La vengeance par la Beauté : convertir ces temps d’épreuve en temps de création.3 min de lecture

Difficile de ne pas se lamenter sur notre époque, surtout en ces temps de pandémie, n’est-ce pas ? Mais sortons quelques instants de cette bulle sombre pour prendre un peu de recul. Car à l’échelle de l’Histoire, les périodes de crise furent souvent suivies d’un renouvellement culturel incroyablement puissant.

Tant mieux, diriez-vous. Mais que cela peut-il concrètement nous apporter?

Une prise de conscience sans doute… Car aujourd’hui, il convient de choisir la façon dont on voudra relever le monde de demain. Et, plutôt que de nous laisser gagner par un sentiment d’impuissance si peu constructif – quoique légitime –, inspirons-nous de l’intelligence courageuse de ceux qui nous ont précédé, et qui ne se sont pas laissé abattre par la taille du défi qu’ils avaient à relever.

Faisons un saut de 500 ans dans le passé… En 1527, le monde occidental était à feux et à sang. Les Habsbourg et les Valois se disputaient la suprématie en Europe, au cours d’un conflit long et meurtrier qui opposait Charles Quint – et ses prétentions sur les terres italiennes – au roi d’Espagne et François Ier. Le conflit atteignit son paroxysme en cette année 1527, lors du sac de Rome, centre spirituel et culturel de la chrétienté. Les plus belles œuvres furent volées, puis éparpillées aux quatre coins de l’Europe lors de la répartition des butins. Brulée, dévastée et pillée, Rome semblait s’être définitivement effondrée.

L’année suivante, l’Europe pansait ses plaies, tandis que les artistes ouvraient des yeux émerveillés devant les œuvres romaines qu’ils voyaient pour la première fois. Œuvres et manuscrits Antiques, jusque-là concentrés dans Rome, inondèrent subitement l’Europe, et réhydratèrent d’un coup l’art médiéval. Ce fut la Renaissance.

Près de 250 ans plus tard, le 1er octobre 1793, la Convention Nationale votait la loi d’extermination de la Vendée. Le bocage devenait ainsi la cible des colonnes révolutionnaires, et allait être le théâtre d’un massacre sans précédent qui allait décimer plus d’un quart des paysans de la région.

C’est alors que, plutôt que de se laisser entraîner par une vengeance sanguinaire, les vendéens choisirent de transformer leurs terres détruites en terres de créations. Plutôt que de se figer dans le ressentiment, ils décidèrent de reconstruire. Et petit à petit, cette terre vécut le « miracle Vendéen ». Si bien qu’aujourd’hui, le miracle est toujours d’actualité comme le prouvent avec éclat le Vendée Globe, le Puy du Fou, ou encore le taux d’emploi vendéen, resté inégalé en France !

Magnifique. Mais concrètement, qu’en tirer aujourd’hui ?

De l’Histoire en général, et plus particulièrement de cette histoire vendéenne, on peut tirer quelques clés qui permettront de convertir ces temps « covidés » en temps de création.

La première clé est celle de la fidélité, véritable pilier de la création made in Vendée. Respectueux d’une identité chérie, les Vendéens ont tout simplement cherché à faire renaître leur identité.

La seconde clé, du don de soi, se met au service de la troisième, du profond désir d’autonomie. Avides d’une indépendance libératrice, les Vendéens refusèrent l’assistanat et la copie d’un quelconque autre système. Aussi, enthousiasmés par le défi de cette liberté matérielle à construire, ils s’en donnèrent les moyens en s’investissant avec générosité dans la construction d’un maillage industriel serré. C’est ainsi que naquirent 6 703 entreprises, parmi lesquelles Shenker France et Fleury Michon.

Ce désir d’indépendance matérielle allait de pair avec la clé de l’indépendance d’esprit. Vaccinée contre le principe même d’idéologie qui l’avait presque détruite sous la Terreur, la Vendée s’est fait un devoir de créer écoles et universités, afin de laisser jaillir la véritable liberté d’esprit, source de toute création.

Cinquième clé : la Vendée entretient la mémoire vivante de son histoire, qu’elle désire partager avec tous ceux qui voudront bien apprendre à l’aimer. Paul Valéry disait ainsi: « La véritable tradition […] est de retrouver l’esprit qui a fait de grandes choses et qui en ferait de tout autant en notre temps ».

La dernière clé, du sens du collectif, est née de l’union d’une région entière dans une histoire commune, mise en valeur avec passion.

Ainsi, on pourrait résumer tout ceci par la formule de Sylvain Tesson, qui, de retour du Puy du Fou écrivait à Philippe de Villiers : « Vous avez inventé une forme de vengeance sans rancune, une vengeance par la Beauté ». Munis de toutes ces clés, c’est désormais à chacun de (les faire) jouer.

Eléonore De G.

Article écrit par Auteur Ponctuel

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