Tommie Lindh, l’arbre qui illustre la forêt5 min de lecture

Le 11 mai 2020, Tommie Lindh, 19 ans, tombait sous les coups de couteau d’un soudanais de 22 ans en tentant d’empêcher que ce dernier ne viole une adolescente de 14 ans, à Härnösand. Outre l’horreur que représente cet acte, il est intéressant de replacer cet évènement dans le contexte suédois, qui illustre à lui seul l’échec d’une politique migratoire généreuse. Le jeune Tommie l’avait d’ailleurs bien compris puisqu’il était membre d’ « alternative pour la Suède », parti politique anti immigration

La Suède a longtemps été considérée comme un des pays du monde à la population la plus homogène. Isolée géographiquement, et bien qu’on entende souvent dire qu’étant vide à l’aire glaciaire, elle s’est construite entièrement sur l’immigration, la réalité est toute autre. 

L’évolution de l’immigration suédoise : 

Selon la sociologue Elina Haavio-Manila, la Suède n’est véritablement devenu un pays d’immigration qu’après la seconde guerre mondiale. Les deux seules vagues migratoires précédentes à avoir marqué le pays sont celle des Wallons au XVIIème siècle et celle des Allemands et Ecossais sous l’empire suédois. L’immigration wallonne représenta autour de 2000 individus, ce qui correspondait à 0,2% de la population suédoise d’alors (900.000 habitants). Cette immigration était une immigration de travail, attirant du personnel qualifié, et cela marquera durablement le pays. 

De même pendant la Révolution industrielle et un peu avant, la Suède va importer le plus clair de sa technologie. Ce fait influencera aussi le discours moderne favorable à l’immigration. 

Depuis 1871, des statistiques annuelles sont établies ce qui permet d’obtenir des chiffres plus précis. Selon le statistika centralbyran, entre 1871 et 1940, la Suède a accueilli en moyenne 6000 migrants par an, la plus grande partie d’entre eux étant, selon Lars Allberg des suédo-américains de retour des USA. 

C’est pendant la seconde guerre mondiale que le chiffre des arrivées va exploser : en 5 ans, ce sont 150.000 à 170.000 personnes qui entrent en Suède. Si  après le conflit les réfugiés de pays d’Europe de l’Ouest finissent par repartir dans leurs pays d’origine, ceux d’Europe de l’Est et des Pays baltes restent, de même qu’une grande partie des juifs sauvés par la Suède durant le conflit. 

L’après-guerre ne ralentit pas la tendance. Une immigration de travail est pratiquée, et entre 1950 et 1970, le nombre d’habitants nés à l’étranger passe de 198.000 à 538.000. L’office Suédois des statistiques note cependant que l’immigration extra européenne reste quasi nulle, et que la plus grande partie (60%) des immigrants de travail repart dans les pays desquels elle vient.

C’est à partir des années 70 80 que l’immigration extra-occidentale se développe. La part dans la population d’immigrés occidentaux se fixe en effet entre 5,5 et 6% dès 1970 pour ne quasiment plus en bouger. La part d’immigrés extra-occidentaux passe en revanche d’à peine 1% en 1970 à 10, 5% en 2015. Notons que le statut d’ « immigré » ne s’obtient en Suède qu’à certaines conditions assez exigeantes et longues. Cette part ne reflète donc pas les demandeurs d’asile ou les réfugiés. Parmi ces immigrés extra-européens, le taux de retour au pays natal est de 4% à peine.   

En 2009, la Suède dépasse le record américain (0,67%) datant du 19ème siècle en part de population représentée par l’immigration nette annuelle. L’immigration suédoise nette de 2014 2015 atteint 0,8%. 

Les demandes d’asile explosent dans le même temps : de 0,3 demandes d’asile pour 100 habitants en 2011, on passe en 2014 2015 à 1,7. Sur la période 2000-2017, la Suède se place en tête des pays européens en nombre de demandes d’asile acceptées pour 100 habitants avec 5,2 demandes acceptées. A titre comparatif, la Suisse est seconde avec 4,5 et la France 13ème avec 0,95. 

L’identité moderne de l’immigration suédoise : 

Il est ensuite intéressant de s’interroger sur la représentation des nationalités dans l’immigration moderne. Quelques chiffres sont éloquents : 

La population afghane n’était pas représentée en 1990. En 2017 on dénombre 43 991 ressortissants. Les somaliens passent de 100 en 1980 à 66 369 en 2017. 

De 8.236 Afghans accueillis en 2018, on notera d’ailleurs que 6.120 sont des hommes et seulement 2.116 des femmes.

La population africaine dans son ensemble passe de 79 en 1970 à 207.886 en 2017, et la population asiatique de 87 à 697.117. 

