’aurons même plus d’enfants car ils nous auront tout pris, de notre ascendance jusqu’à notre descendance. Depuis quatre ans nous avons reçu de grandes personnalités mais aussi des héros discrets du quotidien, qui ont en commun et au cœur l’amour de la France mais aussi le désir de servir. Avec la jeunesse engagée que vous représentez aujourd’hui, j’ai la conviction et l’espoir que l’avenir nous appartient. Je pense à cette observation très juste de Philippe de Villiers, dont l’œuvre en plein développement du Puy du fou qu’il a créé il y a 40 ans confirme que  le déracinement déracine tout sauf le besoin d’enracinement. Et nous croyons que le réel se manifeste malgré nous même quand nous prétendons le nier. La preuve en est de cette génération qui sait combien la France dont elle a hérité est le fruit patient d’une longue sédimentation du temps et de la raison. Il nous faut prendre appui sur cet héritage pour rebâtir la France.

Est-ce le simple attachement à la liberté d’expression ou un engagement métapolitique qui vous pousse à donner des tribunes à des ambassadeurs d’idées controversées?

Nous ne donnons pas des tribunes à des ambassadeurs d’idées controversées, nous les opposons à d’autres intellectuels pour décloisonner le débat d’idées et confronter des visions ou des pensées divergentes. Oui, c’est l’héritage de notre civilisation qui nous commande de pouvoir discuter librement de tous les sujets et de permettre à chacun de trouver le chemin de la vérité. C’était l’objectif de notre soirée organisée en partenariat avec Valeurs Actuelles sur l’avenir de l’Europe.

Par votre grand débat du 25 avril dernier, n’avez vous pas peur de donner du crédit à la thèse du nouveau clivage populistes/progressistes voulu par Macron?

Non, il ne fallait pas observer cette soirée sous le seul prisme des partis politiques. Tous les courants de pensées ont été représentés : Eric Zemmour et Philippe de Villiers pour le courant identitaire et souverainiste, François-Xavier  Bellamy pour le courant de pensée néo-conservateur, Bruno Le Maire et Jacques Attali pour le courant « progressiste » et libéral libertaire. Ce que veut Emmanuel Macron ne nous intéresse pas particulièrement. Notre démarche s’inscrit sur le temps long, et dépasse très largement celui qui occupe provisoirement le poste de chef de l’Etat. Rappelons-nous de ces célèbres paroles de Bernard de Chartres qui nous invitent à méditer humblement sur notre condition humaine : «Nous sommes des nains juchés sur des épaules de géants. Nous voyons ainsi davantage et plus loin qu’eux, non parce que notre vue est plus aiguë ou notre taille plus haute, mais parce qu’ils nous portent en l’air et nous élèvent de toute leur hauteur gigantesque.» Inspirons-nous de tous les géants qui ont fait la France et la grandeur de notre civilisation.

 

Propos recueillis par Paul Guerry

Article écrit par Paul Guerry

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