Ô France, ma France, dis moi, t’en souviens-tu ?2 min de lecture

Notre Dame. Le 15 avril. Que d’émotions. Oui ! L’émotion, l’émoi et le sentiment marqueront tous, français ou non, lors de ce soir ultime. On pourra retenir ce mot pour faire un état des lieux du cœur de chacun.

 

Toute personne vaquait à ses occupations pour le moins habituelles quand l’inhabituel survint ; le monotonie laissait sa place à l’effroi, l’incompréhension, la douleur. Chacun, interrogé, décrira son 15 avril comme un jour normal ensoleillé, assombri d’une douce fumée âcre qui, au loin, perçait le ciel.

 

En effet, suivant ses noires volutes, s’y penchant de plus près, on la voyait ronger la « Forêt » multicentenaire. Et mon 15 avril ? Émotions. Joie de laisser la chapelle de la Sorbonne derrière moi, malgré son calme et sa hauteur qui invitaient à la contemplation, malgré le tombeau de Richelieu qui y trônait majestueusement : joie de rejoindre ce banc au Vert-Galant et lire au soleil, m’échappant de cette dernière journée de cours. Je m’avance et traverse ces quelques rues quand, l’interrogation me stoppe dans mon élan et cette petite colonne noire pointe bien au-dessus des toits. Course effrénée, ruade jusqu’au Square Jean XXIII où chacun vit et passe, s’amuse et rit sous les yeux de la Dame en agonie. Seul, j’observe à avec incompréhension ce sombre adversaire, piqué de son caractère équanime, continuant son œuvre, impassiblement. Puis la force et la chaleur ont raison de la Forêt qui s’efface en râles : bruits frappants, odeur âcre. Tout autour de moi, on ne vit plus que pour Elle, suspendu au moindre de ses spasmes. Pour faciliter le travail, les gendarmes nous repoussent plusieurs fois, fermant le Square, nous jetant au Pont de l’évêché, nous entassant sur le Quai : tout est bouclé. 

 

Joie, surprise, incompréhension et maintenant la tristesse commune, nous étions au chevet de la Dame. On fait connaissance avec ses voisins. Mines blafardes, on pleure, on fixe la flèche rougir avant de tomber, on tousse, on attend. L’attente est insupportable. Toute une foule qui attend. Elle gêne la circulation, s’étalant, s’emplissant. Au lit de la malade, chacun attend la fin. Tous les regards sont tournés vers la même passe. Enfin viennent les prières. Les croyants, par groupes sans cesse plus grands, à genoux entonnent des Ave. Des jeunes, debout les regardent avec des yeux partageant la même douleur, ne l’extériorisant seulement pas de la même manière. 

 

Tous, ne forment qu’une foule, une masse qui souffre, ensemble, transportés par une farandole d’émotions qui les assaille et dont ils se rappelleront une vie. Une vie ? Un an déjà. Et je me rappelle mon 15 avril. 

Article écrit par Louis Lallement

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