6 octobre 1981, assassinat du « Pharaon » au Caire2 min de lecture

Anouar el-Sadate naît dans le Delta du Nil. Issu d’un père égyptien et d’une mère soudanaise, il grandit au sein d’une famille nombreuse et modeste.

 

La liberté de l’Égypte pour direction

Anouar el-Sadate devient officier en 1938 lorsqu’il sort de l’Académie militaire royale, et combat avec l’Afrika Korps pendant la guerre car il croit en la promesse allemande de libérer l’Égypte de la domination britannique après la victoire. Suite à la défaite, il s’engage auprès des Frères Musulmans car il espère également que cette organisation saura émanciper l’Égypte de l’Angleterre. Après avoir été arrêté et expulsé, il retourne en grâce et s’engage avec des officiers désireux de libérer leur pays et organisés dans le « Mouvement des officiers libres ». Il se lie d’amitié avec un des chefs, Gamal Abdel Nasser, et ils préparent ensemble un coup d’État avec l’aide de la CIA. En juillet 1952, les Officiers libres font chuter la monarchie égyptienne qu’ils jugent vendue aux britanniques et Nasser devient président quatre ans plus tard. Toute sa politique est dictée par l’idéal d’indépendance et la volonté de se placer en leader de la cause palestinienne et arabe dans le conflit avec Israël.

 

Le président Sadate et le dialogue israélo-occidental

Lorsque Nasser meurt d’une crise cardiaque en septembre 1970, son vice président et ami lui succède aussitôt. Ainsi, Anouar el-Sadate devient président de la République arabe d’Égypte. Élu presque aussitôt, il se démarque totalement de la politique nassériste. Il renoue le dialogue avec les Américains tout en communiant avec les Soviétiques, propose des accords de paix à Israël tout en lui portant la guerre en octobre 1973 afin de lui forcer la discussion. En septembre 1978, il signe finalement les accords de Camp David avec Israël et reçoit le prix Nobel de la paix. Il devient alors extrêmement impopulaire dans le monde arabe car l’Égypte de Nasser avait été le fer de lance de la cause palestinienne (Nasser avait notamment fondé l’Organisation de Libération de la Palestine en 1964). Il se met également à dos la Ligue arabe qui décide de sanctions immédiates, notamment économiques et appelle au boycott du pays. À cette impopularité croissante, s’ajoute une crise économique qui prend l’Égypte à la gorge, et la colère gronde. 

 

L’assassinat du « Pharaon »

En septembre 1981, Sadate fait arrêter ou assigner à résidence des opposants politiques qu’ils soient communistes, nasséristes, islamistes ou chrétiens. Le 6 octobre, une parade militaire est organisé au Caire sous l’oeil attentionné du président. Sadate pressent son possible assassinat et demande à renforcer la sécurité. Mais alors que les Mirage français survolent les officiels, Sadate voit un camion s’arrêter devant la tribune présidentielle en simulant une panne. Dans ce véhicule, un lieutenant d’artillerie de 26 ans, Khalid Islambouli, acquis aux idées du Jihad islamiste égyptien, se prépare à venger son frère récemment arrêté par les autorités. L’officier lance une grenade fumigène pour donner le signal de l’attaque et tire plusieurs balles au cri de « mort au pharaon » sur Sadate, qui s’effondre. Plusieurs personnalités sont également tuées comme ministre irlandais de la Défense. Sadate est immédiatement transporté à l’hôpital mais y décède deux heures plus tard. 

Son vice président Hosni Moubarak, légèrement blessé, lui succède immédiatement. Il poursuivra la libéralisation économique de l’Égypte et montrera d’avantage ses bonnes dispositions envers Israël.

 

Une postérité en deux images

La postérité de Sadate laissera deux images. Pour l’Occident, elle représente le sage qui a dépassé les clivages idéologiques pour établir une paix durable avec Israël et libéralisé son pays. Pour les Arabes, Sadate est le traître, celui qui a vendu la cause palestino-arabe dont il était le plus solide porteur. Il est également celui qui a ruiné les plus pauvres par sa libéralisation économique. Sur cette base, les Frères Musulmans sauront rassembler les foules égyptiennes mécontentes en 2011. 

 

À sa mort, Dalida lui dédicacera « Comment l’oublier » et Enrico Macias chantera en son honneur « Un berger vient de tomber ». 

Article écrit par Guy-Alexandre Le Roux

L'article vous a plu ? Partagez-le ! L'Étudiant Libre vit de vos partages.

Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur telegram
Telegram
Partager sur reddit
Reddit

Dans la même catégorie:

Du même auteur:

Rejoignez-nous!

Restez informés de notre actualité.

Lassé des newsletter? Optez pour nos notifications!

Partager sur twitter
Je partage
Bonjour Lecteur!

Vous alliez partir? Pourquoi ne pas partager votre lecture sur Twitter?

Partager sur facebook
Je partage
Bonjour Lecteur!

Vous alliez partir? Pourquoi ne pas partager votre lecture sur Facebook?

Entrez votre mail

et recevez le dernier numéro de l’Etudiant Libre par email !

L'Étudiant Libre

Bienvenue sur L'Étudiant libre cher lecteur, c'est votre première visite ici? Lisez notre présentation!

Pourquoi?

Pour partager aux jeunes Français un message incitant à l’engagement et au Bien Commun.

Par qui?

Par des étudiants. Tout le monde peut travailler avec l’Étudiant Libre, il suffit de nous contacter. Vous voulez distribuer ? Vous voulez rédiger des articles ? Écrivez-nous.

Pour qui?

Pour la jeunesse qui ne demande qu’une étincelle pour s’embraser, s’exprimer et s’assumer.

Abonnez-vous

Retrouvez au creux de votre main l’information indépendante! Abonnez-vous pour seulement 3 euros par mois et accédez à toutes nos publications.