L'Étudiant Libre

Crédits : Pixabay

Il est loin le temps où le journalisme était un métier de grands hommes indépendants, fiers et incorruptibles qui, armés de leurs calepins, menaient des enquêtes au grand jour, traquant les scandales et les criminels. L’époque des articles enflammés qui ont marqué l’Histoire, du J’accuse de Zola, où les hommes de plume faisaient trembler les traîtres et les politiciens. Une seule page, cinq colonnes pouvaient faire basculer l’opinion publique. Et pourtant, le coronavirus n’existait pas plus que le journal de vingt heures. Pour convaincre, il fallait argumenter, et discuter. Le XIXème siècle fut celui de l’essor de la profession. Les journaux se multiplièrent, et avec eux, les journalistes aussi. Mais après avoir connu son heure de gloire, elle s’avilit pour se mettre à la botte des puissants de ce monde. Aujourd’hui, le journalisme est la communication de l’État, Gabriel Attal risque le chômage un peu plus chaque jour à cause de BFM ! Et ce changement d’essence ne va pas sans changement de méthodes. On évoquera le reportage de Médiapart sur le Livre Noir, ou encore celui de TMC sur l’entreprise Kalos.

À la base de cette décrépitude vient le mensonge. Par la dissimulation tout d’abord (couper les bandes-son, porter des caméras cachées, faire des infiltrations,…), mais aussi par la manipulation. On a vu des journalistes interroger des mineurs pour leur faire dire ce qu’ils voulaient entendre. Terrible outil que le mensonge pour un métier dont la vocation première est d’informer : ne serait-ce pas d’ailleurs l’esquisse d’un aveu d’impuissance ?

Être journaliste, que ce soit de droite ou de gauche, devrait être un gage de sincérité. Pas de neutralité, il est impossible de ne pas prendre de parti lorsqu’on informe, et encore moins lorsqu’on fait de la politique, mais au moins, de bonne foi. Informer d’abord, plaider, défendre, dénoncer, critiquer, convaincre, mais jamais, ô grand jamais, influencer. Retrouver la noblesse de la plume, et par la même occasion, la confiance de ceux qui nous lirons. Et que dire de l’émergence de nombreux médias de « réinformation » ? Rien que leur titre suffit à nous confirmer, si on en doutait encore, que le grand, que le beau journalisme est mort. L’âge d’or s’en est allé. Mais qui sait ce que l’avenir nous réserve ?

Dis, je crois que nous t’avons trop longtemps veillé, entre deux chandeliers fumants. Il serait temps de te réveiller, pour revenir à la splendeur des jours passés. Lorsque les méthodes Quotidien ne seront plus la norme, nous serons libres d’informer !

Faustine Lambert

Faustine Lambert

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Éloge funèbre du journalisme
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