Bien qu’on ait pu parler d’immigration de travail jusque dans les années 1970 qu’en est-il maintenant ? Eurostat fournit quelques chiffres sur l’emploi dont on pourra retenir les suivants : En Suède l’écart de taux d’emploi entre les natifs et les immigrés est de 14,3 points en 2015 pour les 20-64 ans (le même qu’en France), et cet écart se creuse quand on le compare aux immigrés extra européens : 17,8 points en Suède (16,9 en France). 

Selon l’office Suédois des statistiques, la population suédoise de 2017 était composée à 18, 5% de personnes nées à l’étranger. Si on ajoute la seconde génération d’immigrés nés en Suède de 2 parents étrangers, c’est 24,1% de la population suédoise soit 2,4 millions d’habitants qui sont totalisés. 

On pourrait dès lors parler de l’impact économique de cette immigration en moyenne bien moins qualifiée que les natifs. Tout ce qu’il importe de savoir est que la balance économique liée à l’immigration était neutre en 1990 après avoir été positive en 1980. Depuis les années 1990, cela est devenu un coût net pour les suédois se situant entre 1,5 et 2% du PNB annuel à la fin des années 2000 2010 d’après une étude de Jan Ekberg : immigration et finances publiques. 

Y a-t-il un lien entre immigration et criminalité ? 

Le conseil suédois pour la prévention de la criminalité publiait un communiqué en novembre 2018 dévoilant une forte augmentation des agressions sexuelles et viols : en 2016, 4,7 % des sondés (population de 16 à 84 ans) déclarait avoir subis un viol ou une agression sexuelle. En 2017, 6,4 % répondaient positivement à la même question. En 2006, la proportion des jeunes filles de 16 à 24 ans répondant par l’affirmative à cette question était de 7,1 % ; en 2017, elles sont 34, 4% soit plus d’un tiers. Un écart impressionnant se dégage en 2014 2015 : 9,5 % en 2014 17,1% en 2015. 

Bien que le sombre épisode des viols de Cologne en 2015 ait occulté un évènement similaire lors d’un festival de musique à Stockholm, cela n’a pas empêché un Nigel Farage ou un Donald Trump d’appeler Malmö par son triste surnom de « capitale du viol ».  

Mais qui en sont les responsables ? Les différents communiqués de la police suédoise, que ce soit sur cet évènement précis ou sur le phénomène recrudescent des agressions dans les piscines publiques mentionnent pudiquement des « mineurs non accompagnés », façon polie de désigner des afghans. Le phénomène des « demandeurs d’asile mineurs » est en effet une thématique du débat national suédois, comme le rapporte un ancien policier suédois d’origine afghane pour le journal australien Quillette. En effet dans les mêmes années 2015 2016, les autorités suédoises ont déclaré que strictement aucun de ces mineurs non accompagnés ne disposaient de papiers d’identité valides. Après la réintroduction de tests médicaux, les résultats ont montré que 78% des testés étaient adultes. Bien que la précision de ces tests soit parfois remise en cause et que tous ces « mineurs » n’aient pas été testés, cela a donné une idée de la validité de l’appellation « mineur non accompagné ». 

Ces immigrants, relate le même policier sont liés à la hausse de nombre d’infractions comme le vol à la tire etc… mais aussi à la hausse de la toxicomanie et de la prostitution, un exemple frappant étant la ville universitaire d’Uppsala où la police répertoriait pas moins de 90 « mineurs non accompagnés » hantant la gare sous l’emprise d’héroïne. 

Ce contexte de plus en plus difficile pour cette population se traduit dans les urnes par une progression constante du parti « démocrates de Suède », résolument  anti islam et anti immigration, lors de toutes les élections depuis les années 2000, parlementaires, européennes, régionales et municipales, ainsi que par l’apparition en 2017 du parti « alternative pour la Suède », inspiré par l’AFD allemande et le FPÖ autrichien, auquel adhérait le jeune Tommie. 

Pour conclure, on notera que si les médias suédois ont un peu parlé de ce meurtre sauvage, pas un mot n’a filtré dans les médias français. Pourtant les exemples de viols et d’assassinats liés à l’immigration en Suède ne sont pas rares. Ce silence médiatique est quasi criminel quand on sait que leur rôle est d’informer, d’alerter la population sur les enjeux du moment. 

Toutes proportions gardées, il faut donc réfléchir à la situation française. Bien que des chiffres soient beaucoup plus difficiles à obtenir en France, certaines réalités ne trompent pas. Le chiffre de 54% des forces de l’ordre votant pour le parti honni (41% chez les militaires) fait donc du seul parti ouvertement anti immigration en France le premier parti et de loin chez les catégories de la population le plus au fait de la criminalité en France. La question qui se pose est donc : combien de Tommie, combien de Marin faudra-t-il avant que les Français ouvrent les yeux ?

Article écrit par Denis Jordan Badoual

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