6 500 morts pour préparer la coupe du monde 20222 min de lecture

La Qatar s’est vu attribué l’organisation de la coupe du monde 2022. Selon le Guardian, 6 500 ouvriers y sont morts  depuis le début des travaux de la préparation. Cette nouvelle accusation vient s’ajouter aux nombreuses polémiques à propos de ce mondial de plus en plus controversé. 

 

Les stades construits par des esclaves

Comme l’avait déjà révélé Amnesty International dans un rapport de 2016, il est désormais de notoriété publique que la main d’oeuvre au Qatar, majoritairement d’origine étrangère, est exploitée et maltraitée, avec un statut proche de l’esclavage. Ce rapport révélait notamment que 90% de cette main d’oeuvre vient d’Asie du Sud (surtout d’Inde et du Bangladesh).

Ces travailleurs commencent par s’endetter dans leur pays pour des frais de recrutement exorbitants. Ensuite, ils sont entassés dans des cités ouvrières qui s’apparentent en réalité plus à des bidonvilles. De là, ils reçoivent des salaires ridicules, avec des mois de retard, pour des journées de travail extrêmement longues sous une chaleur harassante.

De plus, ces travailleurs immigrés se font confisquer leurs papier en arrivant au Qatar et on ne leur délivre pas de titre de séjour. Ainsi, ils sont dans une incapacité totale de se déplacer ou même simplement d’essayer de rentrer chez eux.

 

Des morts par milliers

Sans surprise, ces conditions de vie déplorables provoquent des décès par milliers. Malgré une opacité totale sur ces questions, le Guardian a donc estimé il y a deux jours que 6 500 ouvriers étaient morts dans ce chantier. Cela concerne tant la construction de 8 stades que celle de routes, hôtels, lignes de métro ou aéroports.

Parmi ces morts, 5 927 sont d’origine d’Inde, du Bangladesh, du Népal ou du Sri Lanka. Les autorités ont majoritairement classé ces morts comme étant « naturelles » et ne semble donc pas imaginer améliorer la situation des travailleurs.

 

Un silence international assourdissant

Alors que le rapport d’Amnesty International a été publié il y a déjà 5 ans, aucune réaction internationale n’a mis en cause le Qatar.

Plus récemment et sur un tout autre sujet, une vidéo dans laquelle un cheikh qatari refuse de serrer la main des femmes arbitres le 11 février dernier à l’issue de la coupe du monde des clubs a créé une polémique sur les réseaux sociaux. Pourtant là encore, ce traitement réservé aux femmes n’a pas causé d’émoi chez les dirigeants, mondiaux, ni chez les féministes françaises.

Cette coupe du monde 2022 sera donc celle de la honte car personne n’ose dénoncer l’envers du décor. Elle permettra en outre de normaliser et de crédibiliser la Qatar sur la scène internationale, sans retenir tous les aspects problématiques de son organisation et ses violations de la dignité humaine.

 

Article écrit par Paul Guerry

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