Tribune : Nos biens essentiels2 min de lecture

A l’heure où le gouvernement, magnanime avec les gueux, nous permet de savoir ce qui est de l’ordre de l’essentiel ou du non-essentiel, et que les commerçants sont sous la menace d’une nouvelle fermeture, l’exemplarité d’un citoyen se mesure à sa capacité à accomplir ce parfait triptyque : regarder des séries sur Netflix, commander son dîner sur Deliveroo, et acheter des pâtes et du papier-toilette à l’hypermarché.

Mais nos biens essentiels ne se retrouvent pas vraiment dans cette liste. Quels sont-ils ?

Ce sont nos commerces de proximité, la boulangerie, ou boulangerie-pâtisserie, ou encore boulangerie-sandwicherie, ce que vous voulez tant que ça n’est pas une briocherie, c’est-à-dire une succursale démoniaque où les pains au chocolat sont décongelés comme du poisson pané.

Ce sont nos boutiques de vêtements, de chaussures et de chapeau. C’est trop cher par rapport à Amazon, ou bien est-ce Amazon qui est trop peu cher, ne payant pas ses impôts en France et exploitant des travailleurs par sa maîtrise hors-norme du dumping social à l’échelle mondiale ? Allez savoir !

Ce sont nos boucheries, nos épiceries et nos cavistes, ceux-là mêmes qui sont capables de nous faire découvrir des bouteilles incroyables pour le prix d’un demi-paquet de cigarettes. Et s’il faut acheter du champagne, on renoncera aux cigarettes.

Ce sont nos restaurants de quartier et nos tables étoilées, Philippe Etchebest et Hervé, vous savez, l’Aveyronnais qui prépare un aligot saucisse délicieux à deux pas de l’arsenal, à Paris. Nos bars à vin, nos bars à bière, nos bars à tapas nos rues d’la soif.

Ce sont nos cinémas, nos théâtres et nos musées : la Liberté guidant le peuple est en confinement, prend la poussière et ne guide plus grand chose, les rideaux de la scène sont tirés, le cinéma est à l’agonie. Pas vraiment envie d’en plaisanter, là, tout à coup.

Ce sont nos universités, la Sorbonne créée par Saint-Louis – le savent-ils seulement encore ? – et les écoles publiques, privées, sous contrat, hors contrat, bref, tout ce qu’il peut y avoir de savoir et de transmission dans notre beau pays. Tout ça pour enfermer des enfants entre Tiktok et Google Meet pendant des mois, offrir le bac dans un kinder-surprise, rouler sur le sort des étudiants à coups de pelleteuse et s’étonner du chômage des jeunes. Abrutis.

Ce sont nos exploitations agricoles, quand elles ne sont pas emmerdées par les babas-cool d’Hugo Clément. Ont-ils seulement déjà goûté un tournedos ou un crottin de Chavignol ? Les agriculteurs, éleveurs, cultivateurs, ce sont eux qui nous nourrissent. Alors, un peu par tradition et par jugeote, on évite de trop les énerver, sinon on se retrouve un soir à 22h à décongeler un steak au soja – merci la déforestation en Amazonie, du coup. Bref, vous les hommes et les femmes de la terre, vous êtes nos essentiels et vous avez tout notre respect.

Nos biens essentiels, ce sont nos églises, nos chapelles et nos cimetières. Les croix dressées sur les chemins, les abbayes posées au sommet des montagnes, les vitraux de la Sainte-Chapelle et la Vierge de Rocamadour, nos basiliques et nos cathédrales. Tant qu’elles n’ont pas toutes brûlé.

Corentin Stemler.

Article écrit par Auteur Ponctuel

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