Tribune d’Agnès Thill : Le RIP « référendum sur la condition animale »4 min de lecture

Sous d’apparentes bonnes intentions, certaines revendications radicales de ces antispécistes ne sont pas réalistes, sauf dans un monde utopique. Bien-sûr présenté comme tel, ce RIP qui propose l’abolition de l’élevage en cage, l’interdiction des élevages à fourrure et la fin de l’élevage intensif, emporte l’adhésion populaire.

Mais le RIP, animé par le mouvement L 214, lancé par Hugo Clément, propose un nouveau mode social, loin de générer l’apaisement et particulièrement dangereux pour la santé individuelle, déconnecté des valeurs de la nature, de sa faune et de sa flore, le tout couvert de sectarisme, d’intolérance et de mépris.

L’antispecisme, qu’est-ce que c’est ? C’est mettre tout vivant au même niveau.

Cet antispécisme, ce nouveau mode de société consiste à considérer tout vivant sur le même niveau. Donc à apprécier les animaux comme des personnes et par voie de conséquences considérer leur utilisation comme de l’esclavage, y compris l’emploi des chiens guides d’aveugles !

Excusez-moi du peu mais je considère que, Monsieur, Madame, vous qui me lisez, vous valez plus qu’une poule. En dépit du respect, et même l’affection que j’ai pour les poules (j’en ai moi-même 4, dans 3 ares avec un poulailler 5 étoiles fait maison conçu spécialement pour elles !)

Ce mouvement veut mettre un terme à tout type d’élevage et arrêt pur et simple de l’utilisation des animaux. Qu’elles soient idéologiques ou purement business, les motivations des personnalités à l’origine de ce RIP convergent vers la fin de l’élevage et vers le remplacement de nos produits d’excellence par des viandes crées en laboratoire. Je préfère consommer de la viande locale aux normes d’hygiène très strictes qu’un amas d’ingrédients importés, à la traçabilité douteuse, ou des produits ultra-transformés !

Oui, j’aime nos fromages français, nos produits laitiers, et nos œufs ! Je ne veux pas manger des steaks produits en laboratoire ou avaler des protéines en cachets.

Ces revendications abolitionnistes semblent oublier que les hommes omnivores ont besoin de protéines et autres, se nourrissent d’animaux depuis des millénaires (et les animaux aussi, accessoirement, s’en nourrissent) et que c’est parce que nous cohabitons avec eux depuis, que nous avons fait évoluer nos pratiques.

Chaque année, notre surface agricole diminue pour répondre à un besoin d’urbanisation grandissant : cette artificialisation des sols entraîne une érosion de la biodiversité. Et qu’adviendrait-il de notre filière céréalière ? 30% de sa production est destinée à l’alimentation animale : la suppression de l’élevage reviendrait à l’amputer de 30% de ses débouchés !

Laisser les sangliers se reproduire à foisons, et les rats des villes par la même occasion ? Ces gens croient au monde des bisounours, loin de la vraie vie.

Que nous prenions des mesures pour mettre fin à la souffrance animale, pour mettre fin à l’utilisation de produits nocifs, oui bien évidemment, mais jamais sans réfléchir à toutes les conséquences, et ce n’est pas en stigmatisant l’élevage et la chasse que nous progresserons, ce n’est pas en prônant une idéologie moraliste que nous avancerons.

Les mêmes qui refusent d’aller chercher un renardeau au fond du terrier se taisent quand il s’agit d’aller chercher un enfant au fond du ventre de sa mère à 8 mois (voir l’IMG pour détresse psychosociale de la loi Bioethique votée le 1er août),

Les mêmes qui refusent d’inséminer une vache se taisent pour l’insémination des femmes, voir : la loi Bioethique « la PMA pour femmes seules et femmes en couples » et la GPA autorisée dans d’autres pays. Au moins Jose Bové est cohérent : il est contre cette loi Bioethique !

Quand ces gens-là, assez extrêmes dans leurs revendications, seront cohérents, je les comprendrai mieux.

L’agriculture se transforme, s’adapte, évolue : et bien plus vite que ses détracteurs ne le pensent, eux qui souhaitent mettre ainsi en péril notre agriculture et ses emplois directs et indirects. N’oublions pas que d’autres pays ont beaucoup moins de scrupules, il ne s’agit pas de stopper certaines de nos productions en espérant que les autres nous suivent peut-être un jour (je pense par exemple à la production de betteraves pour la fourniture de sucre), il s’agit de montrer une excellence vertueuse et de conquérir ainsi l’adhésion d’un maximum de pays ensuite. Si nous ne produisons plus de sucre, nous en consommerons toujours en nous approvisionnant ailleurs de sucre dégradé ! Je refuse de perdre toujours plus notre souveraineté et dépendre toujours plus des autres.

Autre exemple : la proposition de loi visée par ce référendum envisage la suppression des spectacles d’animaux donc des parcs zoologiques. Mais les zoos sont des établissements de présentation de faune sauvage ayant des missions officielles de conservation, d’éducation et de recherches. Les animaux n’ont pas été transférés de leur habitation sauvage au zoo. Ils sont nés au zoo. Le comportement naturel de l’animal est respecté et mis en valeur, il permet de sensibiliser à la conservation de la biodiversité, ils éduquent le public à la protection de la nature.

Il y a encore beaucoup d’autres incohérences dans tout cela. Parmi les mesures que propose ce référendum figure «l’interdiction de l’élevage en cages, cases, stalles ou box». Alors après avoir interdit les éléphants dans les cirques ou les zoos, pourquoi autoriserait-on l’élevage des chevaux qui sont dans des box ? Donc si l’on interdit l’emploi des chevaux dans les cirques, pourquoi l’autoriserait-on sur les hippodromes ? Mais aussi dans les centres équestres ou les poney clubs ? Nous interdirions alors, tout simplement l’équitation !

Restons vigilants pour que les animaux ne soient pas maltraités mais il n’est pas question d’empêcher ce qui constitue la biodiversité et la chaîne alimentaire de la planète et des différentes espèces.

Concernant la chasse, des citadins à l’origine de cette initiative souhaitent y mettre un terme. Mais la chasse régule les espèces par exemple. Elle doit être respectueuse et loyale, c’est évident ; comme beaucoup je m’interroge sur la chasse à la glu ou d’aller chercher un renardeau au fond du terrier. Gageons que ces citadins seraient certainement ravis de croiser des sangliers ou des renards dans les rues de leur ville !

Respectons les animaux, bien-sûr, mais on ne peut prendre à la légère les incohérences de ce projet qui auraient des conséquences auxquelles la plupart de ceux qui auront signé cette pétition n’auront manifestement pas assez réfléchi ou ne se seront pas suffisamment documenté.

Ne nous laissons pas submerger par l’émotion suscitée par les images et les discours formatés, tout le monde est bien évidemment contre la souffrance animale et contre la torture animale. Il convient cependant d’aborder ce sujet dans l’ensemble des problèmes de la ruralité, économiques, sociétaux et environnementaux.

Article écrit par La redaction

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