Interview du Professeur POZZETTO sur le Coronavirus : Test, Confinement, Déconfinement [VIDEO] PARTIE 14 min de lecture

Le Pr. POZZETTO révèle l'origine du coronavirus et le lien avec les pangolins et les chauves-souris [VIDEO]

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QUESTION : Vous développez, avec l’université de Saint-Etienne, un test pour savoir si le patient est infecté par le coronavirus. Pourrait-il se révéler d’un réel avantage pour un déconfinement plus efficace ?

Oui, effectivement l’intérêt de tests sérologiques c’est de savoir si les gens ont été exposés à l’agent infectieux. Donc beaucoup de personnes pendant cette période de confinement ont pu présenter des symptômes plus ou moins typiques. Peu ont eu la chance de bénéficier d’un test, parce que à cette époque on avait des tests au compte-goutte et réservés aux gens qui étaient vraiment malades, hospitalisés. Donc toutes ces personnes qui ont été malades ou espèrent avoir attrapé le virus sans avoir été trop malade voudraient savoir quel est leur état d’immunité vis à vis de ce virus. Et pour cela il y a une façon simple qui est de regarder si les gens développent des anticorps. Il y a une enquête nationale qui a déjà été faite, vous avez peut être entendu parler des résultats, où on estime que de façon générale dans la population française il y a moins de 10 %, soit 6 – 7 pourcents, d’après des études très grossières après ça méritera d’être affiné, qui auraient rencontré le virus. Avec des différences évidemment notables entre des régions comme l’Alsace l’est , le Grand Est où il y a eu une grosse épidémie on sera plus à 10 – 15 %, en région parisienne on serait autour de 10%. La Loire qui est sûrement à un peu plus que la moyenne parce qu’on fait partie des départements qui ont été bien touchés . Et puis les régions comme l’Ouest, la Normandie, le Languedoc où il y a eu assez peu de cas, et là on est surement à 2,3%. 

Donc l’intérêt de ces test c’est qu’ils sont tout simples à faire. C’est une toute petite plaquette avec une petite languette, on peut piquer le bout du doigt et faire sortir une petite goutte de sang que l’on va récupérer avec un petit tube en verre pour le déposer ici. Et ensuite avec une goutte de liquide, on va pousser le sang le long de la plaquette, alors ça devient très rouge puis après ça s’atténue. Et donc si c’est négatif, eh bien, il y a juste la bande de contrôle et les deux autres sont incolores. [Donc ça c’est un malade qui n’a  pas rencontré le coronavirus. Si par contre on regarde d’autre tests par exemple celui là,  il y a, à la fois une bande pour les IgM, donc les anticorps fabriqués de façon précoce, qui traduisent une infection récente, et les IgG qui traduisent une infection plus ancienne.] Quand il y a les deux c’est en faveur d’une infection récentes. S’il n’y a que des IgG c’est en faveur d’une infection ancienne, plus de 3 semaines avant. Ces IgG disparaissent assez vite. 

Donc ce petit test à l’hôpital mais, qui peut aussi être fait dans des comités d’entreprise, dans un service de médecine du travail, permet de trier les gens entre ceux qui sont immunisés et ceux qui ne le sont pas. Evidemment ceux qui ont été malades, qui ont fait des graves formes, ont tous des anticorps en grande quantité. Et l’intérêt des ces tests par rapport au déconfinement est que ceux qui auront été immunisés se sentiront plus protégés,  puisque à priori puisque, même s’il y a encore des doutes là-dessus, on ne s’infecte pas plusieurs fois, en tout cas de façon rapide. Donc ceux qui seront infectés seront débarrassés. Evidemment l’idéal sera que 50 ,60, 80% de la population ait rencontré ce virus, comme ça on serait débarrassé de lui définitivement…

 

QUESTION : Certains médias parlent d’une possible seconde vague de contamination suite à une mutation du virus, ce qui amènerait à un nouveau confinement comme au Japon. Est-ce que cela pourrait également arriver en France ?

Bien sûr ça va tout dépendre de notre civisme par rapport à ces mesures barrières qu’on va appliquer. Malheureusement tant qu’on aura pas trouvé un vaccin assez puissant on va être obligé de vivre dans la crainte du retour de cette épidémie, et donc de devoir mettre des barrières entre les individus pour éviter que le virus circule trop activement.

 

QUESTION : Concernant le confinement, était-il nécessaire ? Et était-il utile de prendre des mesures telles que celles prise par le gouvernement ? 

Il était indispensable sinon on aurait compté les morts dans le monde par dizaines de millions. C’était vraiment la seule solution pour freiner, parce que si vous voulez, le problème c’est que même si la plupart des infections sont non pathogènes, à partir du moment où vous avez pratiquement 15 pourcents de personnes qui doivent être hospitalisées et que là dessus il y en a encore 6 – 7% qui vont être accueillies en réanimation. Si vous avez 6,7 pourcents de la population française qui se retrouve en réanimation, vous imaginez bien qu’il n’y a pas de place pour tout le monde. Les autres, on ne les réanime pas, on les laisse mourir. C’est ce qui s’est passé dans quelques maisons de retraite. Et donc l’hécatombe aurait été absolument horrible. Il y a une étude qui a montré les bénéfices qu’on a pu tirer de ce confinement. Et si on l’avait commencé un petit peu plus tôt, et qu’on aurait évité les élections, et les match comme Lyon Turin, je pense qu’on aurait pu sauver quelques vies supplémentaires, quelques dizaines ou quelques centaines de vies. C’est un peu comme un  incendie vous voyez : vous avez trois brindilles qui brûlent, vous mettez un seau d’eau ; vous avez la pinède entière qui brûle, vous avez des jours et des jours à lutter contre un incendie comme la forêt Amazonienne, le covid c’est pareil. Je vous parlais tout à l’heure de ce laborantin qui a été malade avec sa compagne et qui a contaminé deux collègues, on a vite vu que c’était le début donc on les a tous confinés, et on les a renvoyé hors du pavillon et tout le monde s’est mis à mettre des masques. Un matin je suis arrivé, pendant des semaines on travaillait sans masque, et on a dit tout le monde met des masques.  

 

 

QUESTION : La majeur partie des personnes infectées sont des personnes âgées. Le coronavirus présente t-il un risque pour les étudiants ?

Oui, voilà il y a un gradient d’âge qui est absolument évident. Donc les enfants sont très peu sensibles au virus, on a l’impression qu’ils peuvent être porteur mais de façon très fugace, c’est à dire qu’ils ne font pas de forme grave, à quelques exceptions près. A partir de 20 ans on commence à avoir un peu plus  de formes graves, il y a des jeunes qui se sont retrouvés en réanimation, c’est pas non plus zéro. Et puis on peut dire que au fur et à mesure que l’on avance en âge le risque s’élève. La tranche 40 – 60 ans commence à être touchée, et à y avoir des formes graves. Et puis à partir de 80 ans on estime la mortalité à un peu plus de 1%.

 

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Article écrit par Benoit Després

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