Agnès Thill « Nous avons une responsabilité, nous avons le devoir d’agir et de nous exprimer ! »3 min de lecture

Agnès Thill a répondu aux questions de l’Etudiant Libre.

Quelles sont les raisons qui vous poussent à rejeter la PMA ?

Mon opposition est d’ordre philosophique. Les partisans de la PMA ont une idéologie intégralement faussée : ils considèrent qu’au nom de la liberté tout désir doit être assouvi, que tout ce qui est possible est souhaitable, et que si quelque chose est possible ailleurs, alors ça devrait l’être aussi en France. Je m’oppose à cette vision du monde néfaste qui trompe l’Homme sur sa liberté, réduit l’être humain à ses gamètes, la procréation à une technique, et qui, pleine de contradictions, promeut une idéologie qui élimine et choisit, ce qui est dangereux pour notre démocratie. Le principe de précaution doit prévaloir, il vaut pour tout, sauf pour l’homme.

Quels en sont les plus grands risques ?

 Ils sont très nombreux : Réduire la procréation à une technique, créer sciemment des orphelins de père, créer des situations précaires avec les femmes seules… Pire encore : On augmente le possible humain. Nous nous dirigeons inéluctablement vers un eugénisme possible, vers la sélection et la marchandisation de ce qui constitue l’humain. Cette idéologie gouvernée par ses seuls désirs perd complètement le sens des limites de l’homme et perd l’homme dans une surpuissance humaine.

Vous étiez Députée LREM, pourtant Emmanuel Macron n’a jamais caché son désir de faire passer la PMA. Alors pourquoi avez-vous rejoint LREM dans ces conditions ?

Pour le citer lui-même en 2016 sur RTL: « On se fout des programmes, ce qui importe c’est la vision ». Effectivement, la PMA y était, c’est toute la subtilité de la chose, on glisse dans le programme un acronyme sur lequel personne ne s’arrête : On n’avait pas promis des enfants sans père, on n’avait pas promis qu’on créerait des situations de femmes seules avec enfants, que le tout serait remboursé par la sécurité sociale, on s’était bien gardé de s’en vanter. Aurions-nous été élus en tenant de si clairs propos ? La PMA pour Toutes, c’est cela. Une fois au pouvoir, on peut tranquillement affirmer : « c’était dans le programme, on a été élu pour ça ». Alors que le mouvement ne s’est pas construit autour de l’éviction des pères.

Le « nouveau monde » paraît plus fermé que jamais, et finalement plus autoritaire que jamais. Comment expliquez-vous ce phénomène ?

Je citerais cette fois-ci le ministre Castaner : « un parti qui exclut est un parti sectaire » LREM a donc signé son sectarisme en m’excluant. Le problème est la liberté d’expression que LREM a bâillonnée alors que liberté de conscience et liberté d’expression sont intimement liées. En réalité, ceux qui se disaient de gauche hier sont recyclés chez LREM. Avec LREM, ils mènent le dernier combat d’une gauche à l’agonie, qui pense que toute différence est forcément une inégalité. Bien loin l’époque du droit à la différence. Alors ils ne légifèrent plus pour un corps social tout entier, mais pour des communautés qui au nom de la lutte contre les inégalités obtiennent ce qu’elles veulent. C’est l’ébauche de la loi du plus fort. Le seul intérêt général qui doit nous guider y perd.

Vous étiez au cœur de la machine En Marche. Y a-t-il beaucoup de personnes apeurées à l’idée de s’opposer au gouvernement ?

 En fait, l’histoire est plus complexe. Les députés qui s’opposeraient au gouvernement ne vont pas être directement exclus, mais progressivement marginalisés. Par exemple ils n’auront pas la commission qu’ils souhaitent, ou moins de temps de parole… C’est ensuite, si le député persiste, que ça devient

plus grave. Ne pas suivre le groupe, c’est comme une mort politique. Ceux qui s’opposent à LREM vont mourir de cette façon. Je ne vais pas demander aux collègues LREM de mourir pour leurs idées, mais en ce qui me concerne, je n’avais pas peur de cette mort. C’est cette liberté qui m’a permis d’aller jusqu’au bout.

Allez-vous manifester dimanche 6 octobre ?

 Bien sûr ! Pour porter la voix des nombreux français qui sont opposés à ce dangereux projet. Les Etats Généraux de la Bioéthique s’y sont opposés, l’Académie de médecine, les collectifs de médecins, les juristes, certains sondages, certaines études, s’y sont opposé, on ne les a pas écoutés. On n’écoute pas non plus l’opposition puisque le temps législatif programmé restreint énormément les débats. Nombreux sont les anonymes qui me remercient de porter leur voix. Pour eux, pour ces enfants qui pourront demander des comptes à l’Etat, et au moins pour ma conscience, le mensonge (de la filiation par exemple) ne passera pas par moi. On ne peut pas dire « je suis contre mais je reste dans mon canapé ». Nous avons une responsabilité, nous avons le devoir d’agir et de nous exprimer !

Article écrit par Stanislas Rigault

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