Charette en roue libre dans “Vaincre ou mourir”

C’est le J-J pour Vaincre ou mourir : les Genêts de Vendée piétinés par la Révolution française fleurissent dans les salles de cinéma partout en France. Pour la première fois, la tragédie des guerres de Vendée est diffusée sur le grand écran. Les Genêts ne fanent jamais.

Ce film arrive comme une étincelle qui vient s’entrechoquer dans le cœur brûlant des Français : « Nous sommes tous spirituellement des fils de la Vendée martyre ! », disait le Cardinal Robert Sarah. Il entre dans l’intimité du personnage de Charette, engagé dans le trouble de la Révolution française, qui se destine à la voie héroïque jusqu’aux dernières heures de sa vie. Ce film ne prend pas la tournure d’un cours d’histoire sur le grand écran, c’est une œuvre, un hymne à la résistance, un requiem venu d’un “rêve d’enfance”, celui de Philippe de Villiers et produit par son fils Nicolas de Villiers. Tourné au Puy du Fou, dans l’esprit du spectacle Le Dernier Panache, c’est le fruit d’hommes de talent ; de puyfolais (terme employé pour désigner les bénévoles à la Cinéscénie), d’acteurs qui redécouvrent leurs racines et d’un partenariat avec Canal+. Avec un faible budget de 3,5 millions d’euros, aussi modeste soit-il, le Puy du Fou a encore des territoires à conquérir pour trouver une place épique dans le cinéma français. Pour Télérama, le film est si mauvais que même les royalistes détesteront. Les paroles de Charette, interprétée par Hugo Becker ne sont pas toujours compréhensibles. Et puis, le spectateur est perdu : est-ce un film, un documentaire ou les deux ?

Un combat éternel

Vaincre ou mourir porte l’effet d’une bombe qui fait réagir les grincheux et les rédactions subventionnées. Libération s’est ainsi offert le plaisir de consacrer une couverture et deux doubles pages à l’œuvre du Puy du Fou Films. Dans son éditorial « Réac », le journal de Sartre repousse les frontières et compare la mouvance « réactionnaire » de l’empire de Villiers à l’assaut du Capitole aux États-Unis. Un film choquant pour les « cultureux » donneurs de leçon, qui ne comprennent pas l’apogée d’une émotion enracinée, celle qui vient de cœurs brûlants, de jambes de feu et d’âmes en altitude. Libération a d’ailleurs inspiré Ouest France pour son entretien avec Guillaume Lancereau, 33 ans, historien auteur de Zemmour contre l’histoire et Le Puy du Faux. « L’objectif n’est pas de faire découvrir l’histoire, mais de faire passer un message clair, binaire, avec un petit vernis de légitimité au départ », explique-t-il dans les colonnes (infernales) de Libération.

Le Monde semble très renseigné sur ce sujet puisqu’il se trompe joyeusement de date concernant le héros : « le ‘’Roi de la Vendée’’ sera finalement fusillé en 1797 ». Bien tenté, mais ce fut le 29 mars 1796, alors que Charette n’avait que 33 ans. Un âge parfait pour mourir à Pâques. « Le film se veut d’abord un objet idéologique et dissident, répondant au fantasme du cinéma français majoritairement acquis aux idées de gauche », un film historique réactionnaire et catholique avec un héros d’extrême-droite. Forcément, ça dérange. Le Figaro se plonge dans l’ambiance du bocage et des chemins creux de Vendée pour faire revivre les ruines d’un passé, assailli par ses soldats et édifié par ses artisans. « On a envie de ne pas trahir cette histoire. C’est difficile d’être objectif, mais il faut être honnête » confie Vincent Mottez, le co-réalisateur et scénariste du film, d’autant plus pour la thématique des guerres de Vendée, qui est un sujet lourd et ambigu, à traiter avec humilité.

Charette en roue libre dans “Vaincre ou mourir”

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