Le citoyen, incarnation de l’orgueil4 min de lecture

Nous sommes tous des citoyens de notre belle République française. Nous l’entendons souvent de la bouche de nos politiques ou de nos médias bien-pensant. Lors du Grand Débat National, ce n’était point les français qui avaient la parole mais les citoyens. C’est là ce que nous sommes avant tout aux yeux de la Nation. Ses créateurs ont voulu faire de lui l’homme parfait, l’incarnation de la perfection humaine, mais cette perfection est-elle réellement celle que nous voulons ?

L’éducation civique est une matière maintenant enseignée tôt à l’école pour nous apprendre à être de bons citoyens. Le citoyen, cette invention géniale de la Révolution qui a remplacé le sujet français par le citoyen français. Le citoyen vote, paye ses impôts, met ses enfants chez l’éducation nationale, est tolérant, ouvert d’esprit, laïc, accepte toutes les différences, toutes les religions. Il trie ses déchets, aime les éoliennes et les voitures électriques. Mais aussi, le citoyen prône la liberté individuelle et la liberté d’expression, accepte que n’importe qui devienne n’importe quoi.

Pour la République, le citoyen est l’homme parfait, l’homme pleinement accompli, l’aboutissement de l’histoire, une utopie qui s’est fait réalité.

Le citoyen est en réalité une incarnation complète de l’orgueil. L’orgueil est le fait d’attribuer à ses propres mérites des qualités ou des dons qui sont de Dieu. En d’autres termes, l’orgueil, c’est de se prendre pour Dieu, inverser les rôles. Or, c’est bien là ce qu’on fait ceux qui ont créé cet homme parfait. En créant le citoyen, ce n’est plus Dieu qui se fait homme mais l’Homme qui se fait Dieu. Tout ce qui était autrefois attribué à un Être supérieur serait maintenant l’action d’un Homme des plus humains, véritable dieu de la religion des hommes d’aujourd’hui.

Pour ne prendre que quelques exemples, le citoyen ne reçoit plus l’autorité de Dieu. Il se l’attribue à travers une démocratie. Ce n’est plus non plus Dieu qui est la vérité, le citoyen est maître de la vérité. Quand une majorité citoyenne, celle-là même qui donne l’autorité, le décide, l’avortement devient non-plus le meurtre d’un enfant en puissance, mais l’accomplissement de la liberté d’une femme. Le citoyen est maître de la vie. La nature n’a plus son mot à dire puisque le citoyen est tout puissant. Ainsi, le citoyen est libre d’être homme, femme, les deux en mêmes temps, ou aucun des deux. Et puisque la vérité n’est plus un absolu, et peut changer au gré d’une majorité capricieuse, alors cette nature n’est pas fixe, et rien ne l’est d’ailleurs jamais. Le sexe n’est plus qu’un adjectif, qui peut changer aussi vite et facilement qu’une émotion ou un ressenti d’un instant. Ainsi, si la vie au sens premier du terme apparaît par un pur fruit du hasard, ce qu’on en fait dépend entièrement du bon citoyen, comme le disait Sartre quand il déclarait « l’existence avant l’essence ».

Si la vie n’est pas désirée, elle est détruite dès sa première apparition dans le ventre de la mère. Mais le citoyen peut être être fiers : ce que Dieu n’a jamais réussi à faire lui l’a fait : il a par exemple diminué considérablement l’handicap. Ainsi, on ne peut qu’admirer la diminution remarquable du nombre d’enfant trisomiques grâce à cette belle création qu’est l’avortement. Un très grand homme disait à une époque où le dépistage n’existant pas encore, cette solution s’avérait impossible pour résoudre ce problème : « Si, pendant six cents ans, les individus dégénérés physiquement ou souffrant de maladies mentales étaient mis hors d’état d’engendrer, l’humanité serait délivrée de maux d’une gravité incommensurable ». Cet homme s’appelait Adolf Hitler et son rêve est aujourd’hui en train de devenir réalité.

La révolution française, qui nous a offert ce statut de citoyen a fait de nous des hommes et des femmes orgueil. Elle a attribué à ce statut toutes les qualités autrefois attribuées à Dieu. Mais cet élan d’orgueil a-t-il été vraiment suffisant ? Est-ce là réellement cet homme parfait ? A-t-elle vraiment réussi à faire de l’homme la seule religion valable ? Elle a prôné la liberté, l’égalité, la fraternité, mais les a-t-elle jamais atteinte ? 

La liberté, ce n’est pas celle que l’on ressent le plus en ce moment. Le citoyen accepte volontiers de l’oublier quand il s’agit d’empêcher un journal de répandre ses idées ou un homme de parler de sa religion. On nous parle tant de liberté religieuse par exemple, mais pourquoi demande-t-on aux citoyens en herbe des écoles et collèges de retirer tout signe religieux, ne fut-ce qu’un médaille de baptême ? Et la liberté d’expression, qu’on nous avait annoncé comme une véritable religion au moment des attentats de Charlie Hebdo, n’a pas l’air non plus d’être au meilleur de sa forme. La loi n°4118, avec par exemple son article L.2223-2, déclare que le délit d’entrave à l’IVG, soit simplement le fait de tenter de dissuader une femme d’y avoir recours, est passible de 30 000€ d’amende et deux ans d’emprisonnement. On ne parle pas ici d’empêchement physique, mais de tout acte de dissuasion, que ce soit par la presse, par la publicité ou tout autre média.

L’égalité. Cette égalité dont on nous vante tant les mérites de nos jours. Mais quel est l’intérêt de prôner l’égalité si elle se fait au détriment de la justice. Et où est la justice quand vous expliquez à un enfant qu’au nom de l’égalité, il n’aura pas de père parce que ses deux mères en ont décidé autrement ?

La fraternité. L’homme n’est plus frère en Christ, mais frère en la République. Nous pouvons affirmer qu’elle n’ai jamais eu l’air d’être la priorité numéro un de la Nation. Et ce dès la naissance de la citoyenneté. Est-ce que les dizaines de milliers de personnes massacrés en Vendée pendant la Révolution sont réellement le fruit de cette fraternité ?

En somme, le citoyen est l’homme du progrès. Il est celui qui détruit ce que des millénaires de civilisations ont construit pour reconstruire un monde nouveau, où l’homme pense régner en maître sur un monde qu’il ne peut comprendre parce que trop grand pour lui. Il se contente d’en faire un interprétation grossière, de s’enfermer dans une tour d’ivoire, palais de l’orgueil de laquelle il lui est impossible de voir les étoiles, qui risquerait de lui rappeler son infime petitesse et de le remettre à sa place de simple créature dans une création beaucoup trop grande pour lui.

François Lachaize

Article écrit par Auteur Ponctuel

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