[Edito #4] Le jugement des juges4 min de lecture

Car avant même de juger le criminel et l’innocent,
Ce sont les juges tout d’abord qu’il faudra bien que l’on rassemble,
Qui sortiront de leurs tombeaux, du fond des siècles, tous ensemble,
Sous leurs galons de militaire ou leur robe couleur de sang,
Les colonels de nos falots, les procureurs dont le dos tremble,
Les évêques qui, face au ciel, ont jugé ce que bon leur semble,
Ils seront à leur tour aussi à la barre du jugement.

Robert Brasillach, 13 janvier 1945

 

On pourrait disserter longtemps sur les causes – immédiates ou lointaines – qui ont conduit notre pays dans l’abominable marasme de ces temps. Depuis des années, toutes les familles de la droite s’échinent à trouver un coupable, un facteur principal, une année zéro au suicide français. Ces considérations, si déprimantes soient-elles, sont souvent l’occasion de débats passionnants, tant philosophiques qu’historiques. Pour une fois, néanmoins, permettons-nous de penser moins largement, afin de se consacrer un instant à l’une des corporations félonnes qui mènent la France au désastre. Permettons-nous surtout de préférer la colère de l’instant au stoïcisme des plus sages. Pas de grands principes, mais des faits presque anodins, sinon divers. Des faits, et des coupables.

Puisqu’un certain virus nous prive des derniers plaisirs de la vie, cet édito sera par ailleurs présenté sous la forme d’un menu (avec viande, celui-ci), afin de rappeler à nos bons souvenirs ce que fut la vie, jadis. Autant être honnête : la carte est médiocre, et l’addition salée.

L’apéritif avait lieu à Beauvais, à quelques dizaines de kilomètres au nord de Paris. Pour picorer, quelques policiers appelés pour une intervention dans un quartier « de reconquête républicaine ». Sans grande surprise – qui peut encore avoir l’audace de s’en étonner ? – ces derniers sont immédiatement pris pour cible par des « jeunes », dont la prétendue peur de la police semble décidément bien contrôlée. Mortiers d’artifices, projectiles en tout genre, le compte est bon. L’entrée est déjà moins digeste. Les policiers, évidemment en sous-nombre, sont contraints d’appeler des renforts avant de prendre la fuite, sous les regards hilares de leurs ennemis du jour. Pour assaisonner l’ensemble, quelques menaces de mort, et cette expression qui vient signer l’attaque : « Le Coran, tuez-les ! ». Le plat principal suit tout naturellement. Quelques jours durant, les affrontements s’enchaînent entre « jeunes » et forces de l’ordre. Les poubelles et les voitures brûlent, Gérald Darmanin condamne « avec la plus grande fermeté », rien de nouveau sous le soleil. Quatre Vandales sont arrêtés, parmi les dizaines d’autres ayant pris part au festin. Place au dessert, donc. Les quatre interpellés sont jugés en comparution immédiate. Une façon pour la justice, sans doute, de montrer à ses naïfs fauteurs de trouble qu’elle ne perd pas de temps, et sait sévir avec vigueur et détermination. Les ingrédients, quant à eux, sont pour le moins classiques.

Mohammed B., 34 ans, se voit infliger huit mois de prison ferme. Auparavant, il avait été condamné à vingt-et-une reprises. La juge n’ayant pas demandé de mandat de dépôt, il ressort libre.

Bakary N., 18 ans, est condamné à six mois de prison ferme pour « violence sur personne dépositaire de l’autorité publique ». La juge n’ayant pas demandé de mandat de dépôt, il ressort libre.

Le troisième larron, âgé de 20 ans, est à l’origine des menaces de mort, et de la charmante expression faisant référence à une certaine religion de paix. La juge le condamne à dix mois de prison avec sursis, il ressort libre.

Le dernier lascar, enfin, était poursuivi pour « participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences ». La juge le relaxe, il ressort libre.

Durant trois jours et trois nuits, ces quatre hommes et leurs semblables ont attaqué la police française, blessé trois policiers, et contraint les forces de l’ordre à la fuite. Ils ont fait se déplacer le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur de leur pays terrain de jeu. Gérald Darmanin l’a même assuré, en arrivant sur place : « Rien ne restera impuni ». Hélas pour lui et pour ses effets d’annonce, la présidente du tribunal a préféré laisser dans la nature trois racailles (re) condamnées à de la prison ferme. Au cours de l’énoncé du verdict, elle a même estimé que « le trouble à l’ordre public n’était que mesuré ». Pensez-vous : mettre une ville de France à feu et à sang ; attaquer et blesser des policiers et des pompiers ; mettre en déroute, avec une facilité déconcertante, la seule violence légitime qui soit ; diffuser le tout sur les réseaux sociaux en se gaussant, cela reste « mesuré ».

Assurément, il y a quelque chose de parasitaire dans cette caste juridique, payée sur nos impôts, assurée d’une rente permanente, auréolée du prestige du magistrat, avilissant l’idée même de justice. Si passent encore leurs intrusions répétées dans le jeu politique, parfois justifiées, rien n’est plus insupportable et mortifère que la chape de plomb juridique qu’ils font peser sur la France. L’Etat, la politique, les idées, jusqu’aux moindres aspects de la vie quotidienne sont colonisés par un droit toujours plus intrusif et vorace, tant il est certain de sa supériorité morale. Encore cela serait-il acceptable, si ces mêmes juges accomplissaient en parallèle la mission qui est le leur : juger, condamner et faire incarcérer ceux qui font peser sur les Français une menace permanente, repoussant toujours plus loin les limites de la sauvagerie. Hélas, il est sans doute plus facile de condamner à des peines absurdes les militants maladroits de quelque honorable cause, coupables de ne pas se conformer à la médiocrité de leurs temps. Peut-être que ces quelques égarés, un jour, parviendront à la victoire. Alors,

« Ceux-là qui pendant des années ont perdu leur sang et leur sève
Par le juge et par le mouchard, et par Caïphe et par Judas,
Ils verront le grand Condamné, roi des condamnés d’ici-bas,
Ouvrir pour juges et jurés le temps de la grande relève. »

Article écrit par Étienne de Solages

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