Le secteur routier au bord de la panne2 min de lecture

“Nous sommes en guerre”. Mais les militaires le savent, pour un soldat au front, il faut trois hommes pour que l’intendance suive. Or en l’occurrence, l’intendance est au bord de la panne. Et l’histoire nous enseigne constamment que lorsque la logistique ne suit plus, la guerre est perdue.

L’intendance suivra… ou pas

Dans la guerre que nous menons, Emmanuel Macron a désigné à juste titre les transporteurs et logisticiens comme une “deuxième ligne”, indispensables au ravitaillement du front (en matériel sanitaire) comme de l’arrière (en produits de première nécessité).

Or aujourd’hui, plus de 70% des entreprises de transport routier sont en arrêt partiel ou total d’activité.

Une enquête de la FNTR en date du 31 Mars exposait déjà une situation alarmante:

“86% des entreprises de transport connaissent un arrêt total ou partiel de leur activité et, en moyenne, 59% des camions ne circulent plus faute de commandes. […] Parmi les entreprises transportant de l’alimentaire, 50 % ont vu leur activité baisser et 36 % se trouvent à l’arrêt partiel, du fait de la cessation d’activité de leurs clients hors alimentaire. Parmi les entreprises (hors entreprises transportant de l’alimentaire) qui ne se trouvent pas encore à l’arrêt total, 22 % estiment qu’elles devront cesser totalement leur activité si la situation perdure.”

Enfin, des problématiques aussi concrètes que le manque de pièces de rechange, de manutention ou de matériel d’emballage complexifient davantage une situation déjà très critique.

“Nous tenons, mais jusqu’à quand ?”

Unanimes, les représentants de transports routiers tirent la sonnette d’alarme: « Nous tenons, mais jusqu’à quand ? Le gouvernement et l’ensemble des acteurs de la chaîne logistique doivent entendre et comprendre que sans appui concret au secteur, les entreprises ne tiendront pas, déposeront le bilan les unes après les autres, et ne pourront pas assurer la reprise d’après-crise. »

Car l’enjeu est double: assurer le ravitaillement “de guerre” tout au long de la crise afin de soutenir les secteurs de première ligne (personnels soignants, commerce alimentaire…) mais aussi survivre jusqu’au bout, pour pouvoir assurer, ensuite, la logistique de reconstruction de l’économie nationale.

La logistique ou l’artère de l’armée

En 1914, sans la capacité du chemin de fer à concentrer sur les frontières plus de 800 000 hommes dans les 14 jours suivant la mobilisation, sans les 1 200 taxis de la Marne qui permirent à 4 000 soldats de se porter dans un temps record au devant de l’armée allemande, la France aurait été débordée, envahie comme en 1870.

De même, sans la voie sacrée qui reliait Bar-le-Duc à Verdun et ravitaillait constamment nos troupes sous un orage d’obus, l’armée française n’aurait pas gagné la plus glorieuse bataille de la Grande Guerre.

L’enseignement continu de l’histoire nous démontre que la logistique est l’artère d’une armée, la condition vitale de réussite, de sa survie. En ces temps exceptionnels de gestion de crise, et pour celles à venir, il est indispensable que, selon la devise du 8ème régiment du matériel, la logistique suive Perfas et Nefas, “par toutes les voies et par tous les moyens”.

Article écrit par Rémi d’Antoigné

L'article vous a plu ? Partagez-le ! L'Étudiant Libre vit de vos partages.

Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur telegram
Telegram
Partager sur reddit
Reddit

Dans la même catégorie:

Du même auteur:

Rejoignez-nous!

Restez informés de notre actualité.

Lassé des newsletter? Optez pour nos notifications!

Partager sur twitter
Je partage
Bonjour Lecteur!

Vous alliez partir? Pourquoi ne pas partager votre lecture sur Twitter?

Partager sur facebook
Je partage
Bonjour Lecteur!

Vous alliez partir? Pourquoi ne pas partager votre lecture sur Facebook?

Entrez votre mail

et recevez le dernier numéro de l’Etudiant Libre par email !

L'Étudiant Libre

Bienvenue sur L'Étudiant libre cher lecteur, c'est votre première visite ici? Lisez notre présentation!

Pourquoi?

Pour partager aux jeunes Français un message incitant à l’engagement et au Bien Commun.

Par qui?

Par des étudiants. Tout le monde peut travailler avec l’Étudiant Libre, il suffit de nous contacter. Vous voulez distribuer ? Vous voulez rédiger des articles ? Écrivez-nous.

Pour qui?

Pour la jeunesse qui ne demande qu’une étincelle pour s’embraser, s’exprimer et s’assumer.

Abonnez-vous

Retrouvez au creux de votre main l’information indépendante! Abonnez-vous pour seulement 3 euros par mois et accédez à toutes nos publications.