Le temps des cathédrales est loin d’être révolu2 min de lecture

La Cathédrale Notre Dame de Paris avant son incendie

Connue du grand public davantage grâce au long-métrage de Disney qu’au monument littéraire de Victor Hugo, l’histoire de Quasimodo a fait l’objet de nombreuses critiques et adaptations depuis sa création en 1831. Au-delà des aventures du bossu amoureux fou de la belle Esmeralda, elle-même éprise du capitaine Phœbus, Notre-Dame de Paris raconte le vieux Paris de la fin du XVe siècle dans une fresque historique saisissante. Avec les personnages, Hugo nous fait déambuler dans les ruelles, les places, les recoins les plus sombres comme les lieux les plus beaux de la capitale : en même temps qu’un aperçu de la société moyenâgeuse, c’est une véritable reconstitution du Paris médiéval qu’il nous offre dans l’œuvre. Préférant néanmoins « la vérité morale à la vérité historique », Hugo prend des libertés vis-à-vis de personnages historiques, comme Louis XI qu’il dépeint froid et calculateur, ou d’institutions, comme la justice médiévale dont il renvoie une image très caricaturale. Historiques, les personnages ne le sont pas, ou alors très lointainement inspirés de personnages réels. C’est le cas du poète Gringoire, premier spectateur des danses d’Esmeralda sur les places, ou de Frollo, l’archidiacre de Notre-Dame, qui voue à la gitane un amour fou mêlé d’une haine sans nom. Quant à Quasimodo, Phœbus ou Esmeralda elle-même, ils sont issus de la puissance d’imagination d’Hugo. L’étrangeté de leur aspect, due à une repoussante difformité ou une beauté presque surnaturelle, la noirceur de leur âme – celle, damnée, du prêtre Frollo dévoré par sa passion, ou encore la description des gargouilles à travers lesquelles Hugo fait revivre un monde de mythologie, donnent à ce tableau parisien sa dimension fantastique.

Le centre de l’œuvre n’en reste pas moins l’objet de son titre, autrement dit la cathédrale elle-même. C’est bien la « vieille reine » la vraie héroïne du roman, et non Esmeralda qui soupire après son capitaine. A travers Notre-Dame de Paris, c’est tout le patrimoine architectural en perdition de son époque qu’Hugo entend défendre. Les restaurations précipitées qui ne respectent pas l’architecture d’origine, les destructions de monuments historiques… Voilà ce qui a inspiré, au début du XIXe siècle, le chef d’œuvre qu’est Notre-Dame de Paris. Le succès immédiat de l’œuvre et le mouvement d’opinion qui en résulta aboutit à la réhabilitation de la cathédrale en 1844, projet auquel se joignirent des architectes comme Viollet-le-Duc qui conçut la flèche. Un combat qui fait curieusement écho à celui que nous allons devoir mener… Si en 1831 le livre a pu sauver l’édifice, à nous d’agir pour sauver Notre-Dame, ou bien l’héritage de Viollet-le-Duc ne fera pas long feu.

Article écrit par Marilys Moury

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