Librairie nancéienne vandalisée, les propriétaires témoignent2 min de lecture

Pouvez vous vous présenter ? Pensez-vous être neutres idéologiquement ? 

Nous sommes deux associés, Sylvain Durain et Alexis Forget, qui se sont retrouvés en février dernier autour de ce projet de création de librairie, à Nancy. Passionnés l’un et l’autre par les livres en tant qu’ils contribuent à l’élévation intellectuelle de ses lecteurs, nous avons souhaité cette librairie portée par la thématique du conservatisme et de l’enracinement.

Que s’est-il passé hier matin sur votre librairie ?

La librairie a ouvert ses portes samedi 3 octobre dernier et cette première journée s’est déroulée admirablement avec un nombre considérable de personnes venus découvrir le lieux, boire le verre de l’amitié avec nous et, évidemment, acheter des ouvrages. Le lendemain, dans la nuit de samedi à dimanche, des militantes d’un groupuscule néo-fasciste se présentant comme « collectif féministe inclusif et radical » sont venues dégrader notre vitrine en taguant les murs et en apposant à la colle forte des affiches A4 nous qualifiant notamment de « fachos », nous invitant nommément à « dégager » et à « bruler sur des bûchers ». Le tout entrecoupé de messages confus sur des thématiques alter-mondialistes, néo-féministes et piscicoles.

Comment s’était passée l’inauguration samedi dernier, ainsi que l’installation ? 

Comme évoqué, la journée du 3 octobre s’est déroulée merveilleusement bien et nous tenons à profiter de votre audience pour remercier à nouveaux tous nos clients pour leur gentillesse et le soutien dont ils ne cessent de nous témoigner ; cette librairie, par-delà le plaisir personnel que nous avions à l’ouvrir, c’est à tous les gens épris d’intelligence et de culture que nous l’avons dédiée et ils nous le rendent bien. Si nous entretenons d’excellents rapports avec les commerçants voisins, nous n’en dirions pas autant du service Culture de la Mairie de Nancy et notamment de Monsieur l’adjoint Masson qui, malgré des appels téléphoniques, l’envoi de courriels et d’un courrier recommandé, fait sourde oreille depuis 3 semaines à nos demandes de rencontres. C’est très décevant. Quant aux associations qui cherchent à nous nuire, nous sommes en mesure de nommer certaines d’entre-elles, officiellement organisatrices samedi dernier – alors que nous n’avions pas encore ouvert – d’une conférence de presse annonçant, à qui voulaient bien les entendre, une manifestation à notre encontre le 17 octobre prochain ; il s’agit des organisations UD CGT 54, UCL Nancy, Collectif informel contre Les Deux Cités, SUD Éducation Lorraine, Quartier Libre, SAF Nancy, Solidaires Étudiant·es, Le LEM, FSU 54, Front Social 54, Solidaires 54, Collectif non-mixte contre Les Deux Cités, NPA Nancy, FSE 54, Witch Bloc Nancy, PCF Grand Nancy. Ces syndicats et groupuscules totalitaires nous ont marqué au fer rouge depuis 3 semaines, ignorant à l’époque comme aujourd’hui, le contenu de la librairie et nous en payons le prix avec le harcèlement mis en œuvre à travers la diffamation répétée, les menaces, les injures publiques, les appels à la violence et les dégradations.

Comment avez-vous réagi à l’attaque ?

Depuis 3 semaines, nous nous contentions de déposer des mains courantes. Suite à la dégradation de vitrine survenue dans la nuit de dimanche et lundi, nous avons déposé une plainte à l’hôtel de Police de Nancy. Suite au passage de la Police scientifique et à l’enregistrement vidéo de la caméra de surveillance de la rue, nous avons bon espoir que des interpellations aient lieu rapidement.

A-t-elle renforcé votre détermination ?

Absolument. L’ignorance, la bêtise humaine et l’aveuglement idéologique ne doivent pas pouvoir prospérer aussi facilement, c’est là le « combat » des libraires que d’y faire barrage avec ces mêmes livres que les individus bestiaux appellent à brûler. Face à ces vampires, les livres sont notre Croix.

Est-ce pour vous un acte symbolique important d’attaquer une librairie ou est-ce un vandalisme anodin ?

Toute attaque physique ou matérielle est condamnable mais il est vrai qu’on ne peut ne pas voir le symbole qui se cache derrière l’acte qui consiste à s’en prendre à des livres ou des librairies : c’est s’en prendre au symbole-même de l’intelligence, de la culture et de l’instruction et, comme l’a écrit le poète allemand Heinrich Heine, « là où on brûle des livres, on finit par brûler des hommes. »

Article écrit par Paul Guerry

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