Nouvelle attaque contre Raoult2 min de lecture

La très prestigieuse revue scientifique The Lancet a publié samedi une étude de grande ampleur observant 96 000 patients. À première vue, comme de nombreux médias ou « intellectuels » l’ont alors répété partout, l’étude prouve irréfutablement que l’usage du protocole vanté par le professeur Raoult est non seulement inapte à lutter contre le virus mais augmente en outre les risques de décès.

Cette nouvelle bataille entre les défenseurs du traitement controversé et ceux qui, au nom de la prudence, refusent de l’autoriser s’inscrit dans une guerre qui dure en France depuis le début du confinement. Les scientifiques campent toujours sur leurs positions et il est compliqué pour des le commun des mortels de se faire un avis. Pourtant, on peut s’interroger sur la rigueur, voire l’honnêteté, de l’étude publiée samedi.

 

Une méthode critiquable

On peut d’abord noter que l’étude utilise une méthode « observationnelle », c’est à dire précisément la méthode dont se sert le professeur Raoult et que tout le monde, lorsqu’elle vient de lui, taxe de manquer de rigueur. Mais en plus, l’étude pose un énorme problème méthodologique. Le groupe sur lequel on teste l’hydroxychloroquine est composé de patients dont l’état est plus grave que ceux qui ne reçoivent pas le traitement. Dès le début donc, les résultats sont biaisés. Comme l’explique Philippe Douste-Blazy, ancien ministre de la santé « si vous donnez de l’hydroxychloroquine à des gens qui vont mourir, c’est sûr qu’ils vont mourir ». De plus, ce traitement est donné à un stade de la maladie où, comme le rappelle Didier Raoult depuis le début, le traitement n’est plus efficace.

En résumé, l’étude a démontré qu’utiliser l’hydroxychloroquine à un stade de la maladie où elle ne fonctionne pas, et ce sur des patients dont l’état est plus grave que les patients auxquels on ne donne pas ce traitement fait que ceux-là ont plus de risques de mourir.

 

Une honnêteté remise en cause

Malgré tous ces problèmes de méthodes, l’étude a été reprise par tous les ennemis du professeur Raoult, qui croyaient bien marquer ainsi leur victoire finale. Cela s’explique par la place de renom qu’occupe la revue The Lancet. Pourtant, si elle est prestigieuse, rien ne prouve son honnêteté. C’est d’ailleurs deux anciens  rédacteur en chef de revues scientifiques qui avaient confié il y plusieurs années déjà que :

« La profession médicale est achetée par l’industrie pharmaceutique, non seulement en termes de pratique de la médecine, mais aussi en termes d’enseignement et de recherche. Les institutions académiques de ce pays se permettent d’être les agents rémunérés de l’industrie pharmaceutique. Je pense que c’est honteux. »

« Il n’est tout simplement plus possible de croire une grande partie des recherches cliniques qui sont publiées, ni de se fier au jugement de médecins de confiance ou à des directives médicales faisant autorité. Je ne prends aucun plaisir à cette conclusion, à laquelle je suis parvenu lentement et à contrecœur au cours de mes deux décennies de travail de rédactrice en chef. »

 

Véran repart à l’attaque

Ces témoignages interpellants le sont d’autant plus lorsque l’on voit la réaction du ministre de la santé, Olivier Veran. Ce dernier avait, à contrecoeur, autorisé la chloroquine le 26 mars. Dès la parution de l’enquête, il a annoncé avoir saisi le haut conseil à la santé publique pour restreindre les règles de prescription.

Étant donné toutes les questions que posent cette étude, questions dont le ministre devrait avoir connaissance, il est extrêmement surprenant qu’il l’utilise comme prétexte pour limiter l’usage de l’hydroxychloroquine. Pourquoi le ministre a-t-il relancé la guerre contre Raoult ? Manque de compétence, d’informations ou d’honnêteté ? L’histoire nous le dira.

Article écrit par Paul Guerry

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