George Orwell, un anarchiste conservateur toujours aussi éclairant2 min de lecture

Antitotalitaire dans les années 1930, patriote révolutionnaire dès 1940 et défenseur des libertés publiques jusqu’à sa mort en 1950, Orwell est doté d’un sens de l’Histoire et d’une pensée de l’événement hors du commun. À l’occasion de l’anniversaire des 70 ans de sa mort, il est nécessaire de rendre hommage à cet « anarchiste tory » qu’a décrit le philosophe Jean-Claude Michéa dans son livre paru en 1995.

Les conservateurs les plus authentiques de notre époque doivent continuer à puiser dans ses diverses analyses pour comprendre le monde qui les entoure, car les adversaires et les détracteurs d’Orwell ne sont ni plus ni moins que leurs opposants aujourd’hui. 

L’Histoire a retenu que quand Louis Aragon louait la police politique de Staline, George Orwell combattait le stalinisme en décrivant toute la mécanique totalitaire de ce système qui n’a fait qu’écraser l’Homme et le déposséder de tout ce qu’il avait, notamment dans son ouvrage La Ferme Des Animaux paru en 1945. Afin d’éviter d’être emprisonné par les staliniens, Orwell rejoint la France, puis l’Angleterre. En 1940, il assume pleinement son patriotisme. 

Son œuvre la plus célèbre et encore enseignée dans les lycées français, c’est 1984, best-seller planétaire à la postérité immense. 

Ce que beaucoup ignorent et surtout à (l’extrême) gauche de l’échiquier politique actuel, c’est que 1984 est une très violente critique de tout ce qui constitue historiquement la « gauche ». Ils l’ignorent parce qu’ils n’ont jamais ouvert le livre et lu entre les lignes. La société de 1984 est bel et bien communiste, et elle est régie par le seul plaisir de démontrer que l’humain est modifiable à volonté. Cet écrasement de l’homme, au cœur de l’idéologie communiste qu’a dénoncé Orwell, est souligné par le caractère hors-sol des dogmes de cette même idéologie, qui reposent sur l’hypothèse que l’humain n’est qu’un réceptacle idéologique et sans base innée, ce qui n’est bien entendu pas le cas. Elle doit donc constamment le détruire et prouver sa destruction.

Orwell a également reproché à la gauche petite bourgeoise son mépris implicite des classes populaires et son idolâtrie du progrès fou. Rien de plus actuel. 

À l’échelle du monde tel qu’il s’établit sous nos yeux au XXIème siècle, il serait impossible d’énumérer tous les points de postérité orwelliens. Le « système de crédit social » que souhaite déployer Pékin dès cette année en est un, en tant que véritable entreprise de surveillance et de notation des individus qui se verraient attribuer des notes en fonction de leur comportement et de leur fidélité à la politique du gouvernement communiste. On pourrait bien entendu citer la « novlangue » de plus en plus utilisée par nos dirigeants au sein des démocraties occidentales dites « libérales ». En réalité, la question du totalitarisme n’est pas derrière nous, elle est encore devant nous, ce qui fait de George Orwell l’un des écrivains les plus visionnaires du siècle dernier.

Germain Kuen

Georges Orwell. Photo DR

Article écrit par Auteur Ponctuel

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