Ce que le coronavirus dit de nous3 min de lecture

La pandémie du COVID-19 dure maintenant depuis près de 6 mois. Si ses répercussions sont encore incalculables, la crise sanitaire dit déjà beaucoup de nous et de nos sociétés globalisées.

 

Un système libéral atrophié

 

Un simple regard aux statistiques des décès par pays livre une tendance intéressante sur les sociétés libérales. C’est ainsi que les deux nations réputées être les cheffes de file du libéralisme sont également celles qui sont les plus endeuillées au monde. Les Etats-Unis compte près de de 115 000 morts et la Grande-Bretagne plus de 41 000. Cette dernière est particulièrement touchée si on rapporte ce chiffre à sa population totale. Il y a fort à penser que le système de santé médiocre de ces deux pays, dépourvus de sens social et gangrénés par l’individualisme ont joué dans cette mortalité attristante.

A l’inverse, la France qui est si souvent décriée pour ses dépenses de santé et sa couverture sociale très généreuse s’en est aussi mieux sortie que ses voisins. Si l’on rapporte le nombre de décès par rapport à la population nationale, la France est nettement derrière la Grande-Bretagne, l’Italie, l’Espagne, la Belgique ou encore la Suède. Elle a beau avoir été touchée tôt par le virus, son bilan est honorable et démontre (une fois encore) la grande qualité du système de soins français.

Fidèles à eux-mêmes, les peuples germanophones sont les plus épargnés en Europe. L’Allemagne et l’Autriche, avec respectivement 8 845 et 674 victimes, présentent des bilans quasi-surréalistes. Habités par la discipline et la rigueur, les populations d’outre-Rhin font honneur à leur réputation.

 

Un clivage démocrature/démocratie, vraiment ?

 


Contrairement à l’illusion que pourrait donner le bilan actuel, les régimes autoritaires ou « démocratures » n’ont pas mieux géré la crise que les démocraties. D’abord et avant tout parce que le coronavirus est parti de Chine, et que l’on peut remercier son régime communiste pour sa propagation sur la planète. Il ne faut rien croire des chiffres officiels donnés par la Chine ; les morts se comptent très probablement en centaine(s) de milliers. Le nombre de cercueils commandés à Wuhan tend à montrer que la proportion de victimes pour la seule ville est de près de 50 000.

Même chose en Turquie, ou le bilan officiel est largement sous-estimé. A l’inverse, les démocraties de l’Asie du sud-est, les « Dragons asiatiques » (Corée du Sud, Taïwan, Hong Kong et Singapour), se démarquent par leur gestion exemplaire de la crise. Ces pays connaissent tous un bilan très faible. C’est d’autant plus remarquable que les risques de contamination massive y sont très élevés du fait de la proximité chinoise. Il est difficile de l’expliquer, ces sociétés étant très différentes des nôtres, mais nous avons tout à en apprendre.

Dès lors, les faits s’imposent à nous : il n’y a pas un type de régime qui s’en est mieux sorti qu’un autre. S’il est vrai que certaines démocraties sont durement affectées (Iran, Italie) et certains régimes autoritaires relativement préservés (Russie, Philippines), les contre-exemples existent aussi. Que dire de la gestion autrichienne par rapport au désastre chinois ?

Il faut également souligner que les leaders autoritaires ne font pas honneur à leurs morts. Maquiller le bilan réel pour donner l’illusion d’une situation maîtrisée peut être tentant. Mais ce n’est pas un idéal. La reconnaissance et l’aspiration à la dignité, y compris (surtout) dans la mort, font la grandeur des autres.

Ces quelques tendances sont largement incomplètes. Si l’Europe est en train d’en finir avec la crise sanitaire, la pandémie s’aggrave dans le reste du monde. Le Brésil, nouveau foyer mondial du coronavirus, s’attend à une centaine de milliers de victimes. Le Mexique n’est pas mieux loti, et anticipe 50 000 morts. Le Pérou est déjà durement touché. L’Inde se prépare à une contagion à Mumbai, mégalopole de 18 millions d’habitants. Enfin, la Russie est sur une pente ascendante qui n’a rien de rassurante. Le temps de bilan n’est pas encore venu. Mais il sera lourd. Humainement et économiquement.

Article écrit par Elouan Picault

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