Coronavirus : entretien avec Agnès Thill3 min de lecture

Agnès Thill a accepté de répondre à nos questions sur le « coronavirus » qui est fortement présent dans l’Oise son département d’origine.

La presse vient d’annoncer un troisième décès dans l’Oise à cause du ”coronavirus », quelles mesures vont être mise en place dans le département ? 

Méfions-nous du « à cause » : les victimes recensées sont des personnes âgées, vulnérables, atteintes d’autres pathologies, et dont les forces pour lutter sont amoindries. 

Cela dit, les services de l’Etat et du monde de la santé ont pris plusieurs mesures pour endiguer l’épidémie :

Tout d’abord, dans le « cluster » (zone de confinement), c’est-à-dire dans la zone la plus touchée et la plus sensible, la préfecture et l’académie ont décrété la fermeture des écoles

A l’échelle du département, tout rassemblement collectif est interdit, et un numéro d’information a également activé par la préfecture de l’Oise, numéro qui reçoit entre 300 et 400 appels par jour. 

J’en profite justement pour saluer tous les membres des services de l’Etat, des mairies, les personnels médicaux, et tous ceux qui contribuent à la bonne gestion de cette maladie, et qui s’investissent avec générosité pour limiter la diffusion du virus.

Qui du virus ou de la peur causée par ce virus, vous inquiète le plus ? 

En réalité, le virus le plus dangereux, c’est la peur. Vous connaissez sans doute ce magnifique roman de Jean Giono, Le Hussard sur le toit. Le récit se déroule lors de la deuxième pandémie de choléra des années 1830. Mais la maladie a ici une valeur allégorique. Le choléra révèle l’égoïsme, la peur, la passivité… Ce sont ces personnages qui ont ces traits de caractères qui attrapent la maladie. Angélo, le personnage principal, garde la tête froide devant la maladie, et n’est donc pas touché par elle. Dans le roman, c’est la peur du choléra qui tue, pas le choléra lui-même.

Alors évidemment tout cela est romancé, et dans le cas du Coronavirus, la maladie est bien réelle, et il est important de prendre toutes les mesures indiquées pour éviter la contagion (mesures qui relèvent du simple savoir-vivre et de toute éducation élémentaire) : se laver régulièrement les mains, éternuer dans son coude etc… Mais il faut avant tout garder son sang-froid, et ne pas s’empêcher de vivre pour s’empêcher de mourir.

Vous êtes député de l’Oise, qui est le département le plus touché pour le moment par le virus, quel regard portez-vous sur les infrastructures médicales de cette zone ? 

Dans les hôpitaux de Creil et de Compiègne, le « Plan Blanc » a été déclenché pour faire face à l’épidémie. L’hôpital de Beauvais est l’hôpital référencé. La mise en œuvre de ce plan est souvent un très bon révélateur de l’état d’un système de santé, de son efficacité, et de sa capacité à absorber une crise sanitaire. 

En effet, ce plan implique l’ensemble des professionnels d’un établissement (administratifs, médecins, soignants, personnels techniques), organisés autour d’une cellule de crise qui organise :

  • Le rappel de tous les personnels médicaux, paramédicaux et autres hospitaliers ;
  • La mise à disposition de lits supplémentaires ;
  • La coordination entre le SAMU et les services d’urgence pour assurer la prise en charge des patients la meilleure possible ;
  • L’adaptation des stocks de matériel et de l’équipement des chambres ;
  • L’intervention de la cellule d’urgence médico-psychologique pour soutenir les patients et leurs familles.

Ce que l’on peut constater jusque-là, c’est que le système de santé isarien opère la gestion de l’épidémie avec une organisation et un professionnalisme qu’il convient de saluer.

Mais nous ne devons pas oublier que cela n’est possible que grâce à la mobilisation totale des personnels soignant, qui travaillent avec courage et abnégation sous une pression constante, aggravée par une démographie médicale très mauvaise dans la région, et la mise en confinement de plus de 200 soignants. 

En tant que parlementaire que pouvez-vous essayer d’apporter en terme de solution face à ce type de crise ? 

Tout d’abord, c’est au pouvoir exécutif qu’il revient de gérer cette crise. Un député, lui, a deux missions : légiférer et contrôler le gouvernement. C’est sur ce deuxième point que nous avons un rôle à jouer, en interpellant le ministre de la santé comme l’on fait mes collègues Pascal Bois et Maxime Minot, également députés de l’Oise, lors de la dernière séance des questions au gouvernement. 

Les Français ne pouvant pas poser directement leurs questions aux ministres, nous le faisons pour eux, en tant que représentants de la nation, c’est-à-dire en tant qu’intermédiaires entre les français et l’Etat. Les parlementaires sont là pour s’assurer de la transparence et de la bonne information des français.

Enfin, il ne faut pas que cette crise évince les autres sujets d’actualité de premier ordre dont l’ouverture par Erdogan d’un corridor migratoire dans lequel se précipitent des dizaines de milliers de réfugiés, et en France, l’utilisation par le Gouvernement du « 49.3 » pour imposer la réforme des retraites à l’Assemblée.

 

Article écrit par La redaction

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