Le sens de la Patrie retrouvé3 min de lecture

 « Quand le malheur ne serait bon
Qu’à mettre un sot à la raison,
Toujours serait-ce à juste cause
Qu’on le dit bon à quelque chose ».

« Le mulet se ventant de sa généalogie », Jean de La Fontaine.

A la lecture de cette fable, je me suis questionné sur la crise actuelle du Coronavirus, au delà de la tragédie, pour tenter d’entrevoir ce que l’on pourrait en retirer de constructif puisque selon La Fontaine, de chaque malheur ressort du bon. En m’interrogeant sur les conséquences de ce drame sur la société, sur notre mode de vie, sur ce qu’il en resterait après, je suis arrivé à la conclusion que cette épreuve aura eu le bon goût d’ébranler le nouveau monde.

En ces temps incertains, certaines voix se sont tues, et c’est heureux. Désormais, plus de temps à perdre avec toutes les revendications post-modernes : anti-patriarcat, mondialisation, vivre ensemble etc. Les concepts du nouveau monde paraissent bien futiles lorsque la Patrie est en danger et les droits dits subjectifs sont bien incapables de protéger qui que ce soit. Les revendications qui sont apparues depuis les années 1960 – « il est interdit d’interdire », « mon corps mon choix » et autre « Love is love » – sont dépassées par les événements et leurs porte-voix aussi. Ils ont fini de diviser la société, d’opposer les femmes et les hommes « menteurs, violeurs », d’opposer les gentils qui veulent une mondialisation heureuse et les méchants qui veulent des frontières maîtrisées. Ceux-là baissent la tête, l’Histoire leur donne tort, leur paradigme est remis en cause.

Et pour cause, en ces temps difficiles, l’on se recentre sur ce qui a de l’importance : la famille et la Nation. La Patrie en somme, cette communauté à laquelle on se sent appartenir, qu’elle soit locale ou nationale. Et ces concepts qui paraissaient si abstraits pour nos élites redeviennent très concrets.

La Patrie familiale est sollicitée, confinement oblige. Certains (re)découvrent que tenir une maison est un travail à plein temps, qu’il faut de l’imagination pour occuper les enfants, que faire la cuisine prend du temps. D’aucuns diront que mine de rien, femme au foyer c’est un travail !

 

 

La Patrie locale revit. Chacun pend des nouvelles de ses voisins, rend service aux plus anciens. Les maires et les entités locales sont des interlocuteurs privilégiés.

La Patrie nationale est mobilisée. La question des frontières se pose à nouveau, non pas comme un mal mais comme une protection. Comment ne pas évoquer le personnel soignant ? Ces blouses blanches, encore maltraitées par le gouvernement il y a quelques semaines, sont maintenant en première ligne et sont applaudies tous les soirs par la France entière et l’on découvre à nouveau, non pas qu’elles ont un métier utile, mais qu’elles ont une vocation nécessaire à la vie de la nation. Et les bullshit jobs – communiquant, manager, coach du bonheur – de s’interroger sur l’utilité de leur métier, en temps normal valorisé par la société.

L’on se demande parfois si le Gouvernement ne réussit pas une prouesse inédite : faire l’unité nationale contre lui.

Cette crise est tragique individuellement pour ceux qui font face à la mort d’un proche, et collectivement pour notre pays ; mais à quelque chose malheur est bon : cette épreuve là nous ramène à des considérations essentielles et au bien commun trop souvent laissé de côté. Les revendications individualistes se sont tues, seul l’essentiel demeure. La Patrie redevient une réalité que l’on peut étreindre à tous niveaux. Nous ne pouvons que saluer ce mouvement d’enracinement et souhaiter qu’il perdure.

En fin de compte, ce que nous développons – la Patrie physique – c’est Charette qui en parle le mieux :

« Notre Patrie à nous, c’est nos villages, nos autels, nos tombeaux, tout ce que nos pères ont aimé avant nous. Notre Patrie, c’est notre Foi, notre terre, notre Roi… Mais leur Patrie à eux, qu’est-ce que c’est ? Vous le comprenez, vous ? Ils veulent détruire les coutumes, l’ordre, la tradition. Alors, qu’est-ce que cette Patrie narguante du passé, sans fidélité, sans amour ? Cette Patrie de billebaude et d’irréligion ? Beau discours, n’est-ce pas ? Pour eux, la Patrie semble n’être qu’une idée ; pour nous elle est une terre. Ils l’ont dans le cerveau ; nous l’avons sous les pieds », François Athanase Charette de La Contrie, général Vendéen (1763 – 1796).

Emilion Bayle

Article écrit par Auteur Ponctuel

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