Nous voulons « l’État d’urgence sécuritaire ».5 min de lecture

Le 25 Mai dernier se déroule une agression à l’arme blanche sur un jeune de 17 ans, le 17 Juillet, un jeune homme est tué à coups de couteau à la suite d’une altercation dans la rue, le 27 Juillet c’est une agression au couteau qui fait quatre blessés. Toutes ses agressions ont une chose en communes, elles se sont déroulées à Strasbourg, et ce ne sont que quelques exemples d’une longue liste…

Afin de réagir à cette insécurité grandissante nous nous sommes entretenus avec un étudiant strasbourgeois, François Blumenroeder, étudiant à l’EM Strasbourg Buisness School.

La ville de Strasbourg s’inscrit malheureusement dans la continuité du contexte actuel de violence urbaine, pouvez-vous nous parler du ressenti des étudiants par rapport à cette situation ?

La situation est réellement dramatique. Depuis la fin du confinement les témoignages de viols, d’agressions à l’arme blanche, de vols à la tire, de femmes suivies et harcelées dans la rue, s’accumulent et se ressemblent. Les é

tudiants sont en première ligne. La plupart de ces actes ont lieu la nuit et s’il est une catégorie de personne qui, plus que d’autres, fréquente Strasbourg la nuit, ce sont bien les étudiants. Certaines victimes choisissent de rendre public leur malheureuse expérience en partageant des récits glaçants sur des groupes Facebook. L’état d’esprit général est à l’indignation et à la colère dans le milieu étudiant. Sentiment accentué par d’autres témoignages qui dénoncent le comportement parfois déconnecté avec les attentes des victimes de policiers chargés de recueillir les plaintes. En réalité le sentiment général de ces fonctionnaires de Police est celui de l’exaspération couplé à un sentiment d’impuissance. La quantité de plaintes, le manque d’effectifs, le matériel désuet et inapproprié, ainsi que le laxisme de la Justice, qui libère des délinquants quelques heures après leur interpellation, rend le travail de ces hommes et femmes extrêmement difficile. Les pouvoirs publics, de manière générale, semblent impuissants et ferment les yeux sur la violence que subissent chaque jour les étudiants strasbourgeois.

Mais cette montée de la violence ne concerne pas que les étudiants. Les pages « faits divers » relatent régulièrement les guet-apens fait aux pompiers et force de l’ordre, les meurtres violents ou encore les agressions d’usagers et personnels des transports publics.

Le maire récemment élu vous parait-il apte à endiguer le phénomène grandissant de violences à Strasbourg ?

La seule réponse possible à cette question est non. Un non sans concession. Rappelons tout d’abord que Strasbourg est une de ces quelques grandes villes de France à avoir choisi le vert à l’occasion des dernières élections municipales. Ici c’est une alliance entre EELV et le PCF qui a renversé la municipalité socialiste sortante. L’absurde alliance de second tour LR/LREM, qui fit de la sécurité un thème secondaire pendant sa campagne, n’a pas suffi à  empêcher la gauche radicale de s’emparer des clés de la capitale alsacienne. « Je ne m’attendais à rien et je suis quand même déçu ». Quelques  semaines après l’élection cette formule célèbre pourrait résumer l’état d’esprit des strasbourgeois, inquiets de la situation sécuritaire de leur ville. En effet après 12 ans d’hégémonie socialiste on voyait mal comment une municipalité pourrait aggraver le phénomène. Dans le pire des cas c’est l’immobilisme qui aurait été la politique en matière de sécurité, dans le meilleur des mesures fortes contre les violences faites aux femmes. En réalité Madame Barseghian est cohérente avec les gouvernances de ses comparses écologistes à Bordeaux, Lyon ou Colombes. Sécurité, ordre, répression, respect des forces de l’ordre, autant de gros mots dans la bouche de ces anciens militants issus de la gauche la plus radicale. La première action (militante) de la nouvelle maire : mettre fin à « l’arrêté anti-mendicité », mesure forte de la municipalité précédente qui faisait suite au ras-le-bol des habitants, commerçants et promeneurs du centre-ville. Le centre-ville était alors le « squat » de plusieurs groupes de marginaux aux pratiques bruyantes et inconvenantes. Autre mesure significative : les installations de nouveaux systèmes de vidéo protection sont suspendues alors que ces mêmes caméras ont encore récemment permis d’identifier le coupable d’un homicide dans le quartier gare.

De son côté le poste d’adjoint à la sécurité a été remplacé par un adjoint à la « tranquillité publique ». Le désarmement de la police municipale aurait même été mis sur la table. Entre éléments de langage et détricotage, à Strasbourg, la sécurité est sacrifiée sur l’autel des idéologies gauchistes.

Selon vous quelles sont les causes de cette montée de la violence ?

Laxisme de la justice, ensauvagement de la société, baisse des effectifs policiers, lâcheté des politiques, impuissance des pouvoirs publics, individus en situation irrégulière, pauvreté, abandon du modèle assimilationniste, juges rouges, complaisance de certains élus avec les délinquants, système de répression qui n’est plus dissuasif…

Les causes sont nombreuses, les actions rares. À Strasbourg on peut expliquer une partie des violences et incivilités par la présence de nombreux mineurs isolés logés par les collectivités mais complètement livrés à eux-mêmes. Il y a également le problème de certains quartiers dit « sensibles » qui font, notamment à chaque nouvel an, la Une de la presse pour le nombre de véhicules brûlés et qui sont des lieux favorables aux trafics et aux nombreuses formes de délinquance. Mais de nombreux témoignages parlent aussi de cinquantenaires bien habillés, plus proche du profil du pervers sexuel que de celui du délinquant. Un pot pourri de délinquants et de racailles qui gangrène la capitale alsacienne, et qui aurait bien mérité qu’on se penche sérieusement dessus.

Quelles solutions concrètes proposez-vous ?

Au lendemain de son élection, la nouvelle maire de Strasbourg décrétait « l’état d’urgence sanitaire ». Nous lui demandons de décréter l’état d’urgence sécuritaire.

Il faut cependant ne pas mélanger les compétences. Le pouvoir d’une municipalité sur la sécurité est limité et se concentre sur la Police municipale et le système de vidéoprotection. À l’échelle de la ville il est donc urgent d’augmenter le recrutement de policiers municipaux en mettant l’accent sur la formation et la prise en charge des victimes. Pourquoi les policiers municipaux strasbourgeois ne pourraient-ils pas être mieux armés, comme c’est le cas dans d’autres villes comme Nice ou Reims ? Il convient également de déployer un parc de caméras toujours plus performant avec une quantité d’opérateurs suffisante pour permettre une intervention rapide de la Police.

De son côté la préfète du Bas-Rhin doit elle aussi augmenter les effectifs de Police Nationale et revenir sur sa consternante décision de supprimer 19 postes de policiers dans la Métropole. Comme pour les policiers municipaux il est urgent de former les policiers aux recueils des plaintes. Enfin, la préfecture du Bas-Rhin entretient un flou autour des chiffres sur la délinquance à Strasbourg. Volontaire ou non ce flou doit être levé, les strasbourgeois ont le droit de savoir ce qu’il se passe dans leur ville.

Il y a ensuite une réponse politique globale à apporter à l’insécurité en France, des réformes en profondeur s’imposent pour Axelle, Philippe, Mélanie, Thomas, pour toutes ces femmes qui craignent de sortir la nuit, pour tous ces innocents tombés sous les coups du laxisme et de l’inaction.

Il y a quelques jours le politologue Guillaume Bigot lâchait sur un plateau télé « si les français se réveillaient se serait terrible ». À Strasbourg, les appels à la création de milices se multiplient et le chiffre d’affaire des magasins proposant des solutions d’auto-défense explose.

Les Strasbourgeois, et tous les Français, doivent se réveiller et faire prendre conscience aux autorités que leur sécurité est une nécessité. La France ne peut pas sombrer dans un climat encore plus délétère.

En cette rentrée scolaire, après vos interventions et la mise en alerte qu’en est-il de la situation ?

Malgré les nombreux appels de la population et de la communauté étudiante à la Préfète du Bas-Rhin et à la Maire de Strasbourg, les pouvoirs publics restent aveugles, sourds et surtout inactifs. Récemment l’agression violente et très médiatisée d’Elisabeth au motif qu’elle portait une jupe trop courte nous rappelle la triste réalité et le quotidien des jeunes strasbourgeoises.

Mais depuis peu, un groupe d’étudiants a décidé de prendre les devants. Sous l’appellation « Stras Défense » et derrière leur leader Victor, ce groupe apolitique organise des rondes dans Strasbourg, venant en aide aux femmes en danger et en n’hésitant pas à user d’intimidation sur les individus menaçants. Sur les réseaux sociaux, malgré quelques réticences parmi la gauche radicale, la grande majorité des étudiants salue cette initiative et apporte son soutien au groupe. La jeunesse française serait-elle enfin déterminée à ne plus rester spectatrice devant l’ensauvagement de notre société ?

Image: L’express, 20min, France3

 

Article écrit par Margaux Charice

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