Seul l’Esprit, s’il souffle sur la glaise, peut créer l’hommelecture express

Couverture de Terre des Hommes, un livre d’Antoine de Saint Exupery

« Pourquoi n’écririez-vous pas quelque chose qui ne serait pas un récit continu, mais une sorte de…(…). Enfin comme un bouquet, une gerbe, sans tenir compte des lieux et du temps, le groupement en divers chapitres des sensations, des émotions, des réflexions de l’aviateur ». Après cette invitation d’André Gide, Saint-Exupéry se met à l’ouvrage et regroupe ses expériences et réflexions dans 8 chapitres avec Terre des Hommes, reliés entre eux par une question simple : « Qu’est ce que l’homme ? ». Au fil des chapitres, des réflexions et des expériences, la réponse se construit. Il faut d’abord passer par l’aventure (chapitres I et II) puis par la modernisation (III et IV), et ensuite la simplicité (V). Enfin, le désert (VI et VII) avant de terminer par le chapitre VIII : Les Hommes. Ainsi, Saint-Exupéry nous offre en 182 pages une réflexion sur l’humanité. Que retenir de ces lignes denses ? Les premières de l’oeuvre : « La terre nous en apprend plus long sur nous que les livres. Parce qu’elle nous résiste. L’homme se découvre quand il se mesure à l’obstacle. Mais pour cela il lui faut un outil. » Tout est dit avec simplicité. Le sens de toute l’oeuvre est retracé : d’abord vouloir se dépasser, puis utiliser pour cela des outils (sans oublier la simplicité) afin de mieux connaître la terre (le désert n’est autre que la nature dénuée de tout artifice, la nature à l’état brut) pour arriver, enfin, à la connaissance de soi. C’est le sens profond de l’aviation chez lui : outil de l’aventure qui lui rend possible la connaissance du monde, donc la connaissance de soi. Alors que la modernisation ne fait que commencer, que la place de l’homme n’est pas remise en cause autant qu’aujourd’hui, Saint-Exupéry voit ce qui vient. « Chaque progrès nous chasse un peu plus loin hors d’habitudes que nous avions à peine acquises, et nous sommes véritablement des émigrants qui n’ont pas fondé leur patrie. » Aujourd’hui, alors que la place de l’Homme dans le progrès est plus que jamais une question, plus que jamais lisons Saint-Exupéry. Retrouvons ainsi le souffle qui fera de nous des hommes, car comme le dit la dernière phrase de Terre des Hommes : « Seul l’Esprit, s’il souffle sur la glaise, peut créer l’Homme ».

Article écrit par Paul Guerry

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