Fermeture des librairies : tentative de fermeture des esprits ?2 min de lecture

La décision a été confirmée jeudi soir, les librairies seront fermées pendant ce second confinement, n’étant pas considérées comme des commerces essentiels.

Décidément, chez nos politiques, ces supermarchés de l’esprit n’ont pas le même succès que les supermarchés ordinaires.
Le Français moyen serait ainsi plus un corps à nourrir, qu’un esprit à élever. Étrange vision, surtout si l’on se rappelle que notre président sort de classe préparatoire littéraire, qu’il a fait Science po et l’ENA avant d’épouser son professeur de Français.
Mais cette vision de l’Homme est loin d’être partagée par les libraires. Convaincus que la culture constitue la plus profonde liberté de chacun, ils ont multiplié les manifestations de leur désaccord ces derniers jours. Au micro de France info, vendredi, François Busnel, journaliste et critique littéraire affirmait que fermer les librairies revenait à se « priver du meilleur bataillon pour affronter l’obscurantisme ». Tandis que samedi matin, Fabienne Van Hule ouvrait sa boutique de la place Ronde, à Lille, soutenant que « Tout le monde a besoin d’échanger et de partager ». Martine Aubry, maire de la ville, lui manifestait ensuite rapidement son soutien, en réclamant la réouverture des librairies sur Twitter. Enfin, lundi, Paul Claudel publiait une tribune dans laquelle il lançait « Libraires, de grâce, désobéissez ! », et ajoutait que leurs commerces sont « Essentiels pour penser, essentiels pour rêver, essentiels pour […] nous comprendre et comprendre le monde».

Ces défenseurs de la culture littéraire ont bien saisi l’enjeu de l’ouverture des librairies. En effet, tout gouvernement qui laisse les esprits s’engourdir, assoit son pouvoir politique de cette manière, en tuant dans l’œuf les potentielles oppositions. Si on remonte rapidement le cours de l’Histoire, on remarque que chaque révolution fut marquée par la fragilisation, voire la destruction, de la culture. Sous la Révolution Française, les bibliothèques partaient en fumée. Tandis que pendant la Révolution Culturelle maoïste en 1966, on traquait les intellectuels, et on faisait flamber des monceaux de livres.
Si aujourd’hui, en France, la culture est loin d’être agressée de cette manière, elle est tout de même invitée à se faire discrète, et est ouvertement reléguée aux oubliettes du calendrier politique. D’autant plus que depuis cet été, la France subit une révolution sociale aussi profonde que silencieuse. En effet, les lois bioéthiques, en autorisant la commercialisation du petit d’Homme, ont jeté les fondations éthiques d’une nouvelle société, dans laquelle les désirs sont des ordres, tant qu’ils sont techniquement réalisables. Fermer les librairies sous prétexte qu’elles sont des lieux de contamination semble donc légèrement hypocrite, surtout lorsque les magasins de bricolage ou de jardinage restent ouverts.

L’ouverture des librairies dépasserait alors largement la question purement sanitaire, et s’élèverait au niveau sociétal. En effet, sachant qu’il est bien plus facile d’exercer le pouvoir sur des gens qui ne pensent pas par eux-mêmes, on peut se demander ce que cherche réellement le gouvernement avec cette fermeture incohérente des lieux où s’acquiert symboliquement cette liberté de pensée. Pour répondre à cette atteinte au milieu de la culture, il faut justement se cultiver, car la culture nous rend libre, en nous faisant maître de notre intelligence. C’est ainsi qu’elle peut être mise au service du Bien Commun, car, comme disait De Gaulle, « La véritable école de commandement est la culture générale »

Eléonore . G

Image: Librairie Delamain

Article écrit par Auteur Ponctuel

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