Lettre ouverte des généraux, un cosignataire s’exprime7 min de lecture

La rédaction de l’Etudiant Libre a pu s’entretenir avec le Général (2S) André Coustou, cosignataire de la lettre ouverte parue le 21 avril dans l’hebdomadaire Valeurs Actuelles.

 

Bonjour mon général

Vous faites partie des premiers signataires de la lettre ouverte écrite par le capitaine Jean-Pierre Fabre-Bernadac, auteur du livre « les damnées de la France, le lynchage des mal-pensants » et signée par des milliers de militaires dont plusieurs généraux, publiée le 13 Avril sur le site Place Armes et reprise le 21 sur l’hebdomadaire Valeurs Actuelles. A la suite de cette publication et de l’émoi qui l’a suivie, des réactions diverses ont été observées, depuis M. Mélenchon qui a sans surprise condamné la prise de position en évoquant le rôle de service du peuple qu’assume l’armée, jusqu’à Marine Le Pen qui vous a invité à « vous joindre à [elle] dans le redressement de la France », en passant par les premiers visés par la lettre, le premier ministre Jean Castex et la ministre des armées Florence Parly, qui ont bien l’intention de vous faire subir quelques conséquences suite à ces signatures.  Au milieu de ces débats, le mot qui revient régulièrement est celui de Putsch.

Mon général, Pourquoi vous avez signé cette lettre ouverte ?

Tout d’abord, à la place du mot « délitement », j’aurais dit « destruction » de la France, qui se poursuit chaque jour à bas bruit. Le Président a dit récemment qu’il faudrait « déconstruire notre Histoire ». Avant cela il avait déclaré qu’il n’y a pas de culture française. Et avant l’élection qui l’a amené à la fonction qu’il occupe, il s’en est montré indigne, allant glaner quelques voix de nos banlieues en dénigrant scandaleusement la France depuis Alger. Notre Histoire a ses grandeurs et comme toute œuvre humaine ses petitesses, mais de l’Histoire de France j’en suis personnellement très fier. Notre président n’a pas l’air d’aimer la France.

Suite à cela, et aux menaces du CEMA et de la ministre des Armées, craignez-vous une éventuelle sanction et de quoi pourrait-il s’agir ?

Je ne crains aucune sanction. Pour mémoire, j’avais déjà signé la lettre ouverte sur la liberté d’expression des généraux et plus récemment la lettre contre le Pacte dit de Marrakech (10 Décembre 2018 NDLR). Toutes deux avaient été rédigées par le général Antoine Martinez président de « Volontaires Pour la France », mouvement qui n’est pas un parti politique mais accueille toutes les bonnes volontés souhaitant participer au sauvetage de la France. C’est pourquoi dès juillet 2020, le général Antoine Martinez s’est déclaré candidat à l’élection présidentielle de 2022, mais on en parle peu car il dit des choses qui dérangent.

Par ailleurs, au nom de quoi pourrait-on être sanctionnés ? Le devoir de réserve, défini de manière assez vague par les textes, est essentiellement invoqué pour tenter de nous empêcher de parler. Du moment qu’on ne divulgue pas des secrets touchant à la défense, nous sommes des citoyens comme les autres avec simplement, selon moi, l’obligation de nous exprimer sans médire ni calomnier. Que les choses soient dites sévèrement est une autre question car on sait bien que la vérité n’est pas toujours bonne à entendre. C’est pourquoi s’exercent au quotidien la censure et des mesures liberticides. Par exemple, les mesures incohérentes autant qu’inefficaces imposées au nom de la crise sanitaire et prises après des conseils de défense sanitaires à huit-clos auxquels on ignore qui y participe. Qu’un conseil de défense reste discret est une chose, mais dès lors qu’il s’agit de la santé, il devrait y avoir au contraire une totale transparence. A moins, mais ce n’est qu’une hypothèse, qu’y soient évoquées des négociations avec les laboratoires pharmaceutiques comme à Bruxelles où l’opacité la plus complète y a été observée.

Les déclarations précipitées des autorités après la diffusion de la lettre traduisent une certaine fébrilité si on en juge les inexactitudes au regard du texte lui-même. Que certains membres de la grande muette (aujourd’hui 25000) même en retraite crient « Au secours » et soient soutenus par de nombreux civils est un signe qui ne trompe pas.

Quant au reproche qui a pu nous être fait de nous exprimer en conservant notre grade, j’estime justement que parce que j’ai eu des responsabilités étant en activité, j’ai le devoir de continuer à les assumer alors que la France que j’ai servie loyalement est aujourd’hui en grave danger. Mes anciens subordonnés n’en attendent pas moins.

Je serai clair : trois graves dangers sont observables qui chacun mériterait un développement :

  • L’immigration incontrôlée qui si elle n’est pas maîtrisée « libanisera » notre pays avec les conséquences que l’on redoute car on ne peut faire cohabiter plusieurs civilisations aussi différentes en même temps, au même endroit et ce pendant longtemps.
  • L’islamisation qui nous envahit progressivement mais régulièrement, allant d’ailleurs de pair avec l’immigration. Cette idéologie politico-économico-religieuse est d’autant plus inacceptable que plus de la moitié des jeunes Musulmans estiment aujourd’hui que la charia doit prévaloir sur les lois françaises.
  • La marche forcée vers le Nouvel Ordre Mondial, concrétisée par les mesures liberticides que justifierait la crise sanitaire. Cette instrumentalisation de l’être humain vise à faire de nous des consommateurs à qui tout sera dicté et même imposé, jusqu’à nous faire croire que nous participons à la gestion de la cité par un simulacre de démocratie.

Mais ces graves dangers ne peuvent être écartés qu’en retrouvant notre souveraineté afin d’être maîtres chez nous, c’est-à-dire en mesure de décider de notre propre destin et prendre les dispositions qui permettent de satisfaire notre bien commun, en ne laissant personne sur le bord du chemin. L’emprise de ceux qui nous imposent des décisions contraires à nos propres intérêts doit cesser, d’autant que ces instances lointaines et souvent anonymes n’ont que faire des intérêts de la France.
Enfin, l’ubuesque accusation d’intention de putsch est aussi simplement fallacieuse. L’avant-dernier paragraphe de la lettre précise bien qu’une intervention de l’armée que personne ne souhaite, pourrait avoir lieu si la situation continue de se dégrader dans le cadre d’une MISSION c’est-à-dire sur ordre de l’autorité légale. Cet engagement a d’ailleurs déjà été demandé au gouvernement par des élus, notamment par une élue de Marseille pas particulièrement « militariste » à priori.

Ce climat que vous dénoncez, semble présent depuis des années. Pourquoi signer cela maintenant ?

Ce n’est pas d’aujourd’hui que le gouvernement et même le président de la République ont été saisis par les simples lanceurs d’alerte que ne peuvent qu’être les militaires. En 2017 par exemple, le général Antoine Martinez avait écrit un livre intitulé « Quand la grande muette prendra la parole« . Malheureusement le politique ne daigne pas, d’une manière générale, écouter les militaires qu’il veut contenir dans le cadre de leur « cœur de métier ». Mais il bien connu que quand les difficultés dépassent les capacités des politiques, ceux-ci passent « la patate chaude » aux militaires.
Alors pourquoi aujourd’hui ? Si les difficultés dénoncées ici sont connues de tous depuis longtemps, le quotidien qui n’échappe à personne malgré les mesures liberticides pour museler la population est devenu insupportable et c’est le peuple, que l’article 3 de notre constitution déclare souverain, qui souffre et est engagé dans une spirale infinie sinon qui mène la France à sa fin. Malheureusement, le mouvement s’accélère depuis ce quinquennat et c’est pourquoi ce SOS. Mais tandis que le Titanic est en train de couler, l’orchestre continue de jouer du violon.

Y a-t-il selon vous un espoir avec la présidentielle à venir ?

Je pense que la crise sanitaire a eu au moins un point positif. Elle a ouvert les yeux à quelques Français qui ne se rendaient pas compte du degré de décomposition de notre système. On a vu les mensonges, l’incohérence des mesures, la non-pertinence des règles. Or nos gouvernants ne sont pas sots. Alors sont-ils dépassés par les événements ou obéissent-ils à des intentions voire des intérêts contraires au bien commun des Français ?

Le 28 septembre 2020, sur Europe 1, madame Roxana Maracineanu, ministre déléguée aux sports, déclarait « Les décisions aujourd’hui, ne sont pas prises en fonction d’une réalité qui serait celle de la circulation du virus, mais pour dire qu’il faut continuer à être disciplinés comme vous l’êtes ».
Dans son dernier livre, monsieur Christophe Barbier, présenté comme le conseiller médias du Président écrivait « L’angoisse a été organisée par l’administration et le pouvoir politique pour que les gens se tiennent à carreaux. Et cela a marché ».

La peur infligée par les mesures liberticides, les amendes, la délation, le virus dont la dangerosité est largement surévaluée, le matraquage incessant de tous les grands médias (grands par les subventions qu’ils reçoivent) sans compter les « effets secondaires » que sont faillites, dépressions, suicides, violences en tous genres … aveugle encore une grand nombre de nos concitoyens qui ne voient donc pas le drame qu’on ne peut que redouter. Bossuet disait « Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences dont ils chérissent les causes ».

Et pendant ce temps, l’orchestre continue de jouer. Le Président s’est donné tous les pouvoirs, soutenu pour tenter de sauver les apparences par la chambre d’enregistrement qu’est l’Assemblée Nationale.

L’option Zemmour dont on commence à entendre parler vous apparaît-elle comme possible ou souhaitable ?

On ignore totalement ce qui se passera d’ici l’élection présidentielle de 2022, si elle a lieu comme prévu. Je ne fais aucun procès d’intention à Eric Zemmour, mais il n’y a plus de temps à perdre ; c’est pourquoi si certains réfléchissent, calculent, hésitent ou pire magouillent, je me suis pour ma part engagé résolument avec le général Antoine Martinez qui s’est courageusement déclaré.

Marine le Pen vous a appelé à la rejoindre. Qu’en avez-vous pensé ?

Chacun a le droit légitime de s’exprimer. Mais je ne me sens nullement engagé par les déclarations favorables des uns ou dans les opprobres des autres. En revanche, j’entends les remarques et même les critiques constructives. Je reste donc sur ma position avec le général Antoine Martinez. Alors, du fait de ce point de divergence majeur, il m’est impossible de vous rejoindre. »

Face à tous ces constats, que voulez vous dire aux étudiants qui nous lisent ?

Aux jeunes et à vous étudiants en particulier qui êtes la France d’aujourd’hui et surtout de demain je dis qu’il faut vous libérer des chaines qu’on vous met sur le cerveau.
Il existe d’ailleurs des structures qui peuvent vous y aider, avec lesquelles je n’ai aucun conflit d’intérêt ! :

  • L’ IFP (Institut de Formation Politique) dirigé par Alexandre Pesey qui dispense des formations légères ( 3 week-ends peu onéreux) et dont le but est d’ouvrir l’esprit à des étudiants dont beaucoup viennent de Sciences Politiques, où le discours est assez convenu. On y enseigne, pour ceux qui le souhaitent, à s’engager dans l’action : prise de parole en public, interview, campagne électorale et avant tout les bases des humanités car le monde et la vie ne sont pas faits que d’indices de croissance et autres PIB.
  • L’ IPLH (Institut Politique Léon Hamel):, organisme indépendant mais rattaché à l’UCO, délivre une licence, avec une formation de deux ans…  Mais l’esprit est le même et tous les engagements y compris dans l’entreprise peuvent être envisagés
  • Je connais moins l’ISSEP à Lyon fondée par Marion Maréchal mais je le pense également très ouvert.

Etudiants, faites tout pour échapper à l’intoxication du cerveau.
Aujourd’hui, si j’avais un ouvrage à vous recommander, au-delà de tout ce qui touche à la culture qui reste capitale pour l’équilibre de la personne, c’est l’ouvrage de Michel Desmurget intitulé « La fabrique du crétin digital« . Un livre passionnant et solide puisque figurent en annexe plus de 1700 références car tout ce qu’affirme l’auteur repose sur des expériences scientifiques. On est stupéfait par tout ce qu’on y découvre et qui souvent contredit des certitudes erronées. Outre les conseils pratiques concernant vos neurones, il vous en donnera aussi de nombreux concernant votre santé tout court.
Affranchissez-vous de l’esclavage du numérique, libérez votre intelligence, échappez au monde des robots, en clair demeurez des êtres humains .
Si « la Lettre » est aujourd’hui un SOS pour que la France survive, l’avenir sera assuré par vous-mêmes aussi et surtout si vous vous armez de ce courage que Soljenitsyne nous avaient prévenus en manquer, nous Occidentaux.
Bon vent à vous, pour que vive la France.

Article écrit par Denis Jordan Badoual

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