Entretien avec Sébastien Pacull candidat à Sète4 min de lecture

Etudiant Libre : Vous êtes candidat à la mairie de Sète, à la tête d’une liste assez particulière. Quelle est sa spécificité ?

Sébastien Pacull : Sa spécificité est de rassembler des personnes de tous les partis de droite, une majorité de citoyens, mais aussi des personnes issues de la gauche et du parti animaliste qui, au-delà de leurs appartenances politiques, ont en commun l’adhésion au projet que nous avons développé pour Sète et leurs oppositions à la politique d’Emmanuel Macron.

EL : Vous avez été, pendant douze ans, l’adjoint de François Commeinhes (LR) à la mairie de Sète, et président de la fédération héraultaise des Républicains jusqu’en septembre dernier : comment en êtes-vous arrivé à vouloir incarner l’union des droites ?

S.P : Pour moi, les républicains sont devenus un parti schizophrène ! Soutenir des maires ayant l’étiquette de la REM était la ligne rouge à ne pas franchir. 

Ce genre de posture est une trahison pour celle et ceux qui, comme moi, défendent une opposition à la politique du gouvernement et notamment à la réforme des retraites. Je vois aujourd’hui les députés LR s’indigner devant l’application du 49.3. Quelle sera alors la position d’un maire élu avec la double étiquette ? Nous voyons bien que l’histoire me donne raison. 

Un politique pour être respecté doit incarner des valeurs et des positionnements clairs. Après avoir assisté à plusieurs commissions nationales d’investiture, 2 camps se dessinent clairement au sein des LR. Celui des liquidateurs du parti, favorables à En Marche et ceux qui incarnent une ligne de Droite traditionnelle qui ne sont plus respectés. À parti de là le divorce est inéluctable.

EL : Votre liste est notamment soutenue par le Rassemblement National et par Nicolas Dupont-Aignan, qui est venu vous voir à Sète. Cette alliance inédite a grandement agacé les instances de votre ancien parti, qui vous a qualifié « d’apprenti sorcier ». Comment analysez-vous cette réaction ?

S.P : C’est une réaction d’apparatchik. Il est évident que ceux qui ont un intérêt financier de rester à la tête des fédérations ne peuvent pas voir d’un bon œil les alliances que j’ai réussi à constituer. 

Mais aujourd’hui il est grand temps d’écouter le peuple de Droite qui réclame ces alliances depuis des années et de ne plus tomber dans le piège de la division tendu par François Mitterrand depuis 1981.

Si sur certains points nous avons quelques divergences, ce qui nous rassemble est infiniment plus important que ce qui nous oppose.

EL : Sétois enraciné, vous faites un constat alarmant sur la vitalité de votre ville : chômage, paupérisation, insécurité, désertification, etc. Comment expliquez-vous ce déclin ?

S.P : Nous avons un maire sortant qui, s’il a bien œuvré durant 8 ans, à sombré dans le clientélisme et la « girouétisation » politique. Aux décisions, il a préféré les promesses et les compromis. Depuis longtemps, il a abandonné le terrain du développement économique pour une politique purement cosmétique visant à donner au Sétois et aux Sétoises l’illusion d’une ville en plein essor.

EL : Les élections à venir vous opposeront à une liste d’union des gauches portée par la France Insoumise, Europe Écologie Les Verts et le Parti Socialiste. Comment expliquer que le mandat d’Emmanuel Macron, que vous attaquez très sévèrement sur votre site de campagne, amène des familles politiques longtemps brouillées à s’unir ?

Erreur sur union des gauches

S.P : Emmanuel Macron voulait effectivement incarner l’image d’une France unie et en marche lors des dernières présidentielles. Sa politique progressiste, ultra libérale et sourde aux complaintes des Français a effectivement réussi à les unir… contre lui !

Si la France est encore une nation riche et socialement généreuse, la brutalité des réformes d’Emmanuel Macron n’a fait qu’exacerber colères et revendications.

EL : Seul candidat de droite, vous ferez également face à un très net embouteillage au centre. Le maire sortant, soutenu par LR et par la République en Marche, devra batailler contre une liste UDI portée par un ancien adjoint, et un candidat LREM dissident. Cette situation peut-elle vous être favorable ?

S.P : Effectivement, cette situation nous est favorable, puisqu’aujourd’hui la population m’identifie comme le seul candidat de droite.

EL : Dans votre programme, vous annoncez vouloir porter une attention particulière à la rénovation des écoles et des églises sétoises. Éducation et patrimoine culturel enraciné : une certaine vision de la politique ?

SP : Un adulte qui réussit est un enfant auquel on a donné les chances d’obtenir les meilleures conditions d’apprentissage et d’éducation. Une ville qui réussit, et une ville qui attire et on sait, aujourd’hui, que les parents choisissent d’emménager dans les zones qui offrent les meilleurs cadres scolaires. La « bonne éducation » est donc un socle nécessaire à la vie de la cité.

Notre ville à de profondes racines chrétiennes.  Elle a été bâtie autour de notre église Saint Louis, qui fut le socle de l’intégration des populations italiennes et espagnoles à leurs arrivées à Sète. 

De plus, Sète grâce aux joutes, à sa culture latine et occitane, est une ville qui rayonne par sa tradition et son identité. Mon rôle en tant que maire sera de préserver cette singularité afin qu’elle puisse être transmise aux générations futures.

EL :Vous reprochez également au maire sortant d’avoir négligé les intérêts d’une classe moyenne lessivée, grande perdante de la mondialisation et du libéralisme. Comment espérez-vous redonner à cette population la possibilité de vivre heureux et convenablement à Sète ?

S.P : Aujourd’hui, les Sétois doivent quitter la ville faute de logements accessibles et de propositions d’emplois insuffisantes sur notre territoire. Si, de l’extérieur Sète, est une ville qui a de nombreux atouts, elle est devenue une coquille vide dans laquelle il a été construit des milliers de logements t alors même que nous avons perdu 1000 habitants. 

L’équipe sortante n’a pas porté d’attention à la création d’emplois, pour privilégier une politique culturelle qui a donné une certaine visibilité à la ville, mais dont les résultats n’ont jamais été mesurés. Nous nous devons donc de recréer les conditions nécessaires pour que les Sétois puissent vivre, travailler et se loger à Sète. Cela passe par la redynamisation du centre-ville, la création d’une zone économique à l’entrée de notre ville et la promesse de 0% d’augmentation des impôts locaux.

 

Article écrit par Étienne de Solages

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