Eglise et reconfinement : le « baiser de Judas »2 min de lecture

L’Eglise attendait patiemment son sort quelques heures avant l’allocution d’Emmanuel Macron ce mercredi 28 octobre, mais c’est du côté du Ministère de l’Intérieur et des cultes qu’est venue la sentence : à compter de lundi 2 novembre, les célébrations liturgiques seront interdites pendant un mois. Récit d’une trahison.

Le 18 mai dernier, le Conseil d’Etat se prononçait à la suite du recours déposé pour protester contre l’interdiction de la reprise du culte en ces termes : « La liberté de culte, qui est une liberté fondamentale, comporte également parmi ses composantes essentielles le droit de participer collectivement à des cérémonies, en particulier dans les lieux de culte. » Une décision claire et univoque qui invalidait la décision de Christophe Castaner, alors Ministre de l’Intérieur, lequel nous expliquant quelques jours plus tôt que « la prière n’a pas forcément besoin de lieu de rassemblement ». Cinq mois après ce bref cours de théologie, l’exécutif revient à ses vieux démons et témoigne à nouveau de son mépris à l’égard de la vie spirituelle des Français. En affirmant que seules les activités essentielles pourront rester ouvertes, notamment les grands magasins, le chef de l’Etat montre une nouvelle fois que sa vision de l’homme ne dépasse pas celle de l’homo economicus, qui ne travaillera plus pour vivre, mais bien l’inverse.

En violant purement et simplement cette « liberté fondamentale », l’Etat montre également son incapacité à reconnaître la discipline dont a fait preuve l’Eglise depuis mai dernier : masques obligatoires pendant les messes, distanciation physique et respect des jauges dans les églises, réduction et annulation de certains pèlerinages… Dans une lettre adressée au Président de la République il y a deux jours, Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des Evêques de France l’enjoignait à prendre des « mesures strictement proportionnées aux risques sanitaires encourus ». Déclaration dont il semble s’être soucié autant que sa première chemise.

Le chef de l’Etat, dans son adresse à la nation, n’a eu ni le temps ni peut-être le courage d’aborder cette question, laissant à Gérald Darmanin le soin de communiquer sur ce point. Ce dernier a annoncé que, si la participation au culte ainsi que le fleurissement des monuments funéraires resteraient bel et bien possibles à l’occasion de la fête de la Toussaint, les fidèles ne pourraient plus se réunir à compter de lundi pour célébrer la messe. Compte tenu de la durée du nouveau confinement, c’est-à-dire jusqu’au 1er décembre, le premier dimanche de l’Avent (29 novembre), premier jour de l’année liturgique, devra être vécu en-dehors des églises. Les offices de Noël sont aussi menacés, si le confinement venait à être prolongé, ce qui serait une seconde restriction imposée aux catholiques qui avaient déjà vécu les fêtes de Pâques au tison… Tout ça pour « sauver Noël », alors qu’à Noël est précisément célébrée la venue du Sauveur : cocasse. 

Face à ces nouvelles mesures totalement contraires au principe de liberté de religion inscrit dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, les fidèles catholiques espèrent que leurs représentants réagiront vigoureusement face à ce qui s’apparente à un viol de l’Etat dans la conscience des Français. Mais si Emmanuel a pris mercredi soir le nom d’Iscariote, escomptons que les successeurs des apôtres, fussent-ils à leur tour confinés au Cénacle, sauront réaffirmer que « l’homme ne vit pas de pain seulement » (Dt 8, 3) et que « la racine de tous les maux, c’est l’amour de l’argent » (1 T 6, 10).

Article écrit par Auteur Ponctuel

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