Le mur de 20h entretien !3 min de lecture

Vous avez surement vu sur les réseaux sociaux ces images, tous les soirs à 20h depuis le début du confinement un citoyen illumine le mur en face de chez lui de dessins soutenant les soignant un soir, critiquant le gouvernement un autre. Nous l’avons interrogé :  

Pouvez-vous présenter votre initiative ? Quels sont vos objectifs ?

Il n’y a pas eu de réel projet au départ. Nous participions en famille aux applaudissements de 20h, en soutien aux soignants, et je me suis dit qu’il serait intéressant de tenter de les accompagner avec une projection, sans augurer du résultat. Je les ai partagé sur un compte personnel, puis plus largement sur https://www.instagram.com/murde20h/ et https://www.facebook.com/murde20h(comptes que je vous invite à suivre et partager).

Mon objectif est double. D’abord rendre hommage à ceux qui font le bien. Montrer aux Français que contrairement à ce qu’on leur répète, ils sont un grand peuple, regorgeant de dynamisme, de créativité et de vertus personnelles. Ensuite, l’appuyer sur le fait qu’un grand peuple est un peuple qui vient de loin. Et la bande-dessinée est à ce titre un patrimoine exceptionnel, plein de richesses, de nuances, de réflexions, d’affect. Un peuple qui a des vertus et qui jouit d’un héritage peut tout affronter. Même les plus grandes crises. Même les gestions les plus chaotiques des grandes crises.

– Certains « murs » attaquaient le gouvernement sur sa gestion de la crise, ne trouvez-vous pas que l’unité nationale soit importante en ce moment ?

L’unité nationale est primordiale mais je ne crois pas trop aux définitions embrumées de cette unité. L’unité nationale n’existe que de la façon dont elle est vécue par nos familles, nos amitiés, nos  communautés locales. C’est dans la vie et l’intensité de ses liens que naissent les trésors qui vont donner du corps, de la réalité à l’unité nationale. Les projections du Mur de 20h et leurs succès l’illustre bien : oui les Français ne sont jamais aussi forts que quand ils sont unis, mais il faut partager quelque chose pour s’unir, même si c’est aussi léger qu’un dessin extrait d’une vignette et des relations faites avec des situations vécues.

Ensuite, je crois qu’il ne faut pas être irénique. L’unité nationale, c’est aussi l’accueil des souffrances que nous affrontons ensemble. Nous avons  beaucoup entendu les souvenirs de l’union sacré de la guerre de 14. En 14 les rues, les villages, les familles, accueillaient ensemble les mauvaises nouvelles. Et elles moquaient les mauvais mouvements militaires, les manques pour les soldats. Quand on a fait revenir les congrégations religieuses pour faire vivre cette unité nationale sur le front, c’est bien qu’une demande collective de religieux s’est exprimée. Les rires du chansonnier, les caricatures de presse plongeaient dans des scandales vécus. Nous vivons une épreuve, mineure bien sûr par rapport à celle de 14, et des gens sont en première ligne : les infirmières, les militaires, les éboueurs ou les agriculteurs. Faire l’unité nationale c’est dire leur sacrifice et énoncer notre admiration. Et l’ironie est une modalité propice à la créativité pour cela.

– Quel message souhaitez-vous surtout faire passer aux Français ?

D’abord, je ne parle pas aux Français. Je parle à ma rue  en premier lieu, à mon quartier et à ma famille, qui consent à ce que je me concentre là-dessus pendant quelques heures par jour. Et ensuite, les réseaux numériques permettent que chacun puisse puiser alternativement un    « mur » ou l’autre, ou même tous.

On sent bien dans cette crise que le lyrisme plein de supériorité est planqué. Ceux qui sont au turbin, c’est les « gens qui ne sont rien », les méprisés, les oubliés. Les infirmières sans masques, les médecins sans lits, les militaires sans repos. Ce ne sont pas des situations fantasmées. C’est très concret. Très réel. J’espère que cette France du réel retrouvera la place qui doit être la sienne : la première. Ce pays-là est aimable et à aimer, il est plein d’héroïsme et de simplicité en même temps. Et dans cette crise, nous votons à tous les niveaux, administratifs, sociaux, politiques, économiques, que tout le monde n’est pas à la bonne place. Que beaucoup des maîtres chanteurs de nos quotidiens sont les planqués de la crise. Eux, vous ne les verrez pas sur le Mur !

Article écrit par Paul Guerry

